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La cabine d’essayage des grands magasins parisiens en 1965 vue en photos surprend tout le monde

Publié par Elsa Fanjul le 11 Août 2026 à 18:01

En 1965, essayer une robe au Printemps ou aux Galeries Lafayette n’avait rien d’un geste anodin. C’était un petit cérémonial, presque intime, encadré du début à la fin par une vendeuse dévouée.

Aujourd’hui, la même scène se joue seul, sous un néon blanc, avec un portable à la main pour photographier le résultat. Le contraste entre les deux époques est presque comique.

Un rituel à part entière, encadré du début à la fin

Dans les grands magasins parisiens des années 60, la cabine d’essayage n’était jamais un simple réduit avec un miroir. C’était une petite pièce tendue de velours ou de tissu épais, souvent bordeaux ou vert bouteille, avec un rideau qu’on tirait à la main.

La cliente ne s’y rendait jamais seule. Une vendeuse l’accompagnait, sélectionnait les pièces à sa taille, et restait dans les parages pendant tout l’essayage pour ajuster un col ou proposer une autre coupe.

Cliente essayant une robe avec vendeuse en 1965

Ce rapport quasi personnalisé rappelle un peu l’ambiance qu’on retrouvait aussi dans le tout premier hypermarché Carrefour, où le libre-service naissant coexistait encore avec des habitudes de commerce traditionnel.

Le miroir, lui, était souvent un triptyque à trois faces, permettant de voir le dos et les côtés sans avoir à se retourner sans cesse. Un détail que peu de boutiques modernes prennent encore la peine d’installer.

La lumière, le tissu, le geste : tout était pensé

L’éclairage jouait un rôle central. Les grands magasins misaient sur une lumière chaude, presque dorée, censée flatter les silhouettes et donner envie d’acheter.

Rien à voir avec les tubes fluorescents blafards qu’on trouve aujourd’hui dans la plupart des enseignes de prêt-à-porter, où chaque défaut de peau ou de coupe ressort sans filtre.

Cabine d'essayage vintage en velours avec miroir triptyque

Le sol était souvent recouvert d’un tapis épais, et certaines cabines disposaient même d’un petit tabouret capitonné pour poser son sac ou s’asseoir un instant.

La vendeuse notait aussi les préférences de ses clientes régulières : leur taille, leurs coupes favorites, parfois même leurs événements à venir. Un mariage, une réception, un baptême.

Aujourd’hui, l’essayage est devenu un acte solitaire et rapide

Direction 2026. La cabine d’essayage type ressemble désormais à un box standardisé, souvent en plastique ou en contreplaqué laqué blanc, identique dans toutes les enseignes du monde.

Le rideau de velours a cédé la place à une simple porte battante ou à un rideau en tissu synthétique fin, qui laisse parfois passer la lumière du couloir.

Plus de vendeuse dédiée. On entre seul, on ressort seul, et le seul contact humain se limite souvent à un « ça va, la taille ? » lancé à travers la porte.

Le miroir à trois faces a quasiment disparu des chaînes de fast-fashion. Il ne reste qu’un miroir plat, parfois même absent de la cabine elle-même, renvoyant la cliente vers un miroir collectif à l’extérieur.

Ce qui explique cette mutation radicale du rituel

Le premier facteur, c’est l’explosion du prêt-à-porter de masse dans les années 70 et 80. Les enseignes ont dû gérer des volumes de clients bien plus importants, rendant impossible l’accompagnement personnalisé d’antan.

La logique économique a aussi pesé lourd. Une vendeuse dédiée par cliente coûte cher ; un espace d’essayage minimaliste et autonome coûte beaucoup moins à construire et à entretenir.

L’essor de la fast-fashion dans les années 2000 a achevé la transformation. Les chaînes comme Zara ou H&M ont généralisé des cabines rapides, pensées pour un flux constant plutôt que pour un moment de service.

Le smartphone a fini le travail. On se photographie désormais soi-même dans le miroir pour demander l’avis d’un ami à distance, plutôt que celui d’une vendeuse présente physiquement.

Dans 30 ans, on trouvera nos cabines d’aujourd’hui tout aussi datées

Les enseignes testent déjà des cabines connectées, avec écrans tactiles pour commander une autre taille sans sortir, ou miroirs à réalité augmentée pour essayer virtuellement une tenue.

Certaines boutiques haut de gamme réintroduisent même un service personnalisé, façon retour aux sources des années 60, mais avec appli mobile et rendez-vous privé.

Ce qui semblait être un progrès radical il y a vingt ans deviendra peut-être, à son tour, une anecdote nostalgique qu’on racontera à ses enfants avec un sourire un peu gêné.

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