« Le camion a fait une embardée » : la thèse du parquet sur la mort d’Altmayer et Favier

Un producteur de cinéma réputé, une figure des relations publiques chez Dior. Deux vies fauchées en une fraction de seconde sur une route des Deux-Sèvres. Depuis lundi, la France du cinéma et de la mode pleure Nicolas Altmayer et Mathilde Favier, morts dans un accident à Airvault. Le parquet de Niort vient de livrer sa version des faits, glaçante de précision.
Un accident qui a figé le monde du cinéma et de la mode
L’annonce est tombée lundi et a immédiatement fait le tour des rédactions culture et lifestyle. Nicolas Altmayer, 61 ans, producteur à la tête de la société Mandarin & Compagnie qu’il dirigeait avec son frère Éric, a trouvé la mort dans une collision impliquant un poids lourd. À ses côtés, Mathilde Favier, 57 ans, directrice des relations publiques de la maison Dior, a elle aussi perdu la vie sur le coup.
L’accident s’est produit à Airvault, une commune tranquille des Deux-Sèvres, sur un axe routier classique. Rien, à première vue, ne laissait présager un tel drame. Comme souvent dans ce genre de collision, la première question qui se pose est celle de la responsabilité — une question à laquelle la justice a commencé à répondre dès mercredi.
Le monde du cinéma français perd ici l’un de ses producteurs discrets mais influents, tandis que l’univers de la mode voit disparaître une professionnelle respectée. Deux univers différents, réunis par un même trajet et un même destin funeste. C’est dans ce climat d’émotion que le parquet a choisi de communiquer, avec une rapidité inhabituelle pour ce type de dossier.
La version du parquet : un franchissement de ligne continue
Le vice-procureur de la République de Niort, Nicolas Leclainche, a détaillé dans un communiqué la mécanique exacte de l’accident. Selon les constatations effectuées sur place, croisées avec les témoignages de plusieurs automobilistes présents et les déclarations du chauffeur du poids lourd, une version claire se dégage : le camion aurait « fait une embardée en direction du véhicule des victimes, franchissant la ligne continue séparant les voies de circulation ».
La phrase suivante du communiqué décrit l’impact avec une froideur clinique : « L’avant droit du poids lourd a alors percuté le côté gauche de la voiture ». Un choc d’une violence telle que Nicolas Altmayer et Mathilde Favier sont morts instantanément, sans possibilité de survie. Face à une telle brutalité, une enquête pour homicide involontaire a logiquement été ouverte par le parquet.
Ce type de procédure judiciaire est encadré et permet d’établir précisément les responsabilités, un enjeu majeur pour les familles des victimes comme pour l’entreprise employant le chauffeur. Reste une question centrale : qui, du poids lourd ou de la voiture, a réellement dévié de sa trajectoire ? C’est là que le dossier prend un tournant inattendu.

La version contredite du chauffeur, un Indien de 32 ans
Le conducteur du poids lourd est un homme de 32 ans, de nationalité indienne, salarié d’une entreprise lituanienne. Les vérifications d’usage n’ont rien révélé d’alarmant : les tests d’alcoolémie et de dépistage de stupéfiants réalisés sur lui se sont avérés négatifs, écartant d’emblée deux causes classiques d’accident de la route.
Mais pendant sa garde à vue, le chauffeur a livré une tout autre lecture des événements. Selon ses déclarations, ce serait au contraire le véhicule arrivant en face — celui de Nicolas Altmayer et Mathilde Favier — qui aurait « dévié et franchi la ligne continue ». Une version diamétralement opposée à celle retenue par le parquet sur la base des témoignages recueillis.
Ce contraste entre les constatations officielles et le récit du principal mis en cause illustre toute la complexité de ce type d’enquête judiciaire. Le dossier repose désormais sur l’expertise technique du véhicule, l’analyse de la scène et les témoignages croisés pour trancher définitivement entre les deux versions.
Le chauffeur a été déféré ce mercredi et présenté à un juge d’instruction. La décision a été prise de le placer sous contrôle judiciaire, plutôt qu’en détention provisoire, en attendant la suite des investigations. Une décision qui laisse entendre que les magistrats n’ont pas encore tranché sur le degré de responsabilité réelle du conducteur.
Deux vies brisées, une ligne blanche franchie, deux versions qui s’affrontent : le dossier Altmayer-Favier ne fait que commencer. La justice devra désormais départager les faits pour établir, une fois pour toutes, qui a réellement dévié sur cette route des Deux-Sèvres.