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Cette Peugeot échappe aux douaniers sur la route d’Andorre : ils découvrent enfin son énorme chargement

Publié par Cassandre Jolivet le 03 Nov 2026 à 16:40
616,9 litres de vodka, whisky et rhum dans une Peugeot abandonnée : la fuite des douaniers aux Bésines

Les routes entre l’Andorre et la France, les douaniers les connaissent par cœur. Dimanche 1er novembre 2026, l’une d’elles a viré à la course-poursuite, sans témoin et sans conducteur au bout. Une Peugeot, un chauffeur évaporé et un coffre qui en disait long : voici ce que les agents ont fini par trouver à l’intérieur.

Une soirée agitée près du Pas de la Case

Tout commence près du Pas de la Case, ce point de passage bien connu entre Andorre et France. Ce soir-là, les agents de la Brigade de Surveillance Extérieure (BSE) de Porta sont en poste. Ils ne sont pas là par hasard : les douaniers des Pyrénées-Orientales multiplient les opérations sur l’alcool depuis plusieurs semaines.

Selon la Direction régionale des douanes de Perpignan, les agents ont « repéré en provenance de l’Andorre un véhicule immatriculé en France ». Un détail attire aussitôt leur attention. La voiture paraît « lourdement chargée » après avoir franchi la frontière.

Un véhicule qui s’affaisse sur ses suspensions, ce n’est pas anodin dans cette zone. Les agents l’observent, puis décident de passer à l’action. Ils tentent de le contrôler.

C’est là que tout bascule, d’après le communiqué des douanes. Le conducteur, visiblement conscient de ce qu’il transportait, n’a pas du tout l’intention de s’arrêter. Et ce n’est que le début de l’histoire, car d’autres contrôles de nuit ont déjà réservé de belles surprises aux gendarmes.

Mais où est passée la Peugeot ? Les douaniers, eux, savaient qu’elle ne pouvait pas aller bien loin.

La fuite, l’Ariège et un parking désert

Quand le chauffeur refuse le contrôle, il prend la fuite. Les agents perdent la voiture de vue, mais pas sa piste. Quelques kilomètres plus loin, dans le département voisin de l’Ariège, la Peugeot réapparaît.

Elle est accidentée, sur le parking des Bésines. Et surtout, elle est abandonnée de tout occupant, selon le communiqué de la Direction régionale des douanes. Le conducteur a disparu dans la nature, sans demander son reste.

Ce scénario n’a rien d’exceptionnel dans le monde des contrebandiers. Quand la fuite tourne mal, on laisse tout derrière soi et on espère ne pas être reconnu. Reste que le véhicule, lui, parle à la place de son propriétaire.

Les agents s’approchent de la voiture accidentée. Il arrive parfois qu’un simple détail change toute une affaire, et ici, il suffisait d’ouvrir une portière. Dans l’habitacle, la suspicion des douaniers se confirme au-delà de leurs attentes.

Selon la source, l’intérieur de la Peugeot contenait 616,9 litres d’alcool, « principalement de la vodka, du whisky et du rhum ». Une cargaison impressionnante pour une simple voiture de tourisme. Mais la vraie question, c’est ce que cette cargaison représentait pour le fisc.

Mains gantées d'un douanier inspectant des caisses de bouteilles dans un coffre

12 380 euros d’alcool et 8 000 euros de droits éludés

Pour comprendre l’ampleur de la prise, il faut regarder du côté de Bercy et de ses signaux d’alerte, tant la logique est la même : l’argent public qui s’évapore. Ici, les chiffres du communiqué sont parlants.

La valeur marchande de l’alcool saisi est estimée à 12 380 euros. C’est le prix d’une petite voiture d’occasion, entassé dans les sièges et le coffre d’une Peugeot. De quoi comprendre pourquoi le conducteur a préféré s’enfuir plutôt que de s’expliquer.

Mais le chiffre le plus parlant est ailleurs. Cette importation illégale aurait compromis près de 8 000 euros de droits de douane, toujours d’après la Direction régionale des douanes de Perpignan. Autrement dit, une grosse part de l’intérêt du trafic réside dans l’argent que l’on ne paie pas.

Le trafic a finalement été avorté grâce à l’intervention des agents frontaliers. La Direction régionale des douanes de Perpignan s’en est félicitée : « Cette intervention illustre l’efficacité du ciblage douanier et la réactivité des agents dans la lutte contre les trafics illicites. »

Voilà donc la réponse : une Peugeot chargée de 616,9 litres de vodka, de whisky et de rhum, abandonnée accidentée en Ariège, pour une valeur de 12 380 euros. Reste un mystère entier : qui conduisait ? La source ne le dit pas, et aucune interpellation n’est mentionnée à ce stade.

Une série de saisies qui n’est pas près de s’arrêter

Cette prise n’est pas un cas isolé. Fin septembre, 550 litres d’alcool avaient déjà été interceptés, en trois jours d’intervalle, à la frontière France-Andorre, à la suite d’opérations de contrôle. Le rythme des saisies montre une pression constante sur cet axe.

Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, avait alors déclaré avoir « demandé aux douanes et à la gendarmerie de renforcer leur présence dissuasive et leur articulation, pour venir à bout de ces trafics ». Le message était clair : la frontière allait être surveillée de plus près.

Ce renforcement semble produire ses effets, si l’on en croit le communiqué des douanes. Les agents de la BSE de Porta ont repéré la voiture parce qu’elle était trop chargée, un indice que les contrebandiers ne peuvent pas toujours masquer. Les règles qui encadrent les échanges d’argent et de marchandises rendent d’ailleurs ces trafics de plus en plus risqués.

Ce type de trafic transfrontalier est loin d’être anodin. Entre les droits de douane éludés et la valeur de la marchandise, les montants en jeu attirent. Et quand l’enjeu dépasse 12 000 euros, certains sont prêts à tout abandonner sur un parking pour ne pas être identifiés. Certaines affaires refont surface bien plus tard, et celle-ci pourrait connaître une suite si l’enquête identifie le conducteur.

Une chose est sûre : les douaniers des Pyrénées-Orientales ne comptent pas relâcher la pression. Reste à savoir si les trafiquants, eux, changeront de route.

616,9 litres, une Peugeot abandonnée et un conducteur envolé : la frontière andorrane n’a pas fini de faire parler d’elle. Et si vous pensiez que seuls les trafiquants se faisaient rattraper par les taxes, ce qui attend bientôt chaque colis venu de Chine pourrait vous faire changer d’avis. Autre histoire, autre piège : le roi de Chicago, lui, n’a pas été rattrapé par la police mais par sa comptabilité.

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