« On retrouve le même mode opératoire » : une 32e plainte pour tentative de viol vise Patrick Bruel
L’affaire ne cesse de s’épaissir autour de Patrick Bruel. Ce mercredi, une avocate a annoncé sur France Inter le dépôt d’une nouvelle plainte pour tentative de viol contre le chanteur. Une trentième, une trente-deuxième, difficile même de tenir le compte tant la liste s’allonge.

Ce qui frappe surtout, c’est la répétition. « On retrouve le même mode opératoire », a lâché Me Myriam Guedj-Benayoun, qui représente plusieurs plaignantes. Reste une question de taille : cette nouvelle plainte peut-elle seulement aboutir, ou la prescription va-t-elle une nouvelle fois bloquer la justice ?
Un scénario qui se répète, une plaignante tout juste majeure
L’histoire ressemble étrangement aux précédentes. La plaignante évoluait, comme beaucoup d’autres, dans le monde du spectacle. Elle est approchée, invitée à une soirée, et se retrouve finalement seule avec le chanteur. C’est là, affirme-t-elle, qu’elle aurait été victime d’une tentative de viol. Au moment des faits, elle était « extrêmement jeune, tout juste majeure », précise son avocate.
La plainte a été déposée cet été auprès du procureur de la République de Nanterre. Un dossier qui vient s’ajouter à une liste déjà vertigineuse : au total, 31 plaintes visent désormais l’artiste, selon Me Guedj-Benayoun.
Un chiffre qui, à lui seul, interroge sur l’ampleur réelle de cette affaire, aux côtés de dossiers tout aussi glaçants comme celui du meurtre d’Émile ou les récentes plaintes visant Adriana Karembeu, qui ont elles aussi mis en lumière un système répété.
La prescription, obstacle majeur mais pas insurmontable
Sur le papier, ces nouveaux faits semblent condamnés d’avance. « Les faits sont concernés par la prescription », reconnaît d’emblée l’avocate. Un problème classique dans les affaires de violences sexuelles anciennes, où le temps écoulé finit souvent par éteindre toute poursuite pénale.
Mais le droit français prévoit des dérogations précises. « Il est permis de travailler sur la sérialité et la connexité entre les faits », explique Me Guedj-Benayoun. Autrement dit : quand un même auteur reproduit un mode opératoire identique sur des profils de victimes similaires, la justice peut relier les dossiers entre eux et contourner l’obstacle temporel.
Un travail minutieux est actuellement mené avec les juges d’instruction pour établir si les 31 dossiers actuels, et désormais celui-ci, dessinent une véritable série. D’autres témoignages doivent venir enrichir le dossier : « Au mois de septembre je déposerai plusieurs témoignages qui ne souhaitent pas porter plainte mais souhaitent apporter leur témoignage », annonce l’avocate, évoquant essentiellement des tentatives de viol supplémentaires.

Un allégement judiciaire qui passe très mal
Ce contexte rend d’autant plus explosive une autre décision récente. Depuis le 21 juillet, le juge d’instruction a accepté une demande des avocats de Patrick Bruel visant à lever partiellement son contrôle judiciaire, notamment l’interdiction de quitter le territoire national. Une décision confirmée par la procureure adjointe de Nanterre, Virginie Deneux.
Pour Me Guedj-Benayoun, cette mainlevée interpelle : « Nous sommes étonnées parce que cet allégement a été obtenu assez rapidement après la mise en examen pour des faits criminels. » Elle insiste sur son caractère définitif, et non temporaire : « C’est extrêmement rare de l’obtenir, quand on a énormément de plaintes à son actif. »
Le parquet, justement, a fait appel de cette décision. Une audience s’est tenue vendredi dernier devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles, avec un délibéré attendu pour le 16 septembre.
De leur côté, les avocats du chanteur, Mes Céline Lasek, Fanny Colin et Christophe Ingrain, ont dénoncé des « contre-vérités » dans un communiqué, rappelant que la procédure est « ouverte à tout justiciable » et que Patrick Bruel « se tient à l’entière disposition de la justice ».
Trente-deux plaintes, un mode opératoire jugé identique, et une décision de justice qui divise : le dossier Bruel n’a visiblement pas fini de faire parler de lui. Rendez-vous le 16 septembre pour la suite de cette bataille judiciaire, entre présomption d’innocence et accumulation de témoignages qui interroge.