Mort d’un ouvrier à Copacabana : le chantier du concert géant de Shakira vire au drame
La plage de Copacabana devait vibrer au son de Shakira le 2 mai prochain. Mais ce dimanche 26 avril, c’est un tout autre bruit qui a résonné sur le sable brésilien : celui d’un système de levage qui s’effondre, emportant la vie d’un technicien. Un drame survenu en plein montage d’une scène monumentale, sur un chantier déjà entaché par une alerte à l’explosif deux semaines plus tôt.

« La structure était à terre » : un témoin raconte la scène
Depuis deux semaines, des dizaines de techniciens s’affairaient sur la plage de Copacabana pour monter la scène du concert gratuit de la chanteuse colombienne. Un show prévu pour attirer des centaines de milliers de spectateurs. Mais ce dimanche, le chantier a basculé en quelques secondes.
Un ouvrier a eu les jambes écrasées dans un système de levage, selon l’AFP. Ses collègues ont immédiatement tenté de le dégager de la structure effondrée, avant que les pompiers ne prennent le relais. Transporté d’urgence à l’hôpital, l’homme n’a pas survécu à ses blessures.
Antonio Marcos, un passant présent sur la plage au moment du drame, a décrit la scène à l’AFP : « Nous avons vu tout d’un coup des gens courir et quand nous avons regardé, la structure était à terre. » Une phrase glaçante qui résume la brutalité de l’accident. Les accidents sur scène ne sont malheureusement pas rares dans l’industrie du spectacle, mais celui-ci est d’une gravité exceptionnelle.
Les causes exactes de l’effondrement du système de levage ne sont pas encore connues. Une enquête devra déterminer si des négligences ont pu contribuer à ce drame. Mais ce n’est pas le seul problème qui a frappé ce chantier hors normes.
Un engin explosif retrouvé sur la promenade deux semaines avant
Le 13 avril, soit treize jours avant l’accident mortel, la police brésilienne avait fait une découverte inquiétante sur la promenade de Copacabana, à proximité immédiate de la scène en construction. Un engin explosif avait été repéré puis retiré par les forces de l’ordre.
D’après plusieurs médias locaux, il s’agissait d’une grenade assourdissante. Ce type de dispositif est conçu pour désorienter des personnes grâce à un éclair aveuglant combiné à une détonation puissante. Pas une bombe à proprement parler, mais un objet suffisamment dangereux pour déclencher une opération de sécurité en plein préparatifs.
Pour Shakira, habituée aux frayeurs, cette série d’incidents assombrit considérablement la préparation d’un événement qui devait être une fête populaire. L’artiste, qui a déjà dû annuler des concerts par le passé pour des raisons de santé, fait désormais face à un contexte autrement plus grave.
À lire aussi
L’ombre de l’attentat déjoué lors du concert de Lady Gaga

Ce drame et cette alerte à l’explosif prennent une dimension particulière quand on les replace dans un contexte récent. L’année dernière, un concert de Lady Gaga organisé au Brésil avait été la cible d’un projet d’attentat à la bombe, déjoué in extremis par la police brésilienne.
Le Brésil accueille régulièrement des méga-concerts gratuits, notamment à Rio de Janeiro. Ces événements attirent des foules gigantesques — parfois plus d’un million de spectateurs — sur des espaces ouverts difficiles à sécuriser. La plage de Copacabana, avec sa configuration en arc de cercle bordée d’immeubles, représente un défi logistique et sécuritaire majeur.

Entre les risques liés à la sécurité des spectateurs et ceux que courent les techniciens sur des chantiers titanesques montés en quelques jours, ces événements géants posent des questions de plus en plus pressantes. Le concert du 2 mai doit toujours avoir lieu, mais l’ambiance festive a laissé place à la gravité.
Bonus Track réagit, la question des responsabilités se pose
L’entreprise organisatrice du concert, Bonus Track, a confirmé le décès dans un communiqué laconique : « Malheureusement, le technicien est décédé à l’hôpital. » Aucun détail supplémentaire n’a été communiqué sur l’identité de la victime ni sur les circonstances précises de l’accident.
Reste à savoir si les conditions de travail sur le chantier étaient conformes aux normes de sécurité. Le montage d’une scène capable d’accueillir un spectacle de l’envergure de celui de Shakira implique des structures métalliques de plusieurs dizaines de tonnes, des systèmes de levage industriels et des délais souvent très serrés. Un cocktail qui, quand les protocoles ne sont pas strictement respectés, peut se transformer en piège mortel.
Les autorités brésiliennes n’ont pas encore communiqué sur l’ouverture d’une éventuelle enquête judiciaire. Mais avec un mort sur un chantier public et un engin explosif retrouvé à proximité, les organisateurs et les pouvoirs publics devront rendre des comptes. À moins d’une semaine du concert, la pression n’a jamais été aussi forte sur toutes les parties prenantes.
La plage de Copacabana, symbole de fête et de liberté, porte désormais le deuil d’un homme venu simplement monter une scène. Le spectacle aura peut-être lieu, mais le prix payé est déjà bien trop élevé.