« Je n’ai pas réussi à casser la vitre » : une octogénaire meurt enfermée dans sa voiture, sa famille pointe un système caché

Une simple sortie pour récupérer un objet dans sa voiture. C’est tout ce qu’elle voulait faire, cette octogénaire du Sud-Finistère, en pleine canicule du mois d’août. Ce geste anodin allait pourtant lui coûter la vie. Sa famille, dévastée, a découvert après coup un mécanisme méconnu qui pourrait piéger n’importe quel conducteur.
Une découverte glaçante devant son propre domicile
Le 13 août dernier, une femme de 83 ans a été retrouvée morte dans sa voiture, garée juste devant chez elle dans le Sud-Finistère. Selon Le Télégramme, elle s’était enfermée à l’intérieur du véhicule sans pouvoir en ressortir, en pleine vague de chaleur extrême.
Les enquêteurs ont retrouvé un mot laissé par la victime : « Je suis enfermée. J’ai mis la radio à fond. Personne n’est passé. J’ai essayé de casser la vitre. Je n’ai pas réussi. » Le klaxon du véhicule ne fonctionnait pas. Son téléphone et ses clés étaient restés à quelques mètres de là, posés sur la table de sa salle à manger.
« Elle a dû vouloir aller chercher quelque chose dans la voiture et s’est retrouvée enfermée. Il faisait tellement chaud à ce moment-là, personne ne l’a entendue », raconte sa fille. Un drame qui rappelle à quel point la chaleur extrême peut transformer un habitacle en piège mortel, un phénomène qui inquiète aussi les autorités concernant les victimes de la canicule ces derniers étés.
Un dispositif que presque personne ne connaît vraiment
Le lendemain de la découverte du corps, les deux enfants de la victime ont été entendus par les gendarmes de Quimperlé. La famille a ensuite déposé plainte contre le constructeur automobile.
En examinant le véhicule, les proches ont découvert qu’il était équipé du système Safelock, un dispositif de double verrouillage conçu pour empêcher toute ouverture des portes depuis l’intérieur. Un mécanisme censé protéger les occupants, mais qui peut aussi les condamner.
« On nous a indiqué que le propriétaire est censé connaître ce système. Mais qui lit les 500 pages de la notice de son véhicule ? », s’interroge le fils de la victime, encore sous le choc. « Un tas de gens peuvent se faire piéger. C’est un vrai danger ! » Une inquiétude qui fait écho à d’autres dérapages liés à la canicule observés récemment en Bretagne.
Déployé par le groupe Volkswagen et plusieurs autres constructeurs depuis les années 1990-2000, ce système peut verrouiller les portes aussi bien depuis l’extérieur que depuis l’intérieur. Un simple double-clic sur la télécommande suffit pourtant à le désactiver, à condition de savoir qu’il existe.

Le silence du constructeur et une plainte sans suite
Contacté par Le Télégramme, le groupe Volkswagen affirme que la sécurité reste sa priorité, sans commenter ce cas précis. Le constructeur explique ne pas disposer des éléments nécessaires pour établir les circonstances exactes du décès de l’octogénaire.
La famille n’envisage pas, pour l’heure, de lancer une expertise privée. Elle préfère alerter directement les automobilistes sur ce risque encore trop peu connu, qui pourrait concerner des millions de conducteurs sans qu’ils ne s’en doutent jamais.
Le parquet de Quimper a finalement classé l’affaire sans suite le 24 août. Une décision qui laisse la famille sans réponse officielle, mais avec une certitude amère : ce système, aussi discret que redoutable, aurait pu être évité par un simple avertissement plus visible.
En période de forte chaleur, ce type de vigilance s’ajoute désormais aux précautions déjà connues, comme celles qui concernent la sécurité des animaux laissés en voiture, un risque tout aussi mortel et trop souvent sous-estimé.
Un mot laissé sur le siège, une notice de 500 pages jamais lue, et une vie qui s’arrête devant sa propre maison. Cette histoire glace parce qu’elle aurait pu arriver à n’importe qui, dans n’importe quelle voiture équipée du même système. Vérifiez-vous vraiment tous les mécanismes de sécurité de votre propre véhicule ?