Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Faits divers

Un élève de 12 ans agresse sexuellement sa professeure au collège, les enseignants en grève à Nantes

Publié par Cassandre le 03 Sep 2026 à 13:55
Salle de classe vide avec bureau et lumière matinale

Une salle de classe, un bureau, une enseignante seule avec un élève. Ce genre de scène ordinaire vient de virer au cauchemar dans un collège de Nantes. Le personnel enseignant a décidé de ne plus se taire, quitte à poser un préavis de grève dès la rentrée. Ce qui s’est joué le 22 juin dernier dépasse largement le simple incident scolaire.

Une agression avant l’été, un silence gardé jusqu’à la rentrée

Tout commence le 22 juin 2026, au collège La Durantière, à Nantes. Une enseignante se retrouve seule face à un élève de 12 ans. L’adolescent lui propose un « massage », qu’elle refuse aussitôt. Ce détail, en apparence anodin, va précéder un basculement brutal.

L’établissement traverse déjà des tensions, comme d’autres collèges confrontés à des classements en réseau d’éducation prioritaire insuffisant selon leurs équipes. Mais rien ne préparait le personnel à ce qui allait suivre ce jour-là.

C’est seulement le 1er septembre 2026, jour de la rentrée, que l’affaire éclate publiquement. Les collègues de la victime révèlent les faits et menacent de faire grève. Un geste rare, qui en dit long sur le climat interne de l’établissement et sur l’ampleur du choc ressenti par toute une équipe pédagogique.

Ce délai entre l’agression et sa révélation soulève une question : pourquoi un tel silence pendant l’été ? Aucune réponse officielle n’a été donnée sur ce point précis, mais la mobilisation collective qui suit laisse deviner une colère accumulée, prête à exploser dès la reprise des cours.

Des gestes précis, une victime qui crie pour se dégager

Le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, a détaillé le déroulé exact de l’agression. Après avoir été repoussé une première fois, l’élève place ses mains sur la poitrine de l’enseignante. Le geste ne s’arrête pas là.

Il passe ensuite ses bras autour du cou de la professeure et lui plaque la tête contre le bureau. Une scène glaçante, qui ne prend fin que lorsque la victime se met à crier. Ce sont ses cris, justement, qui font stopper l’adolescent net.

Ce type de récit rappelle à quel point une salle de classe peut basculer en quelques secondes, un peu comme d’autres incidents inattendus transforment un lieu du quotidien en scène de sidération collective. L’élève a depuis été exclu du collège La Durantière.

Entendu « sous le régime de la retenue », comme le prévoit la loi pour les mineurs de moins de 13 ans, l’adolescent a reconnu les faits dans leur matérialité. Le procureur insiste sur un point : « il s’agit à l’évidence d’un jeune extrêmement fragile ». Une formule qui ouvre la porte à une tout autre lecture de l’affaire, loin d’un simple fait divers.

Couloir de collège avec portes fermées et silence

Irresponsabilité pénale, expertise en cours : ce qui va décider de la suite

Un enfant de moins de 13 ans ne peut pas être placé en garde à vue, conformément au code de la justice pénale des mineurs. C’est ce principe d’irresponsabilité qui encadre toute la procédure engagée depuis les faits, aussi choquants soient-ils. Le parquet ne peut pas court-circuiter cette étape.

Une expertise pédopsychiatrique est actuellement menée sur l’adolescent. « Celle-ci est en cours », confirme le procureur Antoine Leroy. Le résultat de cette expertise sera déterminant : c’est lui qui dira si le jeune peut, ou non, être considéré comme pénalement responsable de ses actes.

Si le psychiatre conclut à une responsabilité pénale, des suites judiciaires pourront être engagées contre le collégien. Dans le cas contraire, une mesure d’assistance éducative pourrait être ordonnée à la place. Deux issues radicalement différentes, suspendues à un seul rapport d’expert.

En parallèle, le personnel du collège La Durantière réclame le passage de l’établissement en REP+, le dispositif de réseau d’éducation prioritaire renforcé. Concrètement, cela permettrait de recruter davantage d’enseignants et d’obtenir des moyens supplémentaires pour encadrer des situations aussi difficiles. Une revendication qui dépasse ce seul dossier, mais que cette affaire a rendue brutalement visible.

Une expertise en cours, une équipe sous le choc, un collège qui réclame des moyens : cette affaire nantaise met à nu les failles d’un système où un adulte peut se retrouver seul face à un mineur en grande détresse. Reste à savoir si la mobilisation des enseignants suffira à faire bouger les choses au-delà de ce seul établissement.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *