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« J’entends encore ce bruit » : le rescapé aspiré hors d’un avion Ryanair raconte l’horreur

Publié par Cassandre le 27 Juil 2026 à 18:57

Un hublot qui cède en plein ciel, un corps à moitié dans le vide, une valise en guise de bouclier. Ce n’est pas une scène de film catastrophe, mais ce qu’a vécu Ljubisa Karović, 61 ans, sur un vol Ryanair entre Thessalonique et l’Allemagne. Pour la première fois, il raconte ce qui s’est vraiment passé à 15 000 pieds d’altitude, et pourquoi ce bruit ne le quitte plus.

Un hublot qui explose à 600 km/h

Tout se joue en quelques secondes. Ljubisa Karović occupait le siège 11F, côté hublot, lorsque celui-ci s’est détaché brutalement en plein vol. La cabine se dépressurise, et le haut de son corps est aspiré vers l’extérieur.

À environ 4 572 mètres d’altitude, sa tête et son bras droit se retrouvent hors de l’appareil, qui file à plus de 600 km/h. Un vertige que même les voyageurs habitués aux galères de vols n’imaginent pas vivre un jour.

« Ce dont je me souviens le plus, c’est de l’explosion », confie-t-il au Guardian. « Chaque fois que je ferme les yeux, j’entends encore ce bruit. » Pour le reste, le trou noir : perte de connaissance quasi immédiate, selon son avocat, Vasilis Tsiaras.

Ce dernier n’hésite pas à parler de miracle. Sa cliente conjugale, Svetlana, installée trois rangées derrière, a assisté à toute la scène sans pouvoir bouger, comme figée par ce type d’incident aussi rare qu’imprévisible sur un vol commercial, au même titre que des incidents à bord qui font aujourd’hui l’objet de nouvelles réglementations.

Une valise pour le sauver, pas l’équipage

C’est là que le récit prend une tournure presque cinématographique. Selon Svetlana, ce ne sont pas les hôtesses ni les stewards qui ont réagi en premier, mais un passager anonyme, assis non loin.

« Un homme, je crois qu’il était Albanais, a tout fait pour ramener mon mari à l’intérieur de l’avion », raconte-t-elle. Sa première tentative échoue : un sac utilisé pour combler la brèche est aussitôt aspiré à l’extérieur, emporté par le vide.

Sans se décourager, l’homme attrape alors une valise. Cette fois, ça tient. « Nous lui serons reconnaissants pour le reste de notre vie », lâche Svetlana, encore marquée par la scène.

Pendant ce temps, d’autres passagers apportent de l’eau à Ljubisa Karović, encore inconscient. Une chaîne de solidarité spontanée, née dans la panique, à des kilomètres du sol, un peu comme ces situations d’urgence où les réflexes collectifs font la différence quand tout bascule en quelques minutes.

Homme convalescent avec minerve dans une chambre d'hôpital

L’équipage accusé d’avoir paniqué

C’est là que le récit devient une véritable polémique. Comme souvent lorsqu’un accident tourne au conflit, les versions divergent frontalement entre la compagnie et la victime.

Ryanair assure que son personnel a accompli « un travail remarquable ». Selon la compagnie, l’équipage a d’abord dû sécuriser sa propre survie, attacher ses ceintures, enfiler les masques à oxygène, avant de pouvoir intervenir une fois l’avion redescendu à une altitude stable.

Mais l’avocat de Ljubisa Karović conteste fermement cette chronologie. Pour lui, l’équipage aurait cédé à la panique pendant que les passagers géraient seuls l’urgence, de la valise providentielle jusqu’aux bouteilles d’eau tendues au blessé inconscient.

Aujourd’hui encore convalescent à Kateríni, en Grèce, l’homme d’affaires serbe devra porter une minerve pendant au moins six semaines, avant qu’une éventuelle opération ne soit envisagée. Il redoute désormais de ne plus jamais pouvoir remonter dans un avion.

« Ma priorité est de retrouver la santé », précise-t-il. « Mais oui, il devrait aussi y avoir une compensation. Pas simplement des e-mails pour me proposer un nouveau vol. »

Une ceinture bouclée, une valise providentielle, et un homme qui doit la vie à des inconnus plutôt qu’à l’équipage censé le protéger. L’enquête doit désormais établir les responsabilités exactes. Reste une question qui plane : et si demain, c’était votre siège côté hublot ?

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