Procès Aramburú : la phrase glaçante entendue dans la cellule de Loïk Le Priol
Salle Voltaire, un homme en chemise bleu ciel se lève
Il est courtois. Presque trop. Ce lundi 7 septembre, dans une salle Voltaire pleine à craquer, un homme de 32 ans se lève du box pour décliner son identité devant la cour d’assises de Paris.

Chemise bleu ciel à manches longues, lunettes sur le nez, cheveux bruns parfaitement coiffés : BFMTV décrit un ancien militaire qui répond « oui monsieur le président », « tout à fait monsieur le président ». Une image de gendre idéal. Elle s’effrite dès la lecture des faits qui lui sont reprochés.
Face à lui, la veuve d’un homme mort à 42 ans sur un trottoir du boulevard Saint-Germain. Trois enfants mineurs. Quatre ans et demi d’attente. Et un procès de trois semaines qui doit se poursuivre jusqu’au 25 septembre.
Ce lundi, Loïk Le Priol a demandé pardon. Mais dans le dossier dort une autre phrase, prononcée ailleurs, dans un endroit où il se croyait seul. Une phrase que la cour va devoir regarder en face.
Une nuit qui devait finir par un burger et une bière

Pour comprendre, il faut remonter à la nuit du 18 au 19 mars 2022. Federico Martín Aramburú, ancien international argentin installé au Pays basque, est monté à Paris avec son associé et ami Shaun Hegarty. Objectif : le choc France-Angleterre du Tournoi des Six Nations, le lendemain.
Les deux hommes ne sont pas là en touristes. Selon le récit de Hegarty rapporté par Minute Sports, ils font tourner leur société d’événementiel sportif, Esprit Basque. L’un accompagne des clients, l’autre négocie des contrats liés à la Coupe du monde 2023.
Vers 2 h 30, le téléphone sonne. Federico appelle son associé : plusieurs dossiers viennent d’aboutir, la société va enfin pouvoir vendre des séjours complets, places de match, nuits d’hôtel, activités.
Après les années de crise sanitaire, c’est un soulagement énorme. Hegarty quitte ses clients pour rejoindre son ami. La nuit devient une nuit de fête.
Toujours selon ce récit, les deux hommes croisent plusieurs connaissances du rugby, passent notamment par le Pousse au Crime, enchaînent les établissements de Saint-Germain-des-Prés. Rien que de très banal pour deux anciens joueurs en goguette.
À 5 h 21, la faim les rattrape. Ils s’installent à la terrasse du Mabillon, boulevard Saint-Germain, et commandent chacun un burger et une bière. À la table voisine, trois personnes. La soirée aurait dû s’arrêter là.
La table d’à côté, et cette question sur l’accent
À cette table voisine : Loïk Le Priol, Romain Bouvier et Lyson Rochemir. Les premiers échanges sont cordiaux, souligne le récit rapporté par Minute Sports. Puis une altercation éclate entre ces voisins et les occupants d’une autre table.
Aramburú et Hegarty interviennent. Ils demandent simplement qu’on parle correctement aux gens. Selon des témoignages versés au dossier, l’un des termes employés pour éconduire ce client est celui de « sous-homme ».
La conversation glisse alors sur les origines de chacun. Federico dit qu’il est Argentin, Shaun plaisante sur ses attaches basques, irlandaises et néo-zélandaises. En face, un des hommes répond qu’il est « d’ici », en désignant le sol du doigt.
Hegarty croit assister à un chambrage Paris-province. Il expliquera n’avoir compris que bien plus tard quelles convictions politiques se trouvaient à cette table.
Selon les éléments repris dans le dossier, Le Priol tape du poing sur la table : « On est chez nous. On fait ce qu’on veut. T’as pas à nous dire ce qu’on a à faire. » Le ton est donné.
Puis vient la phrase qui hante le récit. Une tape sur la joue de Hegarty, et ces mots : « Si tu veux te battre, viens, je suis des forces spéciales. » Hegarty ne répond pas. Il ne sait pas encore que l’homme dit vrai.
Des petites claques, une capuche tirée, quinze secondes de bagarre
La veille de l’ouverture du procès, l’émission Sept à Huit, sur TF1, a diffusé des images de vidéosurveillance de cette terrasse. On y voit l’ancien commando se lever, s’adresser à Hegarty, lui mettre plusieurs petites claques au visage.
Un agent de sécurité s’interpose. Les deux hommes sont séparés. Dix minutes passent, la situation semble retombée, chacun retourne à sa table. Fin de l’histoire, en apparence.
Il est six heures du matin quand Aramburú se lève pour payer. En passant, il attrape la capuche de Le Priol et le tire violemment en arrière. L’homme bascule de sa chaise.
Ce qui suit dure une quinzaine de secondes, selon le récit de Hegarty. Aramburú face à Le Priol, Hegarty face à Bouvier. Le personnel du Mabillon sépare les quatre hommes.
Sur les images diffusées par Sept à Huit, les deux ex-rugbymen s’en vont à pied. Le Priol et Bouvier, eux, sont retenus quelques minutes sur la terrasse. C’est ce décalage qui va tout décider.
Les deux amis sont marqués : la pommette gonflée pour l’Argentin, un œil abîmé pour le Néo-Zélandais. En s’éloignant, ils se disent une phrase presque drôle, si on ne savait pas la suite : « On est trop vieux pour ça. »
De la glace pour la pommette, et une Jeep qui revient
Selon ce que rapportent les éléments du dossier, au moment de quitter les lieux, Le Priol lance : « Je vais le tuer, lui ! » Puis il exhibe un brassard de police, sort son pistolet et part en courant.
Pendant ce temps, les deux amis descendent le boulevard Saint-Germain et font halte à l’hôtel Welcome. Ils veulent de la glace pour leurs ecchymoses. Ils pensent l’incident clos.
Derrière eux, la traque commence. Un homme court dans le quartier, un autre part en voiture. Selon les images exploitées par les enquêteurs, l’un s’en va à pied, l’autre au volant, à la recherche des deux rugbymen.
Quand Aramburú et Hegarty ressortent de l’hôtel, Shaun reconnaît la Jeep qui stationnait devant le Mabillon. Lyson Rochemir est au volant. Romain Bouvier en descend.
Selon le témoignage de Hegarty, Bouvier échange quelques mots avec l’Argentin, puis sort un pistolet de collection de calibre 22 Short. Quatre coups partent. Deux atteignent Aramburú.
Hegarty ne réalise pas. Il décrit un phénomène de dissociation, l’impression de vivre la scène au ralenti, l’incapacité à croire que les balles sont réelles. Elles le sont.
Dix coups de feu en une minute
Bouvier s’éloigne. Le Priol arrive à pied. Une nouvelle lutte s’engage avec un homme déjà blessé, qui tombe, se relève, retombe.
Toujours selon le récit du témoin, il sort à son tour un revolver de collection et tire à très courte distance. L’Argentin s’effondre contre une poubelle, puis sur la chaussée.
Dix coups auront été tirés en une minute, au petit matin d’une fin d’hiver parisien. Six sortent de l’arme de Le Priol, quatre atteignent leur cible.
Un riverain, réveillé par les cris, a raconté la scène à L’Équipe dès avril 2022. Il situe le pic de la bagarre vers 5 h 55 et décrit des hurlements, des insultes, et beaucoup de fenêtres qui s’ouvrent malgré l’heure.
C’est en voyant son ami cracher du sang que le cerveau de Hegarty, dit-il, « reconnecte » avec la réalité. Trop tard.
Federico Martín Aramburú a alors le temps de prononcer une dernière phrase : « Appelle la police, je vais mourir. » Il meurt dans les bras de son ami, sur le trottoir.
Qui était vraiment « Fede »
Celui qui meurt là n’est pas un anonyme. Né le 20 janvier 1980 à La Plata, il a porté vingt-deux fois le maillot des Pumas entre 2004 et 2009, pour huit essais et quarante points.
En France, il a laissé une trace nette. Arrivé au Biarritz olympique en 2004, il y décroche deux titres de champion de France, en 2005 et 2006, et une finale de Coupe d’Europe en 2006.
Puis l’USA Perpignan, l’US Dax, les Glasgow Warriors, et un dernier tour de piste dans son club d’origine argentin, San Isidro. À la Coupe du monde 2007, il inscrit un essai contre la Géorgie, puis un autre contre la France en petite finale, que l’Argentine remporte.
Sa reconversion, il la fait au Pays basque, avec cette société de tourisme montée avec un ancien coéquipier. En 2015, il devient même président des socios du Biarritz olympique, avant de démissionner en 2018 après l’éviction de Nicolas Brusque.
Un an après sa mort, ses proches, des élus et une bonne partie du rugby français se sont rassemblés sur les lieux du drame : Serge Blanco, Thierry Dusautoir, Imanol Harinordoquy, Damien Traille, Thomas Lièvremont, Gonzalo Quesada. Et Shaun Hegarty.
Trois jours de cavale, une frontière ukrainienne
Retour à mars 2022. Après les coups de feu, la police identifie très vite les suspects, grâce à des témoins et à la vidéosurveillance du quartier.
La conductrice de la Jeep est interpellée dès les premières heures. Mise en examen pour complicité d’assassinat, elle est écrouée, puis remise en liberté sous contrôle judiciaire en décembre 2022, après neuf mois de détention provisoire.
Romain Bouvier, lui, se cache plusieurs jours dans un hôtel à Sablé-sur-Sarthe. Il est interpellé le 23 mars 2022 par la BRI de Nantes, puis mis en examen et incarcéré à la prison de la Santé.
Le troisième, lui, a mis le cap à l’est. Sa cavale s’achève dans la nuit du 22 au 23 mars, à la frontière hongro-ukrainienne, au niveau du village de Záhony.
Dans sa voiture, les policiers hongrois trouvent trois couteaux, un gilet pare-balles et un casque. En garde à vue, il explique avoir une formation militaire et vouloir aller combattre en Ukraine.
Le 31 mars, il atterrit à Paris-Charles-de-Gaulle. Présenté à la juge d’instruction lors d’une audience à huis clos, il est mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire, en raison d’un risque de « réitération ».
Ce que les perquisitions ont sorti des placards
Les fouilles, elles, dessinent un autre décor. Selon L’Équipe, dont Infobae a relayé les informations, les enquêteurs récupèrent un revolver à poudre noire que Loïk Le Priol avait dissimulé du côté du pont Alexandre-III, à quelques rues du Mabillon.
Chez Romain Bouvier, toujours selon L’Équipe relayée par Infobae, la brigade criminelle met la main sur plusieurs armes anciennes, un gilet pare-balles siglé Police, une statuette d’Adolf Hitler et un exemplaire de Mein Kampf.
Une perquisition menée dans un appartement des beaux quartiers parisiens livre, selon France Inter cité par ICI, des revolvers, une carabine, un fusil à pompe, des centaines de munitions et un gilet pare-balles police.
Un détail administratif rend l’ensemble encore plus vertigineux. Ce soir-là, les deux hommes étaient sous contrôle judiciaire. Avec, notamment, l’interdiction de se rencontrer.
Ils étaient pourtant attablés côte à côte, à la terrasse d’un bar de Saint-Germain-des-Prés, à six heures du matin. Avec une arme à la ceinture pour l’un.
Deux hommes fichés S, déjà connus de la justice, rappelait franceinfo au premier jour du procès. Ce n’est pas un détail de contexte : c’est le cœur du dossier.
L’ancien commando : le Mali, Djibouti, et des zones d’ombre
Car l’homme qui lance « je suis des forces spéciales » ne bluffe pas. Engagé à l’École des mousses en 2010, affecté chez les fusiliers marins, il réussit le stage commando et rejoint le commando de Montfort.
À partir de 2013, il participe à des opérations extérieures au Mali. Ses combats lui valent deux citations, la Croix de la Valeur militaire, la Médaille d’Outre-Mer et la Médaille de la Défense nationale.
Puis la mécanique se grippe. Deux sanctions disciplinaires en 2014 et 2015, un casier qui mentionne déjà une condamnation pour violences en 2013.
Il est rapatrié en 2015. Politis rappelle que des médecins militaires, cités par Le Monde, évoquent un rapatriement « en raison d’un état de stress post-traumatique sévère ».
La même année, une autre affaire remonte. Politis indique qu’une enquête pour violences volontaires a visé le militaire après la plainte d’une travailleuse du sexe, qui l’accusait de l’avoir étranglée et frappée le 5 juin 2015 à Arta, à Djibouti, avec un autre membre des forces spéciales.
Selon Politis, l’armée avait alors réglé l’affaire par un versement de 350 000 francs de Djibouti à la plaignante. L’intéressé a été renvoyé de l’armée en 2017, après un long arrêt maladie.
La vidéo de 2015 que la justice a fini par regarder
Le 8 octobre 2015, à Paris, un autre épisode bascule dans l’horreur. Avec quatre autres hommes, Loïk Le Priol humilie, tabasse et menace de mort Édouard Klein, ancien président du GUD.
La scène est filmée. Par lui. On l’y voit déshabiller la victime, la frapper, brandir un couteau et la menacer de la sodomiser.
Mis en examen et écroué, il ressort au bout de dix jours contre une caution de 25 000 euros. Le procès, maintes fois reporté, ne s’ouvrira que le 1er juin 2022 — soit deux mois et demi après la nuit du Mabillon.
Le 29 juin 2022, il écope de quatre ans de prison dont deux fermes. Parmi ses complices condamnés ce jour-là : Romain Bouvier, cinq ans dont trois avec sursis.
Entre-temps, les deux hommes ont partagé bien plus. En février 2015, ivres, ils avaient agressé au poing américain et au gaz lacrymogène deux jeunes de 19 ans qui se photographiaient devant une Jeep. En octobre 2020, on les retrouve tous les deux au volant d’un véhicule de l’avant blindé dans le clip La Zone du rappeur Ninho.
Leur univers, c’est celui du GUD, groupuscule au rat noir et à la croix celtique, dissous par le gouvernement le 26 juin 2024. Un décor que l’avocat des parties civiles, lui, refuse de laisser au second plan.
Quatre ans de procédure, une cassation, un renvoi
Il aura fallu attendre. Longtemps. En août 2024, le parquet de Paris requiert un procès pour assassinat contre les deux tireurs présumés.
Deux autres personnes sont visées : la conductrice de la Jeep, pour complicité, et un ami de Bouvier, soupçonné de l’avoir aidé pendant sa cavale, d’avoir détruit ses vêtements et l’arme du crime.
Un arrêt d’appel est ensuite cassé par la Cour de cassation, en raison de contradictions relatives aux incriminations. Le dossier repart pour un tour.
En septembre 2025, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris tranche : assises pour tout le monde, en septembre 2026. Assassinat pour l’un, tentative d’assassinat pour l’autre.
La justice a fini par considérer qu’il n’y avait pas de « dessein criminel commun » entre tous les accusés. C’est ce mot-là, en creux, que trois semaines d’audience vont interroger.
Lundi, la veuve s’est caché le visage
Lundi 7 septembre, ils étaient tous là. Le père de Federico est venu spécialement d’Argentine, avec la veuve de la victime. Très émue, elle n’a pas souhaité s’exprimer.
France 3 décrit une femme submergée par l’émotion, se cachant le visage face au box. Dans la salle, le député des Pyrénées-Atlantiques Peio Dufau était venu soutenir la famille.
Me Yann Le Bras, avocat de la famille, a résumé l’enjeu en une phrase : « C’est une veuve qui élève trois enfants mineurs. Ce qui s’est passé ce soir-là et qui va être jugé par la cour d’assises, la ramène à la terrible tragédie qu’elle vit. »
Dans le box, deux hommes : 32 ans pour le premier, 35 ans pour le second. À la barre, deux autres accusés comparaissent libres, soupçonnés d’avoir dissimulé des preuves et fourni une aide logistique pendant la cavale.
Romain Bouvier a contesté, debout, le torse tourné vers la cour : « Je conteste totalement les faits. » Puis : « Je n’ai jamais voulu le tuer, même pas le blesser. Je n’aurais pas dû avoir cette arme chargée dans ma poche. Je reconnais en avoir fait usage sur la voie publique à quatre reprises. »
Il a expliqué avoir voulu tirer au sol pour s’enfuir, persuadé d’être poursuivi. Et il a conclu, la voix tremblante : « Depuis cette catastrophe, je pense tous les jours à Federico Aramburu, à sa famille. »
« Je ne cesserai jamais de demander pardon »
Vient le tour du principal accusé. Il reconnaît avoir tiré. Il conteste la préméditation.
« Je suis l’auteur de la mort de Federico, mais j’ai toujours expliqué avoir tiré pour me défendre », lâche-t-il devant la cour.
Puis : « La cour décidera si ma défense était légitime. Quelle que soit sa décision, c’est à vie que je serai condamné à porter ce drame immense. » Et cette dernière phrase, tenue devant la famille : « Je ne cesserai jamais de demander pardon à la famille. »
À quelques mètres, Shaun Hegarty prenait des notes. Beaucoup de notes. Il tournait et retournait sa feuille, relevait parfois le stylo, puis la tête, en direction du box.
Sur le papier, l’homme au box est un accusé repentant qui plaide la légitime défense. Sauf que le dossier contient un autre son. Enregistré nulle part, mais entendu par un témoin en uniforme.
22 mai 2023 : un surveillant fait sa ronde
Nous sommes en détention provisoire, un an après les faits. Le 22 mai 2023, un surveillant de l’administration pénitentiaire passe devant une cellule au cours de sa ronde.
Derrière la porte, un détenu parle au téléphone. Enjoué. Il évoque la nuit du boulevard Saint-Germain, non pas comme un cauchemar, mais comme un souvenir.
Le témoignage de ce surveillant figure au dossier, rapporte Politis, qui l’oppose frontalement à l’argument de la légitime défense. Ce que l’agent dit avoir entendu tient en une phrase.
« Ce que j’ai préféré, ce sont les quatre dernières bastos que je lui ai mises dans le buffet. »
Quatre mots plus tard, tout le récit de l’homme courtois en chemise bleu ciel se retrouve suspendu à la crédibilité d’un gardien de prison. Libération, qui a consacré une série au dossier début septembre, a fait de cette phrase le titre de son premier épisode.
Ce que la cour va devoir trancher
Me Yann Le Bras, lui, a déjà planté son raisonnement dans Politis : « Je pense qu’en tirant six balles en quatre secondes, dont trois dans le dos, Loïk Le Priol a vite pris conscience du niveau de peine qu’il encourait, situé sur le haut du spectre. »
L’avocat rappelle aussi ce que le box tente de faire oublier : un casier déjà chargé, et un contrôle judiciaire interdisant à la fois le contact avec Romain Bouvier et le port d’une arme.
Les deux hommes encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Tous les accusés demeurent présumés innocents jusqu’au verdict, attendu à l’issue de trois semaines d’audience.
Shaun Hegarty, partie civile, doit être entendu. La compagne de Le Priol à l’époque des faits aussi. Chacun devra raconter sa version de cette nuit-là, minute par minute.
À Biarritz, la mémoire, elle, ne dépend pas d’un verdict. Une fresque retraçant la vie de Federico Martín Aramburú a été inaugurée rue du Centre en juillet 2023, à deux pas des halles.
Chaque année, ses anciens partenaires de l’équipe vétéran Archiball Côte basque disputent un match commémoratif en son honneur, la veille des fêtes de San Fermín à Pampelune.
Il avait 42 ans, une femme, trois enfants et une société qui venait enfin de décrocher ses contrats. Il était monté à Paris pour voir un match de rugby.