Elle refuse de mourir avec lui : il la tue en pleine autoroute après des heures de pression

Une autoroute de Caroline du Nord, un dimanche après-midi comme un autre. Puis quatre coups de feu, une voiture qui zigzague, un pneu qui explose en plein roulage. Derrière ce chaos, une histoire glaçante de pression psychologique qui a duré des heures avant de tourner au drame.
Justice Wells avait 19 ans. J’Kobe Tre’shon Ramseur, son petit ami de 23 ans, l’a tuée alors qu’elle conduisait sur l’Interstate 77, à Mooresville. Le mobile ? Un pacte de suicide qu’elle avait refusé.
Une voiture criblée de balles sur le bord de la route
Dimanche, vers 16h30, la police de Mooresville reçoit des signalements de coups de feu près de la sortie 35 de l’I-77. Sur place, les agents découvrent une Kia noire garée en catastrophe sur le bas-côté.
La carrosserie porte quatre impacts de balles, tous tirés depuis l’intérieur du véhicule. À bord, deux corps : celui de Justice Wells et celui de J’Kobe Ramseur, tous deux gravement blessés par balle.
Le chef de la police, Ron Campurciani, a détaillé la scène devant les journalistes mardi. Ses mots laissent peu de place au doute sur ce qui s’est joué dans l’habitacle.
Les images de la caméra embarquée racontent la lutte
« On a une vidéo de tableau de bord qui montre le véhicule zigzaguer sur toute la route. À un moment, un pneu se détache tellement la conduite devient erratique », a révélé Campurciani.
Selon les enquêteurs, Wells conduisait quand Ramseur a sorti une arme et commencé à tirer. Loin de se laisser faire, la jeune femme se serait battue pour tenter de la lui arracher des mains.
« Les autres tirs n’ont aucun sens sauf si elle était en train de lutter avec lui pour récupérer l’arme. On dirait qu’ils étaient engagés dans une lutte et qu’il tirait tout simplement », a expliqué le policier.
Wells a été touchée à la tête, la balle traversant la vitre côté conducteur. Ramseur, lui, s’est infligé une blessure au niveau de la tempe, la balle restant logée dans son crâne.
Les deux ont été transportés au Carolinas Medical Center, entre la vie et la mort. Mais l’état de la jeune femme ne laissait déjà que peu d’espoir.

Justice Wells est décédée à l’hôpital mercredi, selon WBTV. Une mort qui a transformé les charges retenues contre son compagnon.
Des heures de messages avant le drame
Le couple traversait une relation que Campurciani qualifie de « vraiment tumultueuse » depuis un moment. Des épisodes de violence conjugale avaient déjà été signalés dans plusieurs comtés voisins impliquant les deux jeunes gens.
Tout a basculé dimanche à minuit. Ramseur a commencé à envoyer des messages à Wells pendant qu’elle travaillait de nuit.
« Il y a eu tout un tas de messages » échangés jusqu’à 8 heures du matin, moment où Ramseur évoque pour la première fois l’idée d’un pacte de suicide. Le policier n’a pas donné plus de détails sur le contenu exact de cet échange.
« Il n’a cessé de faire pression sur elle, encore et encore, pour qu’elle vienne le chercher », précise Campurciani. Le dernier message a été envoyé vers 14h30, seulement deux heures avant la fusillade.
« Nobody changes » : l’avertissement d’un père de famille
Ramseur a d’abord été inculpé pour tentative de meurtre au premier degré. Après la mort de Wells, les charges ont été requalifiées en meurtre au premier degré.
Le chef Campurciani, visiblement ému, a tenu à passer un message de prévention à l’issue de la conférence de presse.

« En tant que père de jumelles de 20 ans : personne ne change. S’il y a de la violence, si quelqu’un pose la main sur vous. Une fois qu’il vous pousse, qu’il vous bouscule, c’est fini. Si vous pensez que ça va s’arranger, vous êtes dans le déni, parce que ça ne s’arrange pas. Ça empire », a-t-il déclaré, la voix nouée.
« Je suis convaincu que les gens vous traitent exactement comme vous les laissez faire. Si vous laissez passer ce genre de choses, ça va empirer encore et encore », a-t-il ajouté.
« Si je ne peux pas t’avoir, personne ne t’aura »
Pour le policier, les messages envoyés par Ramseur révèlent une obsession malsaine envers la jeune femme. Une fixation qui aurait dégénéré en tentative de contrôle total.
« Ça ressemble au genre de logique : si je ne peux pas t’avoir, personne ne t’aura », résume Campurciani.
Autre détail troublant révélé par l’enquête : Ramseur était déjà suspecté dans une autre affaire criminelle dans la région. Les autorités n’ont donné aucun détail supplémentaire, l’enquête étant toujours en cours.
« Il est bien connu des autorités dans plusieurs comtés », a simplement conclu le chef de la police.
Si vous ou un proche traversez une crise ou des pensées suicidaires, contactez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et disponible 24h/24.