Beaujolais nouveau le 19 novembre : 7 plats canailles à servir avec, de la planche lyonnaise à la meurette
Le 19 novembre, les bouchons vont sauter partout en France. Mais une bouteille de Beaujolais nouveau sans rien à grignoter, c’est un peu comme un concert sans son.
Bonne nouvelle : le Beaujolais n’a besoin ni de chef étoilé ni de nappe brodée. Il adore la bistronomie qui tache, les plats qui se partagent avec les doigts et les assiettes posées au milieu de la table.
Voici sept accords simples, avec de mini-recettes, pour transformer votre soirée en vrai bouchon lyonnais. Et on a gardé le service du vin pour la fin, parce qu’une erreur de température peut tout gâcher.
La planche lyonnaise, le réflexe qui ne rate jamais
C’est le classique des classiques. Le Beaujolais nouveau, c’est du gamay vinifié en macération carbonique : des arômes de fruits rouges, de banane et de bonbon, très peu de tanin. Résultat, il se marie à merveille avec le gras et le salé.
Composez votre planche avec du jésus de Lyon, du saucisson sec, de la rosette, du jambon cru et quelques cornichons bien croquants. Comptez environ 100 g de charcuterie par personne pour un apéro dînatoire.
Ajoutez une grosse miche de pain de campagne à découper à la main. Pas de petites tranches fines : ici, on rompt le pain.
Mais la vraie star de la soirée arrive juste après, et elle vient aussi de la charcuterie.

Le saucisson brioché, la bombe de convivialité
Un saucisson cuit enrobé de pâte à brioche dorée, servi tiède en rondelles épaisses : c’est LE plat qui fait taire une tablée. Et c’est bien plus facile à faire qu’il n’y paraît.
Prenez un saucisson à cuire de Lyon ou de Morteau, pochez-le 40 minutes dans l’eau frémissante, puis retirez la peau. Enroulez-le dans une pâte briochée du commerce ou maison, badigeonnez de jaune d’œuf.
Enfournez 25 à 30 minutes à 180 °C jusqu’à ce que la brioche soit bien dorée. Laissez tiédir 10 minutes avant de couper, sinon tout s’effrite.
Côté accord, le moelleux de la brioche et le gras du saucisson sont pile ce qu’il faut pour équilibrer la fraîcheur fruitée du vin. Et si vous avez envie d’un apéro encore plus simple, cette mousse de canard express se prépare en trente secondes.
Les œufs en meurette, le plat qui sent le vrai bouchon
Voilà le plat qu’on trouve sur toutes les ardoises des bouchons, et que presque personne ne fait chez soi. Pourtant, c’est un monument de la cuisine canaille.
Faites réduire 50 cl de vin rouge avec une échalote, un bouquet garni et un morceau de sucre. Pochez les œufs un par un dans l’eau vinaigrée, 3 minutes chacun, et réservez.
Liez la sauce avec un peu de beurre manié, ajoutez des lardons et des champignons poêlés. Servez les œufs sur une tranche de pain grillé frottée à l’ail, nappez de sauce.
Astuce de pro : utilisez un vin rouge fruité, justement du Beaujolais, pour cuisiner la sauce. Même bouteille dans le plat et dans le verre, l’accord est évident.

Les fromages qui adorent les vins fruités
Côté plateau, oubliez les bleus costauds et les pâtes très affinées : ils écrasent un vin aussi léger. Misez sur des fromages doux, crémeux ou légèrement acidulés.
Le saint-marcellin bien coulant est un choix de roi, tout comme un camembert jeune ou un comté de 12 mois. Un chèvre frais de Rhône-Alpes marche aussi très bien, avec sa pointe de fraîcheur.
Pour les amateurs d’apéro chaud, essayez les toasts de saint-marcellin avec une cuillère de confiture de figues et une noix. Pour une version plus audacieuse, ces toasts de chèvre chaud aux fruits rôtis peuvent aussi se décliner en automne avec des poires.
Et pour la suite, on passe aux plats qui tiennent vraiment au corps.
Les trois plats mijotés qui font le job
Si vous recevez pour un vrai dîner, voici trois valeurs sûres qui passent très bien avec un Beaujolais nouveau bien frais.
Le tablier de sapeur d’abord, cette panse de bœuf panée et poêlée, servie avec une sauce gribiche. Le côté croustillant et acidulé de la sauce répond parfaitement au fruité du vin. C’est le plat de bouchon par excellence.
Ensuite, la andouillette sauce moutarde, accompagnée d’une purée maison. Comptez 20 minutes de poêle à feu doux, puis déglacez avec un peu de vin blanc et de la moutarde à l’ancienne.
Enfin, la salade lyonnaise : frisée, lardons, croûtons à l’ail et œuf poché. Un classique rapide, prêt en 15 minutes, qui ouvre le repas sans l’alourdir.

Le détail qui change tout : la température de service
Voilà l’erreur que font la plupart des gens : ils servent le Beaujolais nouveau à température ambiante, comme un rouge classique. Résultat, le vin paraît lourd, alcooleux, presque plat.
Le bon réflexe, c’est de le servir frais, entre 11 et 13 °C. Sortez la bouteille du réfrigérateur environ 15 minutes avant de la servir, ou passez-la 30 minutes au frais si elle était à température de la pièce.
À cette température, les arômes de fruits rouges ressortent, l’acidité se met en avant et le vin devient franchement gourmand. Dans un verre simple, plutôt large, sans besoin de carafe.
Dernier conseil : buvez-le jeune. Un Beaujolais nouveau n’est pas fait pour dormir en cave, il se déguste dans les mois qui suivent sa sortie.
Pour aller plus loin dans la tradition
Maintenant que l’assiette est prête, il reste une question qui intrigue pas mal de monde : pourquoi cette fête tombe-t-elle toujours un jeudi, et pas un autre jour ? L’histoire est plus savoureuse qu’on ne le croit, et on vous la raconte dans cet article sur la vraie raison du troisième jeudi.
En attendant, notez la date : le 19 novembre, sortez les assiettes, la charcuterie et le pain de campagne. Le reste, c’est de la bonne humeur.