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« Maintenant, tu vas te sentir beaucoup mieux » : l’infirmier qui empoisonnait ses patients pour jouer les héros

Publié par Cassandre le 27 Juil 2026 à 17:51
Patient âgé effrayé dans un lit d'hôpital la nuit

Un homme corpulent, barbu, en blouse blanche, entre dans une chambre d’hôpital au milieu de la nuit. Il rassure le patient, sort une seringue, et murmure une phrase presque tendre avant d’injecter un produit inconnu dans la perfusion. Ce n’est pas une scène de film d’horreur : c’est ce qu’a vécu Gerolamo Kucich, 73 ans, dans un hôpital de Long Island en 1987. Ce que cet infirmier cherchait vraiment cette nuit-là dépasse l’entendement.

Une nuit de cauchemar au Good Samaritan Hospital

Le 11 octobre 1987, Gerolamo Kucich est hospitalisé pour des douleurs thoraciques au Good Samaritan Hospital, à West Islip, dans l’État de New York. Cet homme d’origine yougoslave, âgé de 73 ans, pense passer une nuit tranquille sous surveillance médicale. C’est loin d’être le cas.

Il est réveillé par la présence d’un infirmier dans sa chambre, un homme barbu et costaud, qui lui demande poliment comment il se sent. La suite, il la racontera deux ans plus tard devant la justice, comme le rapporte le New York Times. L’homme ouvre sa blouse, en sort ce qui ressemble à un stylo, et lui glisse : « Maintenant, tu vas te sentir beaucoup mieux. »

Une aiguille est insérée dans la perfusion. Presque aussitôt, Gerolamo Kucich sent un liquide froid envahir son corps. Ses muscles se paralysent un par un. Il se sent, dit-il, « comme mort ». C’est le journaliste Tristan Vey qui a documenté cette affaire glaçante, l’une des plus troublantes de l’histoire criminelle médicale américaine, à retrouver dans les archives du Figaro Santé.

Le geste in extremis qui change tout

Paralysé, incapable de bouger le moindre membre, le vieil homme parvient malgré tout à actionner un dernier réflexe : appuyer sur le bouton d’appel d’urgence fixé près de son lit. Un geste minuscule, presque impossible dans son état, mais qui va tout faire basculer.

Une infirmière à temps partiel, Lauren Ball, répond la première à l’alerte. Elle se précipite dans la chambre et découvre un patient à peine conscient, incapable de parler normalement, mais qui tente désespérément de lui faire comprendre ce qui vient de se produire.

Ce que cette infirmière va découvrir dans les minutes suivantes va révéler l’ampleur d’un scandale qui dépasse largement cette seule chambre d’hôpital. Car l’homme barbu qui vient de quitter les lieux n’en est visiblement pas à sa première tentative, et son mobile est aussi simple que terrifiant : il veut jouer les sauveurs.

Main appuyant sur un bouton d'appel d'urgence hospitalier

Devenir un héros en semant la mort

L’infirmier arrêté s’appelle Richard Angelo. Son mode opératoire, une fois reconstitué par les enquêteurs, glace le sang : il injectait à ses patients des médicaments dérivés du curare, des substances utilisées normalement en anesthésie pour paralyser les muscles. L’objectif n’était pas de tuer directement, mais de provoquer un arrêt cardiaque ou respiratoire pour ensuite intervenir et réanimer sa victime devant témoins.

Le calcul est aussi glaçant que méthodique. En provoquant artificiellement une urgence vitale, Richard Angelo s’offrait la scène parfaite pour incarner le soignant héroïque, celui qui sauve une vie in extremis sous le regard admiratif de ses collègues. Sauf que le procédé, par nature imprévisible, a fini par tuer plusieurs patients au lieu de simplement les mettre en danger.

L’affaire, une fois éclatée au grand jour, a profondément marqué le milieu hospitalier américain. Elle illustre un cas rare mais documenté de ce que les experts appellent le « syndrome du sauveur », une dérive où le besoin de reconnaissance pousse un soignant à créer artificiellement les conditions d’un exploit. Ce principe fondateur de la médecine, « d’abord ne pas nuire », a rarement été trahi de manière aussi calculée.

Pour accéder à l’intégralité de cette enquête et à d’autres récits sur les dérives les plus sombres de la médecine, il est possible de se connecter à son compte abonné.

Cette histoire rappelle une vérité dérangeante : parfois, le monstre ne se cache pas dans l’ombre, il porte une blouse blanche et un badge. Combien d’autres Richard Angelo ont-ils existé sans jamais être démasqués ?

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