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Un hacker russe détourne ChatGPT et Gemini pour piloter son réseau de machines infectées

Publié par Elodie le 27 Juil 2026 à 9:14

Un pirate informatique russe a trouvé une utilisation pour le moins inattendue de ChatGPT et Gemini. Au lieu de générer des recettes de cuisine ou des mails professionnels, il s’en sert pour automatiser le pilotage d’un botnet, un réseau de machines infectées à distance.

Des chercheurs en cybersécurité ont mis la main sur cette opération jugée « sans précédent ». Elle marque un tournant dans la manière dont les criminels s’approprient les outils d’intelligence artificielle grand public.

Hacker dans l'obscurité pilotant un réseau via IA

Un assistant IA transformé en copilote de piratage

Concrètement, le hacker interroge les IA conversationnelles pour obtenir de l’aide sur des tâches techniques précises. Écrire du code malveillant, adapter une attaque à une cible spécifique, ou encore automatiser des scripts de commande.

Ce qui change la donne, c’est la vitesse. Ce qui prenait auparavant des heures de travail manuel à un pirate expérimenté se fait désormais en quelques minutes grâce aux suggestions de ChatGPT ou Gemini.

Les chercheurs parlent d’un vrai changement d’échelle. Un hacker seul peut désormais gérer un réseau de machines piratées avec l’efficacité d’une petite équipe, simplement en dialoguant avec une IA.

Cette affaire rappelle d’autres cas où l’IA générative a été détournée à des fins bien éloignées de son usage prévu. Un procureur de Floride avait récemment accusé ChatGPT d’avoir joué un rôle dans une affaire criminelle grave.

Comment un botnet fonctionne concrètement

Un botnet, c’est un réseau d’ordinateurs, de routeurs ou d’objets connectés infectés à l’insu de leurs propriétaires. Chaque appareil devient un petit soldat téléguidé par le pirate, sans que son utilisateur ne s’en aperçoive.

Ces machines zombies servent ensuite à envoyer des spams massifs, lancer des attaques par déni de service, ou voler des données personnelles à grande échelle.

Le problème, c’est que gérer des milliers de machines infectées demande normalement une organisation complexe. Avec l’aide de l’IA, cette gestion devient beaucoup plus accessible, même pour un pirate isolé.

Carte réseau illustrant un botnet de machines infectées

Des cas similaires ont déjà touché des institutions françaises. La cyberattaque contre l’ANTS avait exposé les données de 11,7 millions de Français ayant demandé un passeport ou une carte d’identité.

Pourquoi les IA ont-elles pu être détournées ainsi

OpenAI et Google mettent en place des garde-fous censés bloquer les demandes clairement malveillantes. Mais les pirates ont appris à contourner ces filtres en reformulant leurs requêtes de façon détournée.

Ils demandent par exemple du code « à des fins éducatives » ou « pour un test de sécurité », des formulations qui passent parfois entre les mailles du filet.

Cette faille n’est pas isolée. Des dérives comparables ont déjà touché les arnaques téléphoniques, où un simple « Allô » permet de cloner une voix grâce à l’IA, ou les fausses livraisons où des escrocs imitent la voix d’un livreur.

Les entreprises technologiques assurent renforcer leurs systèmes de détection. Mais la course reste inégale : les pirates s’adaptent souvent plus vite que les correctifs déployés.

Ce que ça change concrètement pour vous

Bonne nouvelle : vous n’êtes pas directement visé par ce type d’attaque sophistiquée. Les botnets ciblent surtout des infrastructures, pas les particuliers isolés.

Mauvaise nouvelle : votre ordinateur, votre box internet ou vos objets connectés peuvent devenir une brique de ce réseau sans que vous le sachiez.

Un appareil mal sécurisé, avec un mot de passe par défaut ou jamais mis à jour, est une porte d’entrée idéale pour les pirates.

La vigilance de base reste votre meilleure protection. Vérifiez régulièrement les réglages de sécurité de votre box internet, souvent négligés alors qu’ils sont gratuits et efficaces.

Homme vérifiant la sécurité de sa box internet

Les bons réflexes pour ne pas devenir une victime collatérale

Premier réflexe : changez les mots de passe par défaut de vos appareils connectés, y compris les caméras, imprimantes et objets domotiques.

Deuxième réflexe : activez les mises à jour automatiques sur tous vos appareils. Beaucoup de failles exploitées par les pirates sont déjà corrigées depuis des mois, encore faut-il installer le correctif.

Troisième réflexe : méfiez-vous des messages ou appels suspects, même s’ils semblent provenir d’une source connue. L’IA rend désormais les arnaques bien plus crédibles qu’avant.

Cette affaire illustre une tendance de fond : les mêmes outils qui simplifient notre quotidien peuvent aussi simplifier la vie des criminels. La vigilance individuelle devient plus précieuse que jamais face à des attaques toujours plus automatisées.

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