Condamné pour trois braquages, il s’est fait passer pour sa sœur pendant huit ans avant d’être démasqué

En Turquie, un homme recherché depuis 2018 pour trois braquages a réussi l’impossible : disparaître sous les traits de sa propre sœur. Pendant huit longues années, il a vécu dans la peau d’une autre pour échapper aux forces de l’ordre. Jusqu’au jour où une filature discrète a fini par révéler la supercherie, et un détail scientifique impossible à maquiller.
Une peine de sept ans et onze mois, jamais purgée
En 2018, la justice turque prononce sa sentence : Tuğrul Başar doit purger une peine de sept ans et onze mois de prison pour trois braquages commis à Istanbul. Le verdict est ferme, la condamnation définitive. Mais l’homme ne se présente jamais aux autorités.
Pendant huit ans, il devient un fantôme pour la police turque. Aucun signalement, aucune interpellation, alors que son nom figure sur la liste des fugitifs activement recherchés. D’autres cavales, ailleurs dans le monde, ont montré à quel point une histoire insolite peut rester sous les radars pendant longtemps, à l’image de ce disparu retrouvé allongé dans un bar après trois jours.
Sauf que la méthode de Tuğrul Başar sort de l’ordinaire. Pour ne pas être reconnu dans les rues d’Istanbul, il ne change pas seulement d’apparence : il change littéralement d’identité, empruntant les traits et le nom de sa propre sœur, précise RTL Info.
Cette stratégie, aussi improbable soit-elle, va fonctionner huit ans durant, jusqu’à ce que la police change de méthode d’enquête et regarde d’un peu plus près l’entourage familial du fugitif.
La filature qui a tout changé
Les enquêteurs turcs ne baissent jamais complètement la garde sur les fugitifs de longue date. Ils savent qu’un braqueur en cavale garde souvent un lien, même ténu, avec sa famille. C’est cette conviction qui va relancer le dossier de Tuğrul Başar, huit ans après sa condamnation.
La police décide alors de surveiller discrètement ses proches, en particulier sa sœur. Une cavale aussi longue laisse rarement place au hasard : d’autres affaires, comme celle de cette femme recherchée pendant 29 ans avant d’être arrêtée au Mexique, montrent que la traque des fugitifs se joue souvent sur des détails du quotidien.
En observant le domicile de la sœur à Istanbul, les fonctionnaires remarquent une anomalie : deux femmes semblent y vivre en permanence, alors qu’une seule est officiellement recensée à cette adresse. Le détail intrigue suffisamment pour déclencher une filature en bonne et due forme.
Les policiers suivent les allées et venues, comparent les silhouettes, les habitudes, les horaires. Peu à peu, la conviction se forme : la seconde femme du domicile n’en est pas une. Il s’agit bel et bien de Tuğrul Başar, vivant depuis huit ans sous l’apparence et l’identité de sa propre sœur.

Le détail que même une carte d’identité n’a pas suffi à effacer
Ce fugitif recherché pendant 21 ans par le FBI, finalement arrêté sur un yacht, avait lui aussi cru son camouflage parfait. Pour Tuğrul Başar, la mise en scène s’effondre au moment de l’interpellation à Istanbul.
Face aux policiers, l’homme ne renonce pas immédiatement à sa couverture. Il affirme n’être pas le fugitif recherché mais bien sa propre sœur, et produit une pièce d’identité à l’appui de cette version, rapporte TF1 Info.
Le document semble crédible. Après huit ans de vie sous cette identité empruntée, Tuğrul Başar maîtrise visiblement les codes, les papiers, les réponses. Mais une pièce d’identité, aussi convaincante soit-elle, ne trompe pas une analyse scientifique.
Les enquêteurs procèdent alors à un relevé d’empreintes digitales. Le résultat est sans appel : elles correspondent bien à celles de Tuğrul Başar, le braqueur condamné en 2018. Huit ans de dissimulation s’achèvent en quelques minutes de laboratoire.
Ce dénouement met un point final à l’une des cavales les plus insolites recensées récemment en Turquie : celle d’un homme qui n’a pas seulement changé de visage, mais littéralement d’identité pour ne jamais être inquiété.
Ce que révèle cette cavale hors norme
L’affaire a rapidement circulé sur les réseaux sociaux turcs, relayée notamment par le compte du média Halk TV, avant d’être reprise par la presse française. Elle interroge sur la capacité des services à retrouver des fugitifs condamnés depuis près d’une décennie.
Huit années de recherches actives n’auront finalement pas suffi : c’est une filature classique, centrée sur l’entourage familial, qui a permis de mettre fin à la cavale. Une méthode qui rappelle que même les stratagèmes les plus élaborés reposent souvent sur les habitudes du quotidien, comme lors de cette découverte qui a laissé la police sans voix en Australie.
Reste une question que la source ne tranche pas : comment la sœur de Tuğrul Başar a-t-elle vécu ces huit années de cohabitation avec un frère travesti en elle-même, sous le même toit ? L’enquête turque devra sans doute établir si elle savait, ou si elle a elle aussi été dupée.
D’autres affaires récentes rappellent que des vies entières peuvent se dissimuler sous le même toit sans que personne ne s’en aperçoive, à l’image de cette famille californienne qui a découvert un inconnu vivant sous sa cave depuis des mois.
Huit ans de cavale, une identité empruntée, et une poignée de minutes de laboratoire pour tout faire s’effondrer : l’histoire de Tuğrul Başar restera comme l’une des ruses les plus étonnantes jamais démasquées par la police turque. D’autres histoires de tromperie finissent, elles aussi, par se retourner contre leurs auteurs, comme ces adolescents masqués filmés en train de voler des gâteaux avant de rembourser, honteux. Et si vous pensiez que seules les identités pouvaient être piratées, cette astuce anti-piratage pour clés de voiture peut carrément provoquer un incendie.