Un homme se colle l’urètre à la superglue contre son incontinence et hospitalisé cinq jours
Une fuite urinaire, deux semaines de patience, et une idée qui a mal tourné. Un homme de 41 ans en Iran a cru trouver la solution miracle à son incontinence dans un tube de colle forte. Résultat : cinq jours d’hospitalisation et une intervention chirurgicale en urgence.
Son histoire est aujourd’hui documentée dans le détail par des urologues de l’université de sciences médicales de Babol. Un cas si rare que la littérature médicale mondiale n’en recensait que trois avant lui.
Une automédication qui semblait fonctionner

Tout commence un mois plus tôt. L’homme développe des fuites urinaires, sans qu’aucune cause ne soit identifiée par les médecins. Plutôt que de consulter, il choisit une solution radicale : verser de la superglue directement dans l’urètre.
Étonnamment, les premiers jours donnent l’illusion d’un succès. Il urine normalement, sans douleur apparente. Cette fausse accalmie va durer jusqu’au quatrième jour, moment où tout bascule.
La miction devient plus rare, plus douloureuse. Mais au lieu d’arrêter, l’homme persiste dans son automédication pendant deux semaines entières avant de se résoudre à consulter.

Le corps envoie des signaux qu’il ne peut plus ignorer
Quand il arrive enfin en consultation, le tableau clinique est clair. Son jet urinaire a perdu toute sa puissance, sa vessie ne se vide plus correctement et une douleur sourde s’installe juste au-dessus du pubis.
Les médecins n’ont pas besoin d’examens poussés pour comprendre. Une simple palpation suffit à sentir un élément rigide logé dans le canal pénien, accompagné de débris friables d’adhésif près du méat.
Ils tentent alors une cystoscopie, cette technique qui consiste à introduire un tube optique pour explorer l’intérieur du canal urinaire. Mais l’instrument se heurte à un obstacle qu’il ne peut pas franchir : la masse de colle est trop compacte.
L’opération pour extraire dix centimètres de colle durcie
Face à cette impasse, une intervention chirurgicale s’impose en urgence. Les praticiens pratiquent une ouverture de 2 centimètres dans le gland pour accéder directement à la zone obstruée.
Ils rincent ensuite le canal pendant un quart d’heure, avec pas moins de 3 litres de sérum physiologique, dans l’espoir de dissocier l’adhésif des tissus environnants. Après plusieurs manipulations délicates, le blocage finit par céder.
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Le résultat de cette extraction laisse sans voix : un cylindre de colle solidifiée mesurant 10 centimètres de long. L’intégralité du dossier a été publiée dans le Caspian Journal of Internal Medicine, une revue scientifique qui documente ce genre de cas exceptionnels.
Ce que révèle vraiment cette histoire sur les risques de l’automédication
Bonne nouvelle malgré tout : la convalescence se passe sans complication majeure. Les analyses urinaires reviennent normales et le patient quitte l’hôpital au cinquième jour, avec une sonde conservée dix jours et des antibiotiques en prévention.
Six semaines plus tard, il urine normalement. Aucun incident n’a été signalé depuis son retour à domicile, un dénouement presque miraculeux au vu de la gravité de la situation initiale.
Les cyanoacrylates, ces composés chimiques présents dans les colles puissantes, durcissent presque instantanément au contact de l’humidité. Un phénomène bien connu au niveau nasal ou auriculaire, où l’acétone permet généralement de dissoudre le produit sans trop de dégâts.
Mais dans l’urètre, ce solvant devient inutilisable : son contact pourrait sérieusement léser la muqueuse, déjà particulièrement fragile à cet endroit. C’est justement cette vulnérabilité qui explique la gravité potentielle des accidents rapportés en urologie, entre blessures, infections sévères et rétrécissements durables du canal.
Des cas plus fréquents qu’on ne le pense dans les services d’urologie
Les auteurs de l’étude précisent tout de même que cette pratique reste rare, freinée notamment par la douleur qu’elle engendre. Elle demeure aussi souvent totalement inconnue de l’entourage du patient.
Quand ce type d’incident survient, la recherche de stimulation sexuelle arrive en tête des motivations, loin devant la simple curiosité ou d’éventuels troubles psychiatriques. Rien de tout cela chez l’homme traité à Babol, qui n’avait aucun antécédent de cette nature.
D’autres publications médicales ont pourtant documenté des extractions bien plus insolites encore : des aimants, des crayons, une fourchette, et même trois piles retirées du conduit urinaire de différents patients. Un rappel brutal que le corps humain peut être mis à rude épreuve par des gestes qu’on croit anodins.
Quant à l’origine exacte des fuites urinaires initiales de cet homme, elle n’a jamais pu être identifiée par les praticiens. Un mystère qui rend cette histoire encore plus troublante.
