Cet appart parisien mis aux enchères à 40 000 € a rendu fou 80 acheteurs… le prix final est brutal

Un deux-pièces de 45 m² dans le 11e arrondissement de Paris, mis à prix à 40 000 euros. Oui, vous avez bien lu. Le 4 juin 2026, près de 80 personnes se sont entassées dans la salle des criées du tribunal de Paris pour tenter de décrocher cette pépite. Ce qui s’est passé ensuite ressemble à un film — sauf que le dénouement n’est pas celui qu’on imagine.
Un appartement boulevard Voltaire à 890 € le mètre carré : la folie annoncée
Le boulevard Voltaire, c’est l’un des secteurs les plus cotés du 11e arrondissement. Des immeubles haussmanniens, des commerces, du métro partout. Un quartier où le mètre carré tourne autour de 10 000 euros. Alors quand un 45 m² apparaît sur la liste des ventes aux enchères à 40 000 euros — soit 890 euros le mètre carré — autant dire que le dossier a fait le tour de Paris en quelques heures.
Le bien était inscrit depuis plus d’un mois sur les listes du tribunal. Investisseurs, primo-accédants, curieux : tout le monde avait coché la date dans son agenda. Le jour J, la salle des criées était pleine à craquer. Même dans les villes les mieux payées de France, un tel prix d’appel reste un mirage.
Mais les habitués des enchères judiciaires le savent : le prix de départ ne veut rien dire. « La raison est défiée par des éléments extérieurs qu’on ne maîtrise pas », a prévenu un avocat présent dans la salle. Dans la même séance, un studio de 23 m² dans le 18e est parti à 64 000 euros tandis qu’un autre a grimpé jusqu’à 335 000 euros. Le grand écart permanent.
Un avocat expliquait que certains biens intéressent des voisins ou des membres de la famille. Dans ces cas-là, les prix peuvent grimper bien au-delà de toute logique. L’émotion remplace le calcul. Et tout le monde l’a compris quand l’appartement du boulevard Voltaire est arrivé à l’ordre du jour.
Première enchère à 200 000 € : quand la salle a basculé
Le silence s’est fait d’un coup. Le chronomètre est lancé pour une minute trente. À chaque nouvelle offre, il repart de zéro. Et la toute première enchère a donné le ton : 200 000 euros. Cinq fois le prix de départ. D’un seul coup.
Instantanément, une dizaine d’avocats ont porté leur téléphone à l’oreille pour consulter leurs clients. Les surenchères se sont enchaînées à un rythme nerveux. 330 000 euros. 343 000 euros. 380 000 euros. Sur les visages, la déception s’est installée au fil des paliers.
Julien Fam, spécialiste reconnu des ventes aux enchères, avait analysé les transactions récentes dans l’immeuble. La dernière vente visible remontait à avril 2024 : un appartement comparable vendu 465 000 euros, soit environ 10 500 euros le mètre carré. Le plus cher avait atteint 515 000 euros en janvier 2022. Sa fourchette estimée après rénovation : entre 10 500 et 10 800 euros du mètre carré.
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Autrement dit, même à 400 000 euros, l’acquéreur restait en dessous du marché. Mais encore fallait-il avoir les nerfs — et le budget — pour tenir. La salle des criées du tribunal de Paris n’est pas un placement sans risque comme le Livret A. C’est un ring.
Et la plupart des participants l’ont appris à leurs dépens ce jour-là. Comme bien des habitudes françaises, les enchères judiciaires semblent accessibles de loin — mais réservent des surprises de près.

401 000 € et une participante amère : « Je retourne en agence immobilière »
Comme souvent quand les chiffres s’envolent, c’est la frustration qui a eu le dernier mot pour la majorité des présents. Les enchères se sont arrêtées à 401 000 euros. Soit un peu moins de 9 000 euros le mètre carré pour ce deux-pièces du boulevard Voltaire.
L’acquéreur final n’était même pas dans la salle. Il a remporté la mise par téléphone, via son avocat. Sur place, l’ambiance était tout autre. « Bon, bah je retourne en agence immobilière », a lâché une participante en quittant la salle, visiblement amère. Une phrase qui résume à elle seule le fantasme — et la désillusion — des enchères judiciaires parisiennes.
Julien Fam a confirmé que le prix final restait intéressant. Mais il a nuancé : en ajoutant les frais préalables et les travaux de rénovation, on arrive autour de 450 000 euros. Soit à peu près le prix du marché. Une bonne affaire, oui. Le jackpot du siècle, non.
Car c’est tout le piège de ces ventes. Le prix d’appel fait rêver, les réseaux s’emballent, les gens se déplacent. Mais entre la promesse d’économies et la réalité des chiffres, il y a souvent un gouffre. Les frais de dossier, les travaux, les aléas juridiques : tout ça se rajoute à l’addition finale. Et le rêve des 890 euros du mètre carré s’évapore en quelques minutes de surenchères.
Morale de l’histoire : à Paris, même quand un appartement démarre à 40 000 euros, il finit toujours par coûter le prix d’un appartement parisien. Mais si vous avez les nerfs solides et un bon avocat, la salle des criées reste l’un des derniers terrains de chasse du marché immobilier. Et vous, vous tenteriez le coup ?