Nice : sept Airbnb transformés en réseau de prostitution, l’âge glaçant des suspects choque les enquêteurs

Une fugue, une dénonciation, et puis un engrenage bien plus vaste que prévu. À Nice, une adolescente de 16 ans raconte aux policiers avoir été forcée de se prostituer dans un appartement, un mois après avoir quitté son domicile.
Ce témoignage va ouvrir la porte sur un réseau organisé, logé dans des locations de courte durée que des milliers de familles utilisent chaque été sans arrière-pensée. Ce que révèlent les enquêteurs sur l’identité des suspects va glacer bien des lecteurs.
Une fugue qui dévoile un réseau bien plus vaste
Tout part d’un signalement. En avril dernier, cette adolescente de 16 ans se confie aux policiers niçois : elle affirme avoir été « forcée de se prostituer dans un appartement », un mois après avoir fugué de chez elle. Les enquêteurs remontent alors une piste inattendue, celle d’un réseau structuré autour de locations affichées sur des plateformes que tout le monde connaît.
Une seconde mineure vient corroborer les faits. Elle apporte les premiers éléments sur trois individus, décrits par le procureur de la République Damien Martinelli, cité par Nice-Matin, comme « un organisateur et deux chargés de la sécurité ». De quoi orienter très vite le service local de police judiciaire vers des cibles précises, et surtout vers une découverte que personne n’avait anticipée sur l’ampleur du dispositif.
Sept appartements Airbnb transformés en lieux de passe
Le réseau présumé ne repose pas sur un seul logement isolé. Selon le procureur, sept appartements loués via Airbnb étaient identifiés comme susceptibles d’avoir servi à la prostitution. Pour attirer une clientèle, des comptes d’escort girls avaient été créés sur le site Sexemodel, transformant ces locations ordinaires en véritables points de passe organisés.
Mais derrière les annonces, les policiers découvrent des faits bien plus lourds que le simple proxénétisme. « Des faits de violences et de viol étaient également dénoncés », précise Damien Martinelli. Le parquet relève aussi un élément particulièrement troublant : la participation d’une jeune fille mineure dans l’organisation même de la prostitution, aux côtés des principaux suspects. Une information judiciaire est ouverte pour traite des êtres humains, proxénétisme aggravé en bande organisée, viol et recel.

Des suspects nés entre 2007 et 2010, incarcérés à Nice
Le détail qui choque le plus dans cette affaire, c’est bien l’âge des personnes mises en cause. Le SLPJ de Nice identifie quatre suspects, tous nés entre 2007 et 2010, autrement dit âgés d’à peine 15 à 19 ans au moment des faits. Interpellés mercredi 9 septembre, ils sont placés en garde à vue à la caserne Auvare avant d’être déférés deux jours plus tard.
Vendredi 11 septembre, les quatre jeunes sont mis en examen pour traite des êtres humains aggravée et proxénétisme aggravé. L’un des mineurs, né en 2010, écope d’une mise en examen supplémentaire pour viol aggravé.
Le juge des libertés et de la détention suit les réquisitions du parquet : les trois garçons, dont deux mineurs et un majeur, partent en détention provisoire, tandis que la jeune fille mineure reste libre sous contrôle judiciaire, conformément à la présomption d’innocence qui s’applique à ce stade de la procédure.
Une affaire qui rappelle, une fois de plus, que les plateformes de location courte durée ne sont jamais totalement à l’abri de ce type de dérive. Le dossier reste entre les mains de la justice, et l’instruction devra désormais établir les responsabilités exactes de chacun. Cette histoire pose une question qui dépasse largement Nice : combien d’autres appartements loués pour un week-end cachent, ailleurs en France, la même mécanique invisible ?