La CIA a espionné l’URSS avec un chat en 1966 : ce qui a mis fin au projet n’était ni le KGB ni le budget
En pleine guerre froide, un chat a bien failli devenir l’arme secrète de la CIA contre l’URSS. Le programme, baptisé Acoustic Kitty, aurait coûté environ 20 millions de dollars selon un ancien cadre de l’agence. Ce qui a réellement mis un terme à cette opération n’a rien à voir avec le KGB.
À retenir
- Le projet a été mené par la CIA entre 1961 et 1966, en pleine guerre froide.
- Selon Victor Marchetti, ancien cadre de la CIA, son coût aurait atteint environ 20 millions de dollars.
- Les documents révélant l’opération n’ont été déclassifiés qu’en 2001, et le projet a été officiellement abandonné en 1967.

Un plan d’espionnage digne d’un film, né dans les bureaux de la CIA
Au début des années 1960, la CIA cherche des méthodes inédites pour écouter les conversations soviétiques. La direction de la science et technologie de l’agence imagine alors un dispositif improbable : transformer un chat domestique en micro ambulant.
L’objectif est précis. Le félin doit s’approcher discrètement du Kremlin de Moscou et de diverses ambassades soviétiques pour capter des échanges sensibles, sans éveiller le moindre soupçon.
Selon Victor Marchetti, ancien cadre de l’agence, le coût de l’opération aurait avoisiné les 20 millions de dollars. Une somme colossale pour un projet reposant entièrement sur un animal de compagnie.
Cette idée n’est pas isolée dans l’histoire de l’espionnage animalier. Plus récemment, la Chine a affirmé avoir intercepté des tortues équipées de capteurs espions dans ses eaux territoriales.
Un chat cyborg, greffé et câblé pour espionner Moscou
Pour mener à bien cette mission, les employés de la CIA implantent une pile et un microphone directement dans le corps du chat. Une antenne de transmission est glissée le long de sa colonne vertébrale, jusque dans sa queue.
Le félin devient ainsi une véritable machine d’écoute vivante, capable en théorie de capter et transmettre des conversations à distance. Il doit être relâché dans des lieux stratégiques pour enregistrer discrètement des échanges secrets.
La première mission réelle du dispositif vise deux hommes qui discutent dans un parc, à proximité de l’ambassade de Russie à Washington, D.C. Le chat est lâché à quelques mètres de sa cible.
Mais ce qui devait être le test décisif de l’opération va se terminer d’une manière que personne n’avait anticipée, ni au sein de la CIA ni ailleurs.
Ni le KGB ni un problème technique : la fin inattendue du projet

Selon le récit rapporté, le chat est immédiatement écrasé par un taxi dès sa sortie, à peine relâché près du parc. Les essais suivants ne donnent aucun résultat concluant.
Ce récit est toutefois contesté. Robert Wallace, ancien directeur du bureau technique de la CIA, a affirmé en 2013 que le projet avait plutôt été abandonné en raison de la difficulté à dresser l’animal, précisant que l’équipement avait été retiré et que le chat avait ensuite vécu longtemps.
Quelle que soit la version exacte, le projet est jugé être un échec total par l’agence. Il est officiellement abandonné par la CIA en 1967, après plusieurs années de recherche coûteuse.
Les documents relatifs à Acoustic Kitty restent secrets pendant plus de trente ans. Ils ne sont déclassifiés qu’en 2001, révélant enfin au public cette tentative d’espionnage aussi ambitieuse qu’improbable.
L’idée d’utiliser des animaux pour l’espionnage n’a pas disparu avec ce fiasco félin. En 2006, le Pentagone a demandé la création d’insectes cyborgs, avant que des chercheurs de Berkeley ne mettent au point un scarabée cybernétique contrôlable en 2009.
Reste une question qui continue d’alimenter les débats d’historiens : le chat a-t-il vraiment fini sous les roues d’un taxi, ou cette anecdote a-t-elle simplement servi à enterrer discrètement un projet jugé trop coûteux et trop délicat à assumer ?