Deux randonneurs frappés par la foudre à 2 700 mètres sur le GR10, pronostic vital réservé

Un orage éclair, deux vies suspendues. Sur le GR10, à 2 700 mètres d’altitude, deux randonneurs de 14 et 21 ans ont été frappés par la foudre près de Cauterets, dans les Hautes-Pyrénées. Leur état de santé, lundi soir, restait extrêmement préoccupant. On vous raconte comment les secours ont réussi à les sortir de là.
Un orage surgi de nulle part en haute montagne
Le GR10 traverse les Pyrénées d’un bout à l’autre, entre panoramas vertigineux et sentiers exposés. C’est justement cette exposition qui a piégé les deux randonneurs, victimes d’un phénomène météo redoutable en altitude : l’orage qui se forme en quelques minutes, sans prévenir. Ce jour-là, près de Cauterets, le ciel a basculé alors qu’ils évoluaient à 2 700 mètres, loin de tout abri.
Ce genre de phénomène météo brutal n’est pas propre aux Pyrénées : partout en France, la météo peut se dégrader en un temps record, y compris quand le ciel semblait calme au départ de la balade.
En montagne, le relief accélère la formation des cellules orageuses, et le temps qui se gâte devient un vrai piège pour les randonneurs.
Les secours ont dû composer avec cette instabilité pour intervenir, dans une course contre la montre où chaque minute comptait pour les deux victimes, restées seules face à l’orage sur un terrain sans aucun abri naturel à proximité.
Une évacuation menée dans un créneau météo minuscule
C’est le Major Jean-Michel Rodé, commandant adjoint du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Pierrefitte-Nestalas, qui a détaillé l’opération auprès de TF1. Selon lui, les secours ont profité d’une fenêtre météo « relativement courte » pour agir vite.
« À la faveur d’un créneau météo qui a été relativement court, ils ont réussi à faire les premiers soins et à embarquer rapidement les deux victimes à bord de l’hélicoptère pour les évacuer directement sur l’hôpital de Tarbes », explique-t-il. Une intervention chronométrée, menée dans des conditions extrêmes, où le moindre retard aurait pu tout changer pour les deux randonneurs de 14 et 21 ans.
Ce type d’intervention d’urgence illustre la réactivité nécessaire des équipes du PGHM face aux dangers de la haute montagne. Une fois héliportés, les deux blessés ont été transférés directement vers l’hôpital de Tarbes, où l’équipe médicale a pris le relais pour évaluer l’étendue des dégâts causés par la décharge électrique.
Un choc d’une violence rare, qui peut affecter le cœur, les organes internes et le système nerveux en quelques fractions de seconde, sans laisser de marge d’erreur.

Un pronostic réservé et un rappel qui tombe à pic
À l’hôpital de Tarbes, le suspense reste entier. Lundi soir, le pronostic vital des deux randonneurs était qualifié de « réservé » par les médecins, qui attendaient de nouveaux examens avant de pouvoir se prononcer sur leur état de santé réel. Un silence médical lourd, qui traduit la gravité de la situation plus que n’importe quel bulletin officiel.
Cette hospitalisation en urgence relance un rappel essentiel pour tous les amateurs de randonnée : en altitude, les orages peuvent se former extrêmement vite, même quand le temps paraît stable au départ. Les autorités recommandent systématiquement de consulter les bulletins météo spécialisés avant toute sortie en montagne, et de renoncer sans hésiter si les prévisions annoncent une instabilité, même minime.
Le département des Hautes-Pyrénées mène justement cet été une campagne de prévention sur les dangers liés aux activités en altitude. Un timing qui résonne particulièrement fort après ce drame survenu sur le GR10, sentier pourtant très fréquenté chaque année par des milliers de marcheurs venus chercher l’air pur des sommets.
Deux jeunes vies suspendues à un éclair, en plein cœur de l’été. L’histoire rappelle une évidence trop souvent oubliée sur les sentiers d’altitude : la montagne ne prévient jamais vraiment avant de frapper. Vérifiez la météo avant de partir, ça peut tout changer.