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La cabine de bronzage UV des années 90 : ce piège doré a totalement disparu des instituts français

Publié par Elsa Fanjul le 26 Août 2026 à 18:01

Dans les années 90, avoir un teint hâlé en plein mois de janvier n’avait rien d’exceptionnel. Il suffisait de pousser la porte d’un institut de bronzage, de glisser une pièce dans l’appareil et de s’allonger douze minutes sous des tubes UV. Ce rituel, aujourd’hui presque oublié, a pourtant façonné toute une génération de Français.

Femme dans une cabine de bronzage UV vintage des années 90

Le culte du teint hâlé toute l’année

En 1990, la France comptait des milliers de cabines UV, installées dans les instituts de beauté, les salles de sport et même certains supermarchés. Le concept séduisait par sa simplicité : un lit ou une cabine verticale tapissée de tubes fluorescents violets, une paire de lunettes de protection en plastique et douze à vingt minutes d’exposition.

Le bruit caractéristique du ventilateur, l’odeur de plastique chauffé, la lumière mauve qui filtrait sous la porte : ces détails restent gravés dans la mémoire de toute une génération. Beaucoup y allaient avant les vacances pour « préparer la peau », une pratique aujourd’hui jugée dangereuse par les dermatologues.

Certains instituts proposaient des forfaits mensuels illimités, un peu comme un abonnement de salle de sport. Le tarif tournait autour de 30 à 50 francs la séance, soit environ 5 à 8 euros actuels. Un vrai marché de niche s’est développé, porté par les magazines féminins qui vantaient le bronzage comme signe de bonne santé.

Ce qui reste des cabines UV aujourd’hui

En 2026, la cabine de bronzage a quasiment disparu du paysage urbain français. Selon les chiffres de la filière, le nombre d’établissements proposant des UV a chuté de plus de 80% depuis le pic des années 2000. Beaucoup d’instituts ont carrément retiré leurs cabines pour les remplacer par des soins de spa ou des appareils de massage.

Institut de beauté moderne avec cabine UV abandonnée en arrière-plan

Les rares cabines encore en activité sont soumises à une réglementation stricte depuis un décret qui encadre la puissance des tubes et impose un contrôle médical préalable. L’accès est désormais interdit aux mineurs, et chaque séance doit être espacée d’au moins 48 heures.

Le bronzage artificiel a aussi perdu son image glamour. Les campagnes de prévention contre le cancer de la peau, relayées par les dermatologues, ont fini par convaincre une large partie du public. Le mélanome, autrefois peu associé aux UV artificiels dans l’esprit collectif, est désormais clairement pointé du doigt par la recherche médicale.

Pourquoi ce basculement s’est produit si vite

Le tournant date du début des années 2010, quand l’Organisation mondiale de la santé a classé les appareils de bronzage UV parmi les cancérigènes de catégorie 1, au même niveau que le tabac ou l’amiante. Ce classement a fait l’effet d’une bombe dans une filière qui vivait tranquillement depuis vingt ans.

Plusieurs pays européens ont ensuite interdit purement et simplement l’accès aux cabines pour les moins de 18 ans, la France suivant ce mouvement. Les assureurs ont également revu leurs conditions, rendant l’exploitation d’un institut avec cabines UV plus coûteuse et plus risquée juridiquement.

Le bronzage sans soleil a fini par prendre le relais. Les sprays autobronzants, les crèmes teintées et les soins en institut à base de produits naturels ont capté une clientèle qui voulait un teint doré sans le risque. Ce marché du bronzage alternatif pèse aujourd’hui plusieurs centaines de millions d’euros en France.

Le regard sur le teint hâlé a lui aussi changé. Autrefois symbole de vacances et de réussite sociale, il est désormais perçu par beaucoup comme un risque évitable, à l’heure où la protection solaire est devenue un réflexe pour la majorité des Français.

Et dans 30 ans ?

Difficile d’imaginer aujourd’hui qu’un appareil aussi banal ait pu susciter aussi peu de méfiance pendant des décennies. Pourtant, c’était le cas, et des millions de Français y sont passés sans se poser de questions.

Dans trente ans, on regardera sans doute certaines de nos habitudes actuelles avec le même étonnement. Ce qui semble anodin aujourd’hui pourrait bien devenir, demain, le symbole d’une époque qu’on aura du mal à comprendre.

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