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Un pilote abattu par balles dans sa voiture au départ d’un rally en Bolivie

Publié par Cassandre le 28 Avr 2026 à 19:30
Un pilote abattu par balles dans sa voiture au départ d'un rally en Bolivie

Le sport automobile sud-américain est sous le choc. Dimanche, en Bolivie, un pilote a été abattu de plusieurs balles alors qu’il se trouvait à bord de son véhicule, prêt à s’élancer sur le tracé du Rally Nueva Santa Cruz. Une scène d’une violence inouïe, en plein jour, devant des dizaines de témoins. La compétition a été immédiatement interrompue.

Il attendait le signal du départ quand un homme est descendu d’une camionnette

Véhicules de rally immobilisés après la suspension de la compétition

José Pedro Rojas, connu dans le milieu du rallye sous le pseudonyme « Pedro Pablo », participait à la deuxième manche du championnat départemental de Santa Cruz. Il était installé dans son Can-Am X3 numéro 11, inscrit dans la catégorie SXS Racing, lorsqu’un individu est descendu d’une camionnette stationnée à proximité.

Buggy Can-Am X3 sur la ligne de départ du rally en Bolivie

Sans un mot, l’homme a ouvert le feu à plusieurs reprises en direction du véhicule. Selon les témoins présents sur zone, les tirs étaient ciblés. Pas une rixe. Pas un accident. Un acte délibéré, froid, à quelques mètres du pilote. Les personnes présentes autour de la ligne de départ ont immédiatement porté secours à José Pedro Rojas et à son copilote.

Le pilote a été transporté d’urgence vers un centre de soins. Malgré les efforts des équipes médicales, son décès a été confirmé quelques heures plus tard. Son copilote, touché également lors de la fusillade, a été hospitalisé dans une clinique de Santa Cruz de la Sierra. Il est toujours en soins au moment où ces lignes sont écrites.

Mais ce qui rend cette affaire encore plus troublante, c’est ce qui s’est passé — ou plutôt ce qui ne s’est pas passé — dans les heures suivantes.

Le rally stoppé net, les organisateurs sous le choc

L’Asociación Departamental de Automovilismo Deportivo de Santa Cruz, qui chapeaute l’événement, a réagi dans les minutes suivant l’attaque. La décision a été radicale : suspension immédiate de la compétition. Tous les véhicules encore en regroupement ont été libérés.

Le communiqué officiel, relayé par plusieurs médias locaux, est d’une sobriété glaçante : « Le Rally Santa Cruz est déclaré terminé. Tous les véhicules en regroupement sont libérés. La date de la cérémonie de remise des prix sera communiquée ultérieurement. » Pas un mot sur la victime. Pas une mention de l’attaque. Juste une procédure administrative pour mettre fin à une journée qui devait être une fête du sport mécanique.

Du côté des participants et du public, la stupeur a laissé place à l’incompréhension. Le Rally Nueva Santa Cruz est un événement régional populaire, pas un rendez-vous à haut risque. L’idée qu’un pilote puisse être abattu sur la ligne de départ dépasse tout ce que le milieu a connu jusqu’ici, même dans un pays où la violence liée au narcotrafic est une réalité quotidienne.

Reste une question que tout le monde se pose : qui visait José Pedro Rojas, et pourquoi ?

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Aucun suspect identifié, la police a activé son protocole d’urgence

Au moment de la publication de cet article, aucune information officielle n’a filtré sur l’identité du tireur ni sur le mobile de l’attaque. La police bolivienne a activé le « Plan Z », un protocole de sécurité qui consiste à boucler un périmètre élargi et à multiplier les contrôles routiers pour empêcher la fuite des suspects.

Police bolivienne bouclant le périmètre après la fusillade

Des enquêteurs ont été déployés sur la zone du rally, où des témoignages sont recueillis. Selon le média bolivien Red Pat, qui a couvert l’événement en direct, plusieurs témoins auraient vu la camionnette arriver peu de temps avant le départ de la course. L’hypothèse d’un acte prémédité semble se dessiner, mais aucune piste officielle n’a été confirmée par les autorités.

Ce qui interpelle aussi, c’est l’utilisation d’un pseudonyme par le pilote. José Pedro Rojas courait sous le nom « Pedro Pablo ». Dans le milieu du rallye bolivien, les surnoms sont courants, souvent liés à la culture locale du sport mécanique. Mais dans le contexte d’un assassinat ciblé, cette double identité pose forcément question. Le pilote cherchait-il à se protéger ? Avait-il reçu des menaces ? Pour l’heure, personne dans l’entourage de la victime ne s’est exprimé publiquement.

Un fait sans précédent dans l’histoire du rallye sud-américain

Le sport automobile a connu son lot de tragédies. Des accidents mortels, des sorties de route fatales, des incendies sur circuit. Mais un assassinat par arme à feu en plein événement sportif, sur la ligne de départ, devant un public et des caméras ? L’Amérique du Sud n’avait jamais vu ça.

En Bolivie, la violence touche régulièrement des secteurs entiers de la société, du transport routier aux marchés populaires. Mais le sport automobile, même amateur, était jusqu’ici considéré comme un monde relativement préservé. Ce dimanche à Santa Cruz a fait voler en éclats cette impression.

Les réactions sur les réseaux sociaux boliviens oscillent entre colère et peur. Plusieurs pilotes locaux ont exprimé leur désarroi, certains annonçant qu’ils ne reprendront pas la compétition tant que des garanties de sécurité ne seront pas mises en place. D’autres appellent les autorités sportives à collaborer étroitement avec la police pour sécuriser les futurs événements.

L’enquête ne fait que commencer. Le copilote blessé pourrait, s’il est en mesure de témoigner, apporter des éléments décisifs sur l’identité du tireur et les circonstances exactes de l’attaque. En attendant, le rally de Santa Cruz restera dans les mémoires comme le jour où la violence a rattrapé le sport mécanique bolivien en plein cœur de la fête.

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