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Le camping français des années 70 : ces vacances sous toile que les moins de 40 ans ne reconnaîtraient pas

Publié par Elsa Fanjul le 06 Juil 2026 à 18:01

Il y a 50 ans, planter sa tente relevait presque de l’expédition. Toile épaisse, sardines rebelles, seau d’eau à remplir à la pompe commune : le camping version années 70 n’avait rien à voir avec le glamping actuel.

Et pourtant, des millions de familles françaises ont vécu leurs plus beaux étés dans ce décor rudimentaire. Retour sur une époque où les vacances se méritaient.

Sous la toile, un autre monde

Dans les années 70, la tente canadienne trône dans tous les campings de France. Faite de coton épais et lourd, elle pèse parfois 15 kilos une fois pliée, contre 2 ou 3 kilos pour une tente moderne en polyester.

Monter cette structure demandait une vraie technique. Il fallait tendre la toile avec des cordages, planter des piquets en bois ou en métal, et prier pour que l’orage annoncé passe à côté.

Famille montant une tente canadienne dans les années 70

Car la toile de coton, contrairement aux matières synthétiques d’aujourd’hui, n’était pas franchement imperméable. Un orage nocturne signifiait souvent un réveil les pieds dans l’eau, le duvet trempé collé au matelas pneumatique.

Ce matelas, justement, se gonflait à la bouche ou avec une pompe à pied grinçante. Aucune trace des matelas autogonflants ou des lits de camp confortables qu’on trouve aujourd’hui en grande surface.

Le confort sanitaire ? Un bloc commun avec douches à jetons, souvent éloigné de l’emplacement. Les enfants s’y rendaient en tongs, serviette sur l’épaule, dans une file d’attente qui pouvait durer de longues minutes.

Le rituel du soir autour du réchaud

Chaque emplacement avait son réchaud à gaz, posé sur une table pliante branlante. La bouteille de butane, souvent trop lourde pour les enfants, servait à cuire les pâtes ou réchauffer le cassoulet en boîte.

Pas de réfrigérateur électrique : la glacière en polystyrène, remplie de pains de glace achetés à l’épicerie du camping, gardait le beurre et le jambon au frais tant bien que mal.

Famille autour du réchaud à gaz en camping vintage

Le soir, les familles se retrouvaient devant leur tente, une lampe à pétrole ou une bougie posée sur la table. Pas de wifi, pas de prise électrique : on jouait aux cartes ou on racontait des histoires jusqu’à l’extinction des feux.

La radio à piles diffusait parfois de la musique, capturant tant bien que mal une station locale à travers les grésillements. C’était souvent le seul lien avec le monde extérieur pendant deux ou trois semaines.

Cette ambiance conviviale forgeait des amitiés de vacances qui duraient parfois toute l’année, entretenues par des cartes postales échangées entre deux campings de régions différentes.

Le camping aujourd’hui : mobil-homes et wifi gratuit

Direction 2026. Le camping français a troqué la toile contre le mobil-home climatisé, souvent équipé d’une télévision, d’un lave-vaisselle et d’une terrasse en bois.

Selon la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air, plus de 60% des emplacements dans les campings classés proposent désormais des hébergements locatifs équipés, contre une quasi-absence dans les années 70.

Le wifi gratuit est devenu un critère de choix presque aussi important que la proximité de la plage. Beaucoup de campings affichent fièrement leur débit sur leur site internet pour rassurer les familles connectées.

Les sanitaires ont aussi changé de visage. Douches individuelles chauffées, parfois même dans le mobil-home directement, loin des files d’attente et des jetons à glisser dans une fente métallique.

Côté loisirs, le camping s’est transformé en petit village de vacances. Piscines à toboggans, spa, animations pour enfants encadrées par des équipes dédiées : le concept a explosé au point de ressembler à un club de vacances haut de gamme.

Pourquoi tout a changé

Le premier facteur de cette mutation, c’est l’évolution des attentes des familles françaises. Le confort est devenu une exigence, pas un luxe, y compris pour des vacances abordables.

Les matériaux ont aussi fait un bond technologique. Le polyester léger et vraiment imperméable a rendu la tente en toile de coton obsolète dès les années 80-90, avant que le mobil-home ne prenne le relais.

Enfin, la concurrence internationale a poussé les campings français à se réinventer. Face aux campings espagnols ou portugais souvent mieux équipés, les exploitants hexagonaux ont dû investir massivement pour retenir leur clientèle.

Résultat : le camping traditionnel, avec sa tente et son réchaud à gaz, ne représente plus qu’une petite part du marché. Il survit surtout chez les amateurs de camping sauvage ou les nostalgiques du retour à l’essentiel.

Dans 30 ans, le mobil-home fera sourire

Ce qui nous semble ultra-confortable aujourd’hui paraîtra sans doute rudimentaire dans quelques décennies. Peut-être que nos enfants riront de nos wifi capricieux et de nos mobil-homes sans domotique intégrée.

Une chose est sûre : le camping continuera d’évoluer, entre nostalgie du bivouac simple et appétit grandissant pour le confort. La toile de coton, elle, restera à jamais le symbole d’une époque révolue mais chère au cœur de millions de Français.

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