Cette application gratuite bloque 16 millions de numéros de démarcheurs avant la loi de 2026
Un numéro inconnu qui sonne en plein repas. Un « conseiller Enedis » qui vous demande vos coordonnées bancaires. Un SMS annonçant un colis bloqué en douane. Ce triptyque du quotidien, des millions de Français le vivent encore, malgré Bloctel et le 33700.
Une application développée par un seul homme, à Toulouse, commence pourtant à renverser la situation. Elle s’appelle Saracroche, elle est gratuite, et elle bloque déjà près de 16 millions de numéros identifiés comme du démarchage.
Un développeur toulousain contre les centres d’appels
Derrière Saracroche, un seul nom : Camille Bouvat. Ce développeur toulousain a conçu une application qui pèse à peine 2,1 Mo sur iOS, disponible sur iOS et Android.
Elle s’inspire d’outils comme Orange Téléphone, devenus payants avec le temps. Saracroche, elle, reste gratuite, open source, sans publicité ni revente de données.
Son financement repose uniquement sur les dons volontaires des utilisateurs. Plus de 600 000 personnes l’ont déjà installée sur leur téléphone.

Selon Presse-citron, son créateur reçoit des messages d’utilisateurs qui redécouvrent leur téléphone. Certains le laissent de nouveau sonner, après des années à le mettre systématiquement en silencieux face aux appels incessants.
Comment l’application filtre les appels avant même qu’ils sonnent
Le principe tient en une phrase : la base de Saracroche regroupe aujourd’hui près de 16 millions de numéros associés au démarchage téléphonique, issus de la liste officielle de l’ARCEP et des signalements d’utilisateurs.
Quand un de ces numéros tente de vous appeler, votre téléphone ne sonne même pas. L’appel est filtré avant de s’afficher, sans que vous ayez besoin de faire quoi que ce soit.
Les listes se mettent à jour automatiquement chaque jour en Wi-Fi. Une fois synchronisées, elles fonctionnent hors ligne, sans impact notable sur la batterie ni sur le carnet de contacts.
Mais les appels ne sont plus le seul problème. Les arnaques par SMS ont explosé ces dernières années, et Saracroche a dû s’adapter.
Les faux livreurs et le phishing par SMS aussi dans le viseur
Depuis sa version 4.1, l’application filtre également les SMS indésirables. Faux livreurs, arnaques au colis fantôme, campagnes de phishing par texto : elle couvre désormais les deux canaux préférés des démarcheurs.

La protection n’est pas parfaite. Un numéro jamais signalé peut encore passer à travers les mailles du filtre, mais la base s’enrichit en continu grâce aux remontées des utilisateurs.
Même avec la fin annoncée de Bloctel et l’arrivée d’une nouvelle loi, l’expérience passée montre qu’un outil de ce type reste indispensable. Les centres d’appels ont toujours trouvé de nouveaux numéros pour contourner les dispositifs publics.
Ce que change la loi du 11 août 2026
La loi n° 2025-594 doit interdire, à partir du 11 août 2026, le démarchage téléphonique non sollicité en France. Un tournant réglementaire attendu depuis des années par les associations de consommateurs.
En attendant, des outils comme celui recommandé par l’UFC-Que Choisir ou Saracroche permettent déjà de reprendre le contrôle de sa ligne, sans attendre l’échéance légale.
Le décalage entre la loi et la réalité du terrain explique pourquoi tant de Français se tournent vers des solutions techniques plutôt que d’attendre une interdiction qui prendra du temps à s’appliquer réellement.
Comment l’installer sur son téléphone
Saracroche se télécharge gratuitement sur l’App Store et le Google Play Store, sans aucun abonnement ni achat intégré à prévoir.
Sur iPhone, il suffit d’ouvrir Réglages, puis d’aller dans « Téléphone » et « Blocage d’appels et identification » pour activer l’application. La même démarche s’applique dans « Messages » pour le filtrage des SMS.
Sur Android, l’utilisateur accorde les autorisations d’appels et de SMS, puis active Saracroche comme filtre d’appels indésirables dans les paramètres du téléphone.
Aucun coût caché, aucun palier premium : l’usage reste à 0 €, le projet vivant uniquement grâce aux dons. Pour ceux qui restent méfiants face aux applications qui collectent trop de données, cette transparence fait toute la différence.