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Après 15 ans, un cannibale arrêté en Ouganda : il aurait tué et mangé 38 personnes

Publié par Cassandre Jolivet le 27 Oct 2026 à 15:14
15 ans de terreur, 38 victimes présumées : l'armée ougandaise annonce avoir arrêté le suspect

Pendant quinze ans, une série de disparitions et de meurtres aurait semé la peur dans l’ouest de l’Ouganda. Cette semaine, l’armée a annoncé l’arrestation d’un homme qu’elle accuse d’avoir tué 38 personnes. Mais derrière l’annonce, une question dérange : comment un suspect interpellé à plusieurs reprises a-t-il pu rester libre aussi longtemps ?

Un message sur X, un nom et un chiffre qui glacent : 38

Tout est parti d’une publication sur X. Le chef de l’armée ougandaise, Muhoozi Kainerugaba, 52 ans, y explique que les forces de sécurité ont arrêté « le méchant » Moses Mujurizi. Le ton est solennel, presque triomphal.

Selon le quotidien allemand Bild, qui rapporte l’affaire, l’homme est accusé d’avoir tué 38 personnes en quinze ans. Il est aussi soupçonné d’avoir mangé des parties de certains corps. C’est ce qui lui vaut, dans la presse, le surnom de « cannibale d’Ouganda ».

Autant le dire tout de suite : nous en sommes au stade des accusations. Moses Mujurizi bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’aucun tribunal ne s’est prononcé. Et la source consultée ne rapporte aucune version de sa défense.

Les faits lui sont reprochés dans l’ouest du pays, notamment dans le district de Masaka. La photo de l’homme, prise peu après son arrestation, a elle aussi été publiée par le chef militaire sur le même réseau social.

Reste à comprendre comment les enquêteurs sont enfin arrivés jusqu’à lui, après tant d’années. La réponse tient en quelques semaines seulement.

De Masaka à la porte du suspect : comment l’étau se serait refermé

Selon Bild, c’est un nouveau meurtre qui aurait tout accéléré. En septembre 2026, une femme a été tuée à Masaka. Les investigations lancées après sa mort ont mené à une arrestation à la mi-octobre.

Les médias ougandais cités par le journal décrivent un mode opératoire précis. Le suspect s’introduirait la nuit dans des maisons et s’en prendrait à ses victimes à la machette. Il aurait aussi attiré des femmes en leur promettant une relation amoureuse.

Dans les deux cas, les victimes auraient disparu sans laisser de trace. C’est sans doute ce qui explique que le bilan ait mis autant d’années à se dessiner : des disparitions éparses, dans plusieurs régions, difficiles à relier entre elles.

Les enquêteurs examinent d’ailleurs d’autres cas de personnes portées disparues dans les zones où l’homme est soupçonné d’avoir sévi. Le chiffre de 38 n’est donc pas forcément définitif, et il reste à vérifier, dossier par dossier.

La police aurait par ailleurs saisi des éléments de preuve au domicile du suspect. La source ne précise pas leur nature, et il serait hasardeux de combler ce vide.

Voilà pour l’arrestation elle-même. Mais l’élément le plus troublant du dossier se trouve ailleurs : dans le passé judiciaire de cet homme.

Route de terre rouge au petit matin en Ouganda

Arrêté, libéré, évadé : le passé judiciaire qui intrigue

D’après les médias cités par Bild, Moses Mujurizi avait déjà été arrêté plusieurs fois au fil des années. À chaque fois, il aurait réussi à s’échapper ou aurait été remis en liberté.

Pourquoi ? La source est formelle : on ne le sait pas. Aucune explication n’a été rendue publique, ni sur les évasions éventuelles, ni sur les libérations.

C’est pourtant le cœur de l’affaire. Si les accusations se confirment, elles poseraient une question lourde sur le suivi de ce dossier pendant quinze ans, et celle-ci devra trouver des réponses ailleurs que dans cet article.

Autre élément qui pèse : un massacre remontant à 2013. Cette année-là, un pasteur du district de Masaka, son épouse et sept autres membres de sa famille ont été tués, soit neuf personnes au total. Les autorités pensent que Mujurizi serait entré dans cette maison avec des complices.

Car c’est l’autre zone d’ombre : le suspect n’aurait pas toujours agi seul. Les autorités partent du principe qu’il avait des complices, mais ignorent encore combien et qui ils sont.

Autrement dit, l’arrestation de Moses Mujurizi pourrait n’être qu’une première étape. Reste à savoir ce que la justice ougandaise compte en faire.

Procès public et menace d’exécution : ce qui attend maintenant l’affaire

Le chef de l’armée a déjà donné le ton. Il promet que le suspect sera jugé publiquement et affirme qu’il sera « définitivement » exécuté. Une déclaration forte, faite avant tout procès, qui ne manquera pas de faire réagir.

Pour l’instant, rien ne dit à quelle date ni devant quelle juridiction l’homme comparaîtra. La source ne donne pas ces précisions, et ne mentionne aucun avocat.

Plusieurs points devront être éclaircis par l’enquête. Il s’agit d’abord de vérifier les 38 morts évoquées, puis d’identifier d’éventuels complices, et enfin de comprendre comment le suspect a pu échapper à la justice à plusieurs reprises.

Les enquêteurs passent aussi en revue les disparitions signalées dans les régions concernées. Pour des familles qui attendent parfois depuis des années, c’est peut-être la première lueur de réponse.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochaines semaines : la liste officielle des victimes, l’identité des complices présumés, et l’éventuelle explication des libérations passées. Ce sont ces éléments qui diront si l’annonce de l’armée tient sur le plan judiciaire.

Quinze ans, 38 victimes présumées, une arrestation à la mi-octobre : le dossier Mujurizi ne fait que commencer. Entre l’annonce triomphale de l’armée et un verdict de justice, il reste toute l’enquête, et c’est elle qui dira ce qui s’est réellement passé dans l’ouest de l’Ouganda.

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