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2 milliards de km : la distance folle que parcourent les taxis de New York chaque année — soit 13 fois l’aller-retour vers le Soleil

Publié par le 16 Juin 2026 à 8:01

Tu connais les taxis jaunes de New York. Tu les as vus dans des centaines de films, de séries, de clips. Mais tu n’as probablement jamais imaginé la distance hallucinante qu’ils avalent collectivement chaque année.

Le chiffre est tombé il y a quelques années grâce aux données ouvertes de la ville de New York : ses taxis parcourent environ 2 milliards de kilomètres par an. Oui, milliards. Avec un B. Et quand on commence à mettre ce chiffre en perspective, le vertige ne fait que commencer.

Un trajet annuel qui dépasse l’entendement

Deux milliards de kilomètres, ça ne parle à personne. Alors posons des repères. La distance entre la Terre et le Soleil est d’environ 150 millions de kilomètres. Les taxis new-yorkais parcourent donc chaque année l’équivalent de 13 allers-retours Terre-Soleil.

Des dizaines de taxis jaunes dans une avenue de New York

En restant plus près de chez nous : le tour de la Terre fait 40 075 km à l’équateur. Ça signifie que la flotte jaune boucle près de 50 000 tours du globe tous les douze mois. Chaque jour, c’est l’équivalent de 137 tours complets.

Pour comparer, la sonde Voyager 1, l’objet humain le plus éloigné de la Terre, a parcouru environ 24 milliards de kilomètres… mais en 47 ans de voyage. Les taxis de Manhattan mettraient seulement 12 ans à la rattraper, coincés dans les embouteillages de la 5e Avenue.

Et encore, ce chiffre ne concerne que les célèbres yellow cabs. Il n’inclut ni les VTC type Uber et Lyft, ni les taxis verts des boroughs extérieurs. La distance réelle des courses commerciales à New York est donc bien supérieure. Mais un autre aspect de cette flotte mérite qu’on s’y arrête.

13 000 voitures, 50 000 chauffeurs, une ville qui ne dort jamais

New York compte environ 13 500 médaillons de taxi — ces fameuses licences qui valaient jusqu’à 1,3 million de dollars pièce en 2013. Leur prix s’est effondré depuis l’arrivée des VTC, tombant sous les 100 000 dollars. Un effondrement qui a ruiné des familles entières et provoqué une vague de suicides parmi les chauffeurs.

Chauffeur de taxi new-yorkais au volant de son véhicule

Derrière ces 13 500 véhicules, ce sont près de 50 000 chauffeurs qui se relaient. La plupart des taxis roulent en double équipage : un chauffeur de jour, un chauffeur de nuit. Le taxi, lui, ne s’arrête quasiment jamais. Certains véhicules tournent 20 heures sur 24.

Chaque taxi parcourt en moyenne entre 110 et 180 km par service de 12 heures. Sur une année, un seul véhicule avale donc entre 70 000 et 130 000 km — soit l’équivalent de ce qu’un Français moyen parcourt en sept à dix ans avec sa voiture personnelle.

Et chaque course génère des données. Depuis 2009, la Taxi and Limousine Commission (TLC) publie l’intégralité des trajets effectués : point de départ, point d’arrivée, durée, prix, pourboire. C’est l’un des plus gros jeux de données ouverts au monde, avec plus de 1,1 milliard de courses enregistrées en quinze ans. Ce trésor de chiffres révèle des habitudes surprenantes.

Ce que les données racontent vraiment sur la ville

Grâce à ces données massives, des chercheurs ont découvert que la course moyenne à New York dure 11 minutes pour 4,5 km. La vitesse moyenne d’un taxi en service tourne autour de 15 km/h. Tu lis bien : un cycliste lambda va plus vite.

Le pourboire moyen ? Exactement 18 %. Mais il grimpe à 22 % les soirs de Noël et de Saint-Valentin, et chute à 15 % les lundis pluvieux de janvier. Les comportements humains se lisent à travers les reçus de taxi aussi clairement que dans un sondage.

Autre découverte : l’aéroport JFK représente à lui seul environ 3 % de toutes les courses, mais génère près de 8 % du chiffre d’affaires total. Le trajet JFK-Manhattan, facturé au forfait de 70 dollars (hors péages et pourboire), est la course la plus rentable pour les chauffeurs.

Mais la statistique la plus fascinante concerne peut-être la consommation de carburant. Et là, le chiffre prend une tout autre dimension.

Une empreinte carbone qui ferait rougir un petit pays

Avec 2 milliards de km parcourus et une consommation moyenne historique d’environ 12 litres aux 100 km (les anciens Crown Victoria étaient des gouffres), la flotte de taxis new-yorkaise engloutissait jadis près de 240 millions de litres d’essence par an. C’est la consommation annuelle d’un pays comme le Luxembourg.

Depuis 2013, la ville a imposé une transition vers des véhicules hybrides. Aujourd’hui, plus de 50 % de la flotte roule en Toyota Camry hybride ou en Nissan NV200. La consommation moyenne est tombée à environ 6 litres aux 100 km, divisant la facture énergétique par deux.

New York vise 100 % de taxis électriques ou hybrides d’ici 2030. Si l’objectif est atteint, ce sont environ 100 000 tonnes de CO2 en moins chaque année. Pour mettre ce chiffre en contexte, c’est l’équivalent des émissions annuelles de 26 000 hectares de forêt qu’il faudrait planter pour compenser.

Ces taxis jaunes consomment, polluent, mais ils charrient aussi une économie colossale. Et les chiffres financiers sont au moins aussi vertigineux que les kilomètres.

Une industrie à 3 milliards de dollars par an

Avant la pandémie de Covid-19, les taxis jaunes de New York généraient environ 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel. En 2019, la TLC a comptabilisé plus de 200 millions de courses dans l’année. Soit environ 550 000 courses par jour, rien que pour les yellow cabs.

Pour les chauffeurs, la réalité est moins dorée. Le revenu médian d’un taxi driver new-yorkais tourne autour de 35 000 dollars bruts par an, pour des semaines de 50 à 60 heures. Après déduction de la location du médaillon (souvent 120 à 150 dollars par service), du carburant et de l’assurance, certains chauffeurs gagnent moins que le salaire minimum horaire.

C’est d’ailleurs cette précarité qui a poussé la ville à instaurer un salaire minimum garanti pour les chauffeurs de VTC en 2019 : 17,22 dollars de l’heure après dépenses. Une première mondiale qui interroge les modèles économiques du transport urbain partout sur la planète.

Mais au-delà des dollars et des kilomètres, il reste un dernier chiffre qui met les choses en perspective.

Le chiffre que personne ne calcule jamais

Si tu additionnes toutes les heures passées par tous les passagers dans un taxi new-yorkais sur une année, tu obtiens un chiffre délirant : environ 37 millions d’heures humaines. C’est l’équivalent de 4 200 ans de vie éveillée passés à regarder défiler les rues de Manhattan par la vitre d’un taxi.

En d’autres termes, pendant que tu lis cet article, environ 12 000 personnes sont assises à l’arrière d’un yellow cab quelque part entre le Bronx et Brooklyn. Certaines vont à l’aéroport, d’autres rentrent d’une soirée, d’autres encore foncent à un rendez-vous médical.

Et pendant ce temps, la flotte continue d’avaler ses 5,5 millions de kilomètres quotidiens. Soit à peu près la distance entre la Terre et la Lune… 14 fois par jour. 🚕

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