Enlevée en pleine nuit chez elle, la journaliste Roxana Guzman retrouvée morte au Mexique

Une porte défoncée à coups de masse, un homme armé qui achève le travail à coups de pied, puis plus rien. La vidéo de 35 secondes qui a choqué tout le Mexique s’arrête net, comme la vie de Roxana Guzman.
Directrice d’un média local dans l’État de Veracruz, elle avait été enlevée mi-juin directement chez elle. Son corps vient d’être retrouvé, mettant fin à des semaines d’attente insoutenable pour sa famille et ses confrères.
Une vidéo de 35 secondes qui a tout changé
Tout commence par des images. Une caméra de surveillance capte la scène : deux hommes cagoulés s’en prennent à la porte du domicile de la journaliste en pleine nuit.
Le premier frappe au marteau, méthodiquement, jusqu’à faire céder le bois. Le second, une arme à la main, termine le travail à coups de pied avant de pénétrer dans la maison.
La vidéo, largement partagée sur les réseaux sociaux mexicains, s’interrompt à cet instant précis. Personne n’avait alors revu Roxana Guzman vivante.
Le verdict tombe en pleine nuit

Le parquet régional de Veracruz a mis fin au suspense dans un communiqué nocturne. Les expertises menées sur un corps découvert dans une maison ont confirmé l’irréparable.
Ce corps « correspondait à celui de la journaliste », a précisé l’institution. Une phrase sobre pour clore une enquête qui a mobilisé les autorités fédérales pendant plusieurs semaines.
Face à l’ampleur de l’émoi suscité par l’enlèvement, le dossier avait été retiré au parquet régional et confié au parquet fédéral, signe de la gravité accordée à l’affaire.

Des policiers municipaux dans le coup
L’enquête a débouché sur l’arrestation de huit personnes, toutes poursuivies pour homicide. Parmi elles, un détail glace particulièrement l’opinion publique mexicaine.
Quatre policiers municipaux figurent parmi les suspects. Selon le parquet, ils « fournissaient des ressources, de la nourriture et un soutien logistique aux opérations du groupe criminel » responsable de l’enlèvement.
Des forces de l’ordre censées protéger la population, complices présumées d’un groupe criminel qui s’en est pris à une journaliste. L’affaire illustre une réalité que dénoncent depuis des années les organisations de défense de la presse dans la région.
Le Veracruz, un État où la presse paie le prix fort
Ce n’est pas un cas isolé. Le Veracruz figure parmi les États mexicains où l’on recense le plus grand nombre de crimes visant des journalistes.
En juin déjà, un spécialiste des faits divers, Luis Angel Lopez Valdez, avait été abattu à bord d’un taxi. Deux meurtres de journalistes en l’espace de quelques semaines, dans le même État.
Cette accumulation de violences interroge sur la capacité réelle des institutions locales à garantir la sécurité de ceux qui informent. Reste à savoir si les autorités fédérales, désormais en charge du dossier, parviendront à faire toute la lumière sur les commanditaires.

Les réactions internationales se multiplient
Le Rapporteur spécial pour la liberté d’expression de la Commission interaméricaine des droits de l’Homme a réagi rapidement sur X. Il a condamné ce crime et appelé à « poursuivre les investigations » jusqu’à identifier tous les responsables.
De son côté, Reporters sans frontières a publié un communiqué sévère. L’organisation dénonce « l’incapacité des autorités à protéger la presse », un constat qui résonne bien au-delà des frontières mexicaines.
Ce genre de drame rappelle à quel point l’actualité internationale peut parfois basculer dans l’horreur la plus crue, loin des faits divers plus légers qui occupent habituellement les colonnes. D’autres affaires, comme celle de cette fillette retrouvée sur une plage espagnole après un an de disparition, montrent que les histoires les plus marquantes ne sont pas toujours celles qu’on attend.
Une enquête qui ne fait que commencer
Si huit personnes ont déjà été interpellées, les enquêteurs cherchent désormais à remonter la chaîne de commandement. Qui a ordonné l’enlèvement ? Pourquoi Roxana Guzman en particulier ?
Ces questions restent pour l’instant sans réponse officielle. Le transfert du dossier au parquet fédéral laisse espérer des moyens d’investigation plus poussés que ceux dont disposait initialement le parquet régional.
En attendant, la mort de la journaliste s’ajoute à une liste déjà longue de professionnels des médias tués au Mexique ces dernières années, rappelant que dans certaines régions du pays, informer reste un métier à haut risque.