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« Des gens passaient et rigolaient » : le témoignage glaçant de ceux qui ont stoppé un viol en pleine rue à Perpignan

Publié par Cassandre le 03 Juin 2026 à 13:03
Rue sombre la nuit près d'un théâtre dans une ville du sud

Perpignan, une nuit de novembre 2018. Sur un trottoir, entre deux buissons, un homme viole une jeune fille sous les yeux des passants. Personne ne bouge. Trois amis arrivent, comprennent la scène en une seconde et se jettent sur l’agresseur. Ce vendredi 29 mai, leur témoignage devant la cour d’assises des Pyrénées-Orientales a glacé la salle — et révélé une réalité que personne ne veut entendre sur l’indifférence collective.

Perpignan, 0 h 30 : trois amis entendent des cris « de détresse » près du théâtre

La nuit du 30 novembre 2018, Dylan, Lisa et Elisa marchent vers un bar de l’avenue Leclerc à Perpignan. Ils veulent juste retrouver des copains, boire un verre. Rien de plus banal. Mais en longeant le théâtre de l’Archipel, des cris percent la nuit. Pas des cris de fête, pas des éclats de rire. Des cris « anormaux », « d’alerte », comme ils l’ont décrit devant les juges.

Ce qu’ils découvrent sur le trottoir les fige : un homme en train de pénétrer une jeune fille recroquevillée au sol, en larmes, « mais à la vue de tout le monde ». La scène se déroule entre deux buissons, à quelques mètres d’une rue passante. Comme l’ont rapporté nos confrères de L’Indépendant, le trio n’hésite pas une seconde. La suite de leur récit va faire basculer l’ambiance dans la salle d’audience.

« Ce ne pouvait pas être autre chose qu’un viol » : Dylan ceinture l’agresseur

En s’approchant, les trois amis constatent l’insoutenable. La victime pleure encore plus fort. Et l’homme, lui, continue. Même en les voyant arriver. « Ce ne pouvait pas être autre chose qu’un viol », affirme Dylan à la barre. Il attrape l’agresseur présumé, le ceinture, le jette au sol et le maintient jusqu’à l’arrivée de la police.

Maël, étudiant au moment des faits, est aujourd’hui jugé devant la cour d’assises. Dylan raconte aussi la rage qui l’a submergé cette nuit-là. « J’avais la haine. J’ai failli lui faire du mal. J’avais 20 ans et c’était très dur de ne pas se faire justice. » Le suspect aurait même tenté de le « mettre dans sa poche » en lui souriant : « Genre, ça a l’air d’être un viol mais ça n’en est pas un. » Une phrase qui a provoqué un murmure d’effroi dans la salle.

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« Je ne suis pas un héros » : la phrase qui accable les passants de Perpignan

Des témoignages comme celui-ci secouent parce qu’ils posent une question que personne n’aime affronter. Dylan refuse le mot « héros ». Ce qui le révolte, ce n’est pas son geste. C’est l’absence de geste des autres. « Avant nous, des gens passaient et rigolaient. Ils ont vu cette scène et ils n’ont rien fait. »

Rien fait. Devant un viol visible depuis la rue. La phrase résonne d’autant plus fort que Dylan ajoute : « Ça aurait pu être ma cousine, une sœur. » Le procès devra déterminer la responsabilité pénale de Maël. Mais au-delà du verdict, c’est un autre procès qui se joue — celui de l’indifférence ordinaire, celle qui détourne le regard et accélère le pas dans la nuit de Perpignan.

Un homme qui viole en pleine rue. Des passants qui rient. Et trois gamins de 20 ans qui foncent sans réfléchir. Parfois, le courage ne tient qu’à trois personnes qui refusent de fermer les yeux. La question, elle, reste ouverte : qu’aurais-tu fait, toi, cette nuit-là ?

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