« J’aimerais tellement que ce soit une blague » : une influenceuse tuée par son mari 2 semaines après une accusation glaçante sur TikTok

Une vidéo TikTok qui tourne au cauchemar. Deux semaines avant sa mort, une influenceuse américaine y accusait son propre mari de pédophilie, avec cette phrase glaçante en légende : « J’aimerais tellement que ce soit une blague ». Ce n’en était pas une. Sara Gilson a été retrouvée tuée par balle, et l’homme qu’elle dénonçait s’est ensuite donné la mort.
Une influenceuse suivie par plus de 30 000 abonnés
Sara Gilson vivait à Owasso, dans l’Oklahoma. Sur les réseaux sociaux, elle avait bâti une petite communauté, plus de 30 000 abonnés qui suivaient son quotidien. Son mari, Jeremiah Duffey, était lui aussi connu en ligne. Le couple était séparé au moment du drame, mais leurs vies restaient étroitement liées, notamment à cause de leurs deux enfants.
Ce genre de tragédie intime, où les réseaux sociaux deviennent malgré eux le témoin d’une descente aux enfers, rappelle à quel point la frontière entre vie privée et exposition publique s’est effacée. Comme dans d’autres affaires familiales dramatiques qui ont marqué l’actualité récente, c’est un fil de messages et de vidéos qui permet aujourd’hui de reconstituer l’engrenage.
Le 11 juillet, Sara publie une vidéo au format « faux documentaire Netflix », très populaire sur TikTok. Le ton se veut presque léger, presque ironique. Sauf que le fond, lui, est tout sauf drôle. Elle y annonce venir de découvrir que son futur ex-mari serait pédophile. Une accusation lourde, posée publiquement, devant des milliers d’internautes, comme un cri d’alarme avant l’irréparable.
Une plainte, une ordonnance de protection, puis le drame
Tout part d’un signalement bien réel. Le 9 juin, une adolescente de 15 ans, accompagnée d’un parent, se présente à la police. Elle accuse Jeremiah Duffey, qui entraînait son équipe de basket, d’avoir eu des gestes déplacés lors d’un événement organisé dans une école primaire. Une accusation précise, datée, localisée.
Les enquêteurs ne s’arrêtent pas là. Selon la police, il ne s’agirait pas d’un fait isolé mais d’un schéma répété, sur plusieurs années et dans plusieurs États américains.
L’adolescente affirme aussi avoir reçu des messages, avoir été invitée dans une chambre d’hôtel lors d’un tournoi, et s’être vu proposer de l’argent pour garder le silence.
Des détails glaçants qui donnent le vertige, comme on en croise parfois dans des affaires où l’origine du mal reste longtemps un mystère avant d’éclater au grand jour.
Dès le lendemain de ces révélations, le 10 juin, Sara Gilson obtient une ordonnance de protection d’urgence. Ce n’était pas une première tentative : en 2021 déjà, elle avait sollicité deux mesures similaires, classées sans suite faute de comparution à l’audience. Cette fois, la situation semblait différente, plus grave, plus documentée.

La vidéo de trop, puis l’engrenage fatal
C’est cette publication du New York Post qui a permis de reconstituer la chronologie précise des faits. Le format choisi par Sara Gilson pour sa vidéo, ce ton de fausse ironie propre à TikTok, contraste violemment avec la gravité de ce qu’elle dénonce. « J’aimerais tellement que ce soit une blague », écrivait-elle en légende. Une phrase qui prend, rétrospectivement, une dimension tragique.
Deux semaines après cette publication, le couple bascule dans l’irréparable. Jeremiah Duffey aurait tiré sur son épouse avant de se donner la mort. Un appel au 911 aurait même capté les cris de la victime, selon les informations relayées sur les réseaux sociaux, notamment dans un post largement partagé le 30 juillet.
Derrière ce drame, deux enfants se retrouvent aujourd’hui sans leur mère. Une cagnotte en ligne, lancée sur GoFundMe, a déjà permis de récolter plus de 30 000 dollars, soit environ 26 000 euros, sur un objectif fixé à 35 000 dollars. Un geste de solidarité qui ne comblera jamais le vide laissé par cette tragédie.
Une vidéo TikTok comme cri d’alarme, une ordonnance de protection, puis le silence brutal des armes : cette histoire résume à elle seule la difficulté à protéger les victimes de violences conjugales, même quand elles ont osé parler publiquement. Combien d’autres signaux d’alerte restent-ils sans réponse avant qu’il ne soit trop tard ?