Il saute du pont 11 pendant sa croisière anniversaire : après 41 heures, les garde-côtes abandonnent

Ils étaient partis fêter quinze ans de mariage sur les eaux tranquilles du Pacifique. À bord du Carnival Panorama, Thomas et Michelle Gigler profitaient d’une croisière en famille avec leurs trois fils. Puis, en pleine nuit, tout a basculé : un père de famille a disparu du pont supérieur, et personne ne sait vraiment pourquoi.
Une croisière anniversaire qui vire au cauchemar
Le couple, originaire de Redlands en Californie, avait embarqué six jours plus tôt à Long Beach. Direction Puerto Vallarta, au Mexique, pour un aller-retour de sept nuits sur le Carnival Panorama. À bord, Thomas Gigler, 56 ans, programmeur informatique chez Esri, voyageait avec son épouse Michelle, 48 ans, et leurs trois garçons âgés de 9, 11 et 13 ans.
L’occasion de ce voyage n’avait rien d’anodin. Le couple s’apprêtait à célébrer ses 15 ans de mariage, une date fixée au 23 septembre. Il ne restait que quelques jours à patienter avant l’anniversaire, et le bateau amorçait déjà son retour vers la Californie.
C’est dans la nuit du vendredi 18 septembre que tout a changé. Thomas Gigler a été vu pour la dernière fois vers 23h30, alors que le navire se trouvait à environ 57 miles au large des côtes mexicaines. Sa famille dormait sur le deuxième pont du navire : lui, selon les autorités, aurait grimpé neuf étages avant de disparaître depuis le pont 11.
Une passagère a raconté à des médias américains le déroulé de cette nuit-là : des officiers venus frapper à sa cabine, puis une annonce au haut-parleur signalant un passager manquant. Quinze minutes plus tard, le verdict tombait : un homme était passé par-dessus bord, confirmé par les images de vidéosurveillance. De quoi glacer tous les vacanciers du bateau, sans qu’aucune explication ne soit encore avancée.
Une chasse à l’homme sur plus de 1 700 miles carrés d’océan
Dès l’alerte donnée, la mécanique du sauvetage s’est enclenchée. Le centre de coordination des garde-côtes américains d’Alameda a pris la direction des opérations et déployé plusieurs avions à voilure fixe pour balayer la zone. La Marine mexicaine et des navires commerciaux présents dans le secteur ont rapidement rejoint les recherches, tout comme un système d’assistance mutuelle appelé AMVER, censé identifier tous les bateaux capables de prêter main-forte.
Au total, un navire de la marine mexicaine et six « bons samaritains » ont sillonné la surface, pendant que les avions des garde-côtes scrutaient l’océan depuis le ciel. Une mobilisation à la mesure de l’angoisse d’une famille qui, à quelques encablures de son anniversaire, voyait son mari et père plonger dans l’incertitude la plus totale. Le Carnival Panorama, lui, a dû poursuivre sa route vers Long Beach malgré le drame qui se jouait en pleine mer.
Pendant plus de 41 heures, les équipes ont fouillé sans relâche une zone dépassant 1 707 miles carrés d’océan Pacifique, soit une surface grande comme plusieurs départements français réunis. Aucune trace de Thomas Gigler n’a été retrouvée, ni le moindre débris, ni le moindre signe de vie. Face à l’ampleur du secteur balayé et à l’absence du plus infime indice, une décision s’imposait, aussi douloureuse soit-elle pour tous ceux qui l’attendaient.
Le mardi suivant, les garde-côtes américains ont annoncé la suspension de leurs recherches. « La recherche du passager de 56 ans a été suspendue en attente de nouvelles informations », a précisé un communiqué officiel. La capitaine Jessica Davila, cheffe de la gestion des incidents pour le district sud-ouest des garde-côtes, a adressé ses « plus sincères condoléances » à la famille de Thomas Gigler, désormais présumé mort.

La théorie de sa sœur qui bouscule les premières rumeurs
Très vite, une rumeur a circulé : un passager aurait affirmé avoir discuté avec Thomas Gigler la veille du drame, évoquant des tensions dans le couple. Une version fermement contestée par la propre sœur du disparu, Wendy Dowden, contactée par le MailOnline britannique.
Selon elle, Thomas et Michelle « s’entendaient plutôt bien » au moment des faits, et rien ne laissait présager un tel geste. Sa théorie est toute autre : elle pense que son frère aurait pu être victime d’un « psychotic break », une sorte de rupture psychotique soudaine, sans lien avec un quelconque antécédent psychiatrique connu dans la famille.
« On pense qu’il s’est passé quelque chose dans sa tête. Il n’était pas dans son état normal pour faire ça », a-t-elle confié, cherchant elle-même à comprendre l’incompréhensible face à un geste qui reste, pour les siens, totalement inexplicable. Une hypothèse qui, à ce stade, n’a été confirmée par aucune autorité médicale ou judiciaire.
Carnival Cruise Line a de son côté confirmé que l’équipage du navire avait immédiatement lancé une procédure d’enquête après le signalement du passager manquant, incluant le visionnage des images de vidéosurveillance du bord. La compagnie a assuré apporter son soutien à la famille restée à bord.
Aucune explication officielle n’a, à ce jour, été avancée sur ce qui a réellement poussé Thomas Gigler à monter jusqu’au pont supérieur cette nuit-là. Si vous traversez une détresse psychologique, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement 24h/24.
L’hommage improvisé des autres passagers avant de débarquer
Ce que la source d’origine ne racontait pas, c’est la réaction des autres vacanciers à bord du Carnival Panorama. Sous le choc, plusieurs passagers ont improvisé un hommage à Thomas Gigler avant de débarquer, selon des informations relayées par plusieurs médias américains.
Ils ont utilisé de simples sacs de shopping Carnival pour y écrire des messages de soutien destinés à Michelle Gigler et à ses trois fils. Un geste modeste, mais révélateur du choc collectif qui a traversé le navire durant les dernières heures de cette croisière qui devait rester festive.
Le bateau, lui, a fini par rallier Long Beach le dimanche, avec à son bord une famille brisée et des centaines de passagers marqués par ce qu’ils venaient de vivre. Officiellement, la recherche de Thomas Gigler n’est pas définitivement classée : elle reste suspendue « en attente de nouvelles informations », ce qui laisse une porte, aussi mince soit-elle, ouverte.
Pour l’heure, aucune nouvelle piste n’a été communiquée par les autorités américaines ou mexicaines. La famille, soutenue par Carnival selon la compagnie elle-même, tente de faire face à cette disparition aussi soudaine qu’inexpliquée, quelques jours seulement avant la date qui devait célébrer quinze années de vie commune.
Une croisière censée sceller quinze ans d’amour s’est transformée, en une nuit, en une énigme que même sa propre famille ne parvient pas à résoudre. Si cette histoire de disparition en mer vous a marqué, cette autre disparition survenue après une simple sortie d’école continue elle aussi de hanter les enquêteurs.
Et si les zones d’ombre autour d’un drame familial vous intriguent, les versions contradictoires livrées après ce terrible accident dans le Vaucluse risquent, elles aussi, de vous laisser sans réponse claire.