« Je l’ai vue se transformer en lézard » : il tue une femme de 84 ans, mais trois psychiatres écartent la folie

Un homme de 57 ans vient d’être condamné par la cour d’assises de l’Isère pour avoir tué une femme de 84 ans. À la barre, il a juré l’avoir vue « se transformer en lézard ». Un récit digne d’un film de série B, sauf que la victime, elle, est bien réelle. Et ce que trois psychiatres ont conclu sur son état mental change la lecture du dossier.
Aux Avenières, un aveu lâché un soir de décembre 2022
Tout commence le 10 décembre 2022, aux Avenières-Veyrins-Thuellin, en Isère. Ce soir-là, Michel Segur, ancien menuisier, sonne chez une amie prénommée Catherine. Il n’a pas l’air d’aller bien. Il annonce qu’il vient de tuer sa voisine.
Catherine, 72 ans, a raconté la scène à l’audience, selon Le Dauphiné Libéré. « Il avait les yeux qui sortaient de la tête, il était comme possédé. Je ne l’avais jamais vu comme ça », a-t-elle expliqué aux jurés.
Puis vient l’explication, aussi glaçante que déroutante. L’homme lui aurait dit que la victime était une reptilienne. Selon son récit, ces créatures prendraient possession du corps des humains, et il fallait les éliminer.
Il aurait même ajouté qu’il avait dû s’y prendre à plusieurs reprises, parce que « les reptiliens étaient coriaces ». Une phrase que Catherine n’est pas près d’oublier. Dans ce genre de dossier, les mots rapportés par les témoins pèsent lourd, et ceux-là ont marqué toute l’audience.
Dans le même registre, on se souvient de cette caméra restée allumée à Carcassonne, qui avait piégé un policier municipal en pleine dérive verbale. Ici, l’affaire va plus loin encore. Mais que s’est-il passé exactement chez la voisine, cette nuit-là ?
Une cuisine, une infirmière et 15 côtes fracturées
Le lendemain matin, c’est une infirmière qui découvre le corps sans vie d’Edwige Bonnet, 84 ans, dans la cuisine de son logement. Aucune mise en scène n’était nécessaire pour comprendre qu’il s’agissait d’une mort violente.
L’autopsie, rapportée par Le Dauphiné Libéré, parle d’elle-même. Elle a relevé des ecchymoses et 15 côtes fracturées. Elle a conclu à une asphyxie mécanique par strangulation comme cause du décès.
Face à ces constats, l’accusé a exprimé des regrets à la barre. Il a pourtant soutenu ne pas se souvenir de l’intégralité de ses actes. Une mémoire qui flanche, un récit qui se fige sur une image : celle d’une vieille dame qui deviendrait un lézard.
Il a assuré avoir vu sa victime « se transformer en lézard » et lui avoir écrasé le cou avec son pied. Des détails que l’on reproduit sobrement, car ils disent surtout l’ampleur de la violence subie par une personne âgée et seule chez elle.
Comme dans certaines enquêtes qui rebondissent sur un détail longtemps ignoré, l’affaire Dupont de Ligonnès et sa possible sixième victime rappelle que la vérité judiciaire se joue souvent dans les marges du dossier. Ici, c’est le quotidien de l’accusé qui a livré les clés. Et il n’avait rien d’une vie réglée.
Les enquêteurs ont mis au jour une consommation massive d’alcool. Ils ont aussi relevé un visionnage compulsif de contenus complotistes sur Internet, nuit après nuit. Reste à savoir ce que les experts en ont déduit.

Trois psychiatres, un verdict inattendu sur son état mental
Face à un homme qui voit des lézards, on pense spontanément à la folie. C’est précisément la question que se sont posée les experts durant l’instruction. Et ils ne se sont pas contentés d’un avis : trois psychiatres ont été consultés.
Leur conclusion, rapportée par Le Dauphiné Libéré, est nette. Ils ont écarté l’existence d’une maladie mentale. Ce qu’ils retiennent uniquement, c’est un trouble sévère lié à l’usage d’alcool.
Autrement dit, la « reptilienne » ne serait pas le symptôme d’une pathologie psychiatrique identifiée. Elle s’inscrirait dans un tableau fait d’alcool et de théories du complot ingurgitées en boucle. L’accusé reste donc pénalement responsable de ses actes, ce qui change tout au procès.
À l’audience, l’avocat général Jean-Eudes Savatier n’a pas ménagé l’accusé. Il a fustigé des « explications affligeantes » et dénoncé « un acte d’une gratuité totale ». Selon lui, aucune logique ne pouvait habiller un tel geste.
Il a requis 25 ans de réclusion criminelle, assortis de dix ans de suivi sociojudiciaire. Une réquisition lourde, à la hauteur de ce qu’il décrivait comme un meurtre sur une personne particulièrement vulnérable.
La vulnérabilité, justement, est au cœur du verdict. Michel Segur a été reconnu coupable de meurtre sur une personne vulnérable. Une victime de 84 ans, seule dans sa cuisine, face à un voisin hors de lui. La question de la peine restait ouverte jusqu’au dernier moment.
20 ans de réclusion et cinq ans de suivi : ce que la sentence change
Vendredi 2 octobre, la cour d’assises de l’Isère a rendu sa décision. L’accusé est condamné à 20 ans de réclusion criminelle, soit cinq ans de moins que les réquisitions. À cela s’ajoute un suivi sociojudiciaire de cinq ans.
Ce suivi comprend une injonction de soins. Concrètement, une fois sa peine purgée, l’homme devra se soigner sous contrôle de la justice. C’est un point important : les experts ont pointé son rapport à l’alcool, et la peine en tient compte.
Reste la question de fond que pose ce dossier : jusqu’où une dérive en ligne peut-elle nourrir un passage à l’acte ? Les théories du complot ne tuent pas à elles seules. Mais mêlées à l’alcool et à l’isolement, elles peuvent construire un monde où un voisin devient une menace. Les jurés n’ont pas eu à trancher ce débat de société, seulement un meurtre.
Les rumeurs les plus folles circulent aussi chez les personnalités, comme le montre le cas de Brigitte Macron face aux théories complotistes. La plupart restent des histoires virales. Parfois, une obsession en ligne finit dans un box d’assises.
Autre terrain où l’imaginaire déborde : les prédictions de Nostradamus et Baba Vanga, que certains lisent comme des vérités cachées. Ici, aucune prophétie, seulement une famille endeuillée. C’est elle, avant tout, que cette condamnation vise à reconnaître.
Michel Segur peut-il contester la peine ? La source n’en dit rien, et il serait imprudent de l’affirmer. Ce que l’on sait, c’est que la justice a tranché sur la base de trois expertises concordantes, pas d’un récit de lézard.
Une chose reste, plus durable que le verdict : une octogénaire est morte chez elle, et personne n’a pu l’en empêcher. Les mots « reptilienne » et « lézard » resteront dans les comptes rendus d’audience. Edwige Bonnet, elle, n’avait rien d’autre qu’une cuisine et un voisin.
Un « lézard » devant les jurés, mais pas de folie reconnue : voilà ce qui rend cette affaire si dérangeante, et cette peine si scrutée. Les théories qui cherchent des monstres cachés dans les voisins finissent parfois par en fabriquer un.
Et si vous aimez comprendre ce qui se cache derrière nos habitudes, la manie secrète de ces 3 signes qui rend leur entourage dingue vous fera sourire. Pour finir sur une autre promesse intrigante, la révélation que fin novembre réserve à trois signes pourrait bien vous retenir encore un peu.