STARSHIP : un vol d’essai presque réussi ( vidéo)
SpaceX a réalisé, vendredi soir, le 12e essai en vol de son méga lanceur Starship, haut de 124 mètres. La fusée, dont une version doit servir de futur alunisseur de la Nasa, s’est abîmée comme prévu dans l’océan Indien, après avoir essuyé plusieurs problèmes techniques.
Un vol globalement réussi
La dernière version de Starship a décollé du Texas peu après 17h30 locales (0h30 à Paris), le vendredi 22 mai. Les deux parties de l’engin se sont séparées avec succès. Ce 12e vol d’essai, réalisé sept mois après le précédent, mettait en jeu la toute nouvelle version « bloc 3 » du lanceur, la plus grande à ce jour avec ses 124 mètres de hauteur. Un ensemble de satellites factices, dont deux destinés à étudier le bouclier thermique du vaisseau, ont été déployés avec succès avant que l’étage supérieur ne s’abîme comme prévu dans l’océan Indien, au terme d’un vol d’environ 65 minutes.
Le patron de la Nasa, Jared Isaacman, a salué l’événement sur X : « Bravo à SpaceX et Elon Musk pour un sacré décollage de Starship V3. Cela nous rapproche de la Lune… et de Mars. » Pour Clayton Swope, du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), cette « version améliorée de Starship a accompli la plupart de ce que SpaceX espérait », même s’il « reste encore un long chemin à parcourir » avant que la fusée soit prête pour les missions Artemis de la Nasa.
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Plusieurs anomalies techniques
Le vol n’a toutefois pas été sans accrocs. Le propulseur Super-Heavy n’a pas effectué la poussée prévue et est retombé de manière incontrôlée dans le golfe du Mexique, loin de la zone ciblée. Si SpaceX ne comptait pas le récupérer intact lors de cet essai, l’entreprise prévoyait néanmoins de contrôler sa chute avec précision, ce qu’elle n’a pas réussi à faire. Par ailleurs, un dysfonctionnement moteur a contraint l’étage supérieur à prolonger la poussée de ses cinq moteurs restants pour compenser, le laissant sur une orbite imparfaite. « Je n’appellerais pas cela une insertion orbitale idéale », a reconnu le porte-parole de l’entreprise, Dan Huot.
La course à la Lune
Ce lancement très attendu intervenait dans un contexte stratégique et financier chargé pour SpaceX. L’entreprise d’Elon Musk s’apprête à entrer en Bourse dans le courant du mois de juin, dans ce qui pourrait constituer l’une des plus grosses introductions en Bourse de l’histoire, avec une valorisation estimée entre 1 700 et 2 000 milliards de dollars. Sur le plan spatial, une version de Starship doit servir d’alunisseur dans le cadre du programme lunaire Artemis de la Nasa, qui vise un atterrissage humain sur la Lune d’ici 2028, avant la Chine dont les ambitions lunaires sont fixées à 2030. Mais les retards accumulés inquiètent l’administration Trump, qui craint que les États-Unis ne perdent la course. L’un des principaux défis reste la démonstration du ravitaillement en propergol en orbite, une manœuvre jamais testée sur de longues durées et pourtant indispensable aux futures missions de longue portée.