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90 000 milliards : le nombre de fourmis sur Terre pèse plus lourd que tous les animaux sauvages réunis

Publié par Elsa Fanjul le 26 Août 2026 à 8:01

Baisse les yeux vers le trottoir. Là, juste sous tes pieds, une armée de 90 000 milliards d’individus vaque à ses occupations sans que tu la remarques jamais. Ce chiffre, publié par des chercheurs de l’université Hong Kong Baptist en 2022, a fait l’effet d’une bombe dans la communauté scientifique.

Personne observant une fourmi sur un chemin ensoleillé

Parce qu’au-delà du nombre lui-même, c’est ce qu’il révèle sur la masse totale de ces insectes qui donne le vertige. On parle ici d’un des groupes d’animaux les plus discrets et pourtant les plus dominants de la planète.

Un chiffre si énorme qu’il en devient absurde

90 000 milliards, ça s’écrit 9 suivi de 16 zéros. Pour te donner une idée, si chaque fourmi de la planète représentait une seconde, il faudrait plus de 2,8 millions d’années pour toutes les compter.

Les scientifiques ont obtenu ce chiffre en compilant plus de 465 études menées sur tous les continents, sauf l’Antarctique. Ils ont ensuite extrapolé les densités de fourmis observées localement à l’échelle mondiale, une méthode déjà utilisée pour estimer d’autres populations animales.

Le résultat dépasse largement les précédentes estimations, qui plafonnaient autour de 10 000 milliards. La nouvelle étude multiplie donc le chiffre par presque dix, ce qui a surpris les chercheurs eux-mêmes.

Leur poids dépasse celui de tous les oiseaux et mammifères sauvages

Voici le détail qui change tout : la biomasse totale de ces fourmis représente environ 12 millions de tonnes de carbone sec. Ce chiffre dépasse la biomasse combinée de tous les oiseaux sauvages et de tous les mammifères sauvages réunis sur Terre.

Balance comparant le poids des fourmis et des éléphants

Concrètement, ça veut dire qu’il y a plus de fourmis, en poids cumulé, que d’éléphants, de lions, de renards, de corbeaux et d’aigles additionnés. Un groupe d’insectes minuscules écrase littéralement la mégafaune terrestre en termes de masse totale.

Ce résultat s’explique par un principe simple en écologie : plus un organisme est petit, plus il peut exister en nombre. Les fourmis compensent leur taille microscopique par une capacité de reproduction et de colonisation hors normes.

Comment des insectes aussi petits pèsent aussi lourd

Une fourmi ouvrière pèse en moyenne quelques milligrammes. Multiplié par 90 000 milliards, ce poids ridicule devient une masse comparable à celle de millions d’humains.

Les fourmis occupent quasiment tous les écosystèmes terrestres : forêts tropicales, déserts, prairies, jusque dans les fissures des trottoirs urbains. Cette omniprésence géographique explique en grande partie leur nombre astronomique.

Elles jouent aussi un rôle écologique majeur trop souvent sous-estimé. Elles aèrent les sols, dispersent des graines, recyclent la matière organique et régulent les populations d’autres insectes, un peu à la manière des forêts qui disparaissent et bouleversent des équilibres entiers.

Des records qui donnent le tournis chez les fourmis

Certaines espèces de fourmis coupeuses de feuilles, en Amérique du Sud, construisent des colonies souterraines de plusieurs millions d’individus. Ces nids peuvent s’étendre sur plus de 50 mètres carrés et modifier durablement la structure du sol.

D’autres espèces, comme la fourmi d’Argentine, forment des super-colonies capables de s’étendre sur des milliers de kilomètres. Une seule colonie repérée en Europe s’étire du nord de l’Italie jusqu’au Portugal, une structure biologique continue unique au monde.

Ce genre de record rappelle d’autres exploits animaliers hors normes, comme ce chien qui parcourt 100 kilomètres pour retrouver son maître, preuve que le monde animal regorge de performances qui dépassent l’entendement.

Pourquoi ce chiffre pourrait encore grimper

Les chercheurs eux-mêmes précisent que ce chiffre de 90 000 milliards reste une estimation prudente. Certaines régions du globe, notamment les forêts tropicales denses et certaines zones arides, restent largement sous-étudiées.

Il est donc probable que le nombre réel de fourmis sur Terre soit encore supérieur à cette estimation déjà vertigineuse. Une chose est sûre : la prochaine fois que tu marches dans l’herbe, rappelle-toi que tu croises littéralement des milliards de vies minuscules qui, ensemble, pèsent plus lourd que n’importe quel animal sauvage de la planète.

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