Verdict à Versailles : Victor P. condamné à 25 ans pour la mort de Joséphine, moins que ce que réclamait l’accusation

Un procès pour un incendie qui a coûté la vie à une octogénaire, trois jours d’audience, et enfin un verdict. Ce mardi 8 septembre 2026, la cour d’assises des Yvelines a tranché le sort de Victor P., jugé pour la mort de Joséphine Colney, 86 ans. Entre les réquisitions et la plaidoirie de la défense, les jurés ont fait un choix qui ne satisfera personne complètement.
Un incendie qui devait rester un simple sinistre
Tout commence le 30 août 2023, à Mantes-la-Ville, dans les Yvelines. Un feu se déclare dans une maison. À l’intérieur, Joséphine Colney, 86 ans, ne pourra pas être sauvée. Son mari, Bernard Colney, ancien dentiste, assiste impuissant à la tragédie qui va bouleverser sa vie.
L’homme désigné comme responsable de ce drame s’appelle Victor P., un ressortissant roumain. Contrairement à un fait divers comme l’affaire Émile où l’enquête reste ouverte, ici l’accusé est clairement identifié et jugé sans ambiguïté sur les faits matériels.
La cour d’assises des Yvelines a ouvert le procès le vendredi 4 septembre 2026. Trois jours d’audience pour comprendre comment un feu allumé a pu se transformer en un piège mortel pour une femme âgée. Une question centrale plane sur tout le dossier : Victor P.
savait-il vraiment ce qu’il risquait de provoquer ? À l’image de certains drames qui bouleversent des familles entières, comme celui vécu récemment par Carla Bruni, la question de l’intention hante tout le procès.
Un verdict tombé après une matinée de délibération
Les jurés se sont retirés peu avant 11h30 ce mardi. Le suspense n’aura pas duré longtemps : Victor P. a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle, sans période de sûreté. Une interdiction définitive du territoire français accompagne cette peine.
Ce chiffre mérite d’être mis en perspective. L’avocate générale avait requis 30 ans, assortis d’une période de sûreté des deux tiers, soit environ 20 ans incompressibles. Les jurés ont donc suivi une ligne plus clémente que celle réclamée par l’accusation, sans pour autant céder à la défense.
L’accusé était jugé pour « destruction du bien d’autrui par un moyen dangereux ayant entraîné la mort », une qualification juridique lourde qui traduit la gravité des conséquences, même sans intention homicide caractérisée. Comme dans d’autres dossiers judiciaires sensibles traités récemment par la justice française, la nuance entre intention et négligence a été au cœur des débats.

La défense plaidait treize ans, la partie civile réclamait justice
Me Sofian Bouzerara, avocat de Victor P., avait demandé une peine « n’excédant pas treize années ». Son argumentation reposait sur l’absence de volonté meurtrière : selon lui, l’accusé « n’avait pas conscience de la dangerosité du geste, du péril qu’il pouvait causer ». Un plaidoyer qui évoquait aussi une enfance marquée par la violence dans un orphelinat communiste et une conscience « étouffée par l’alcool ».
Face à cette défense, Me Sarah Valduriez, représentant Bernard Colney, avait livré une plaidoirie percutante : « Victor P. n’a pas seulement mordu la main qui le nourrissait. Il l’a brûlée. » Une formule qui résume l’ampleur de la trahison ressentie par la partie civile.
Elle avait aussi rappelé que Bernard Colney « ne vient pas chercher la vengeance » mais « la justice ». Une nuance essentielle qui a peut-être pesé dans la délibération des jurés, entre compassion pour le parcours de l’accusé et reconnaissance de la souffrance irréparable infligée à la victime et à son époux.
Ce type de procès rappelle combien les circonstances de vie d’un accusé peuvent peser sur une décision judiciaire, sans jamais effacer la responsabilité pénale. « On ne peut pas, au nom de ce qu’il a subi enfant, justifier ce qu’il a fait subir à Joséphine et à Bernard », avait tranché Me Valduriez. Les jurés semblent avoir suivi, en partie, cette logique.
Vingt-cinq ans de réclusion, une interdiction définitive du territoire : la sentence tombe, mais pour Bernard Colney, rien ne remplacera l’épouse perdue dans cet incendie. Ce genre de verdict pose toujours la même question : la justice peut-elle vraiment réparer l’irréparable ? Vous pouvez suivre l’actualité judiciaire de votre région en personnalisant vos favoris via Mon Actu ou en nous suivant sur Google.