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Le camping-car français des années 70 : ces vacances artisanales ont totalement disparu des routes

Publié par Elsa Fanjul le 13 Sep 2026 à 18:01

Il y a cinquante ans, partir en vacances motorisées relevait presque du bricolage artisanal. Une simple fourgonnette Renault Estafette ou Citroën HY, retapée dans un garage, un matelas posé à l’arrière, et la famille prenait la route pour un mois.

Aujourd’hui, le camping-car ressemble à un petit appartement roulant avec GPS, panneaux solaires et douche à l’italienne. Entre ces deux mondes, quarante ans d’évolution qui racontent aussi la transformation des vacances françaises.

Famille des années 70 devant leur fourgonnette camping-car bricolée

Une fourgonnette retapée dans le garage familial

Dans les années 70, le camping-car n’existait quasiment pas en tant que produit fini. Les Français transformaient eux-mêmes des utilitaires comme la Renault Estafette ou la Citroën HY, achetées d’occasion pour une bouchée de pain.

Le père de famille, souvent bricoleur du dimanche, découpait des fenêtres au chalumeau et installait des rideaux en tissu fleuri pour l’intimité. Pas d’isolation thermique digne de ce nom : l’été, l’habitacle en tôle se transformait en fournaise dès 10 heures du matin.

À l’intérieur, un simple réchaud à gaz Camping Gaz posé sur une planche faisait office de cuisine. L’eau venait d’un bidon de 20 litres transporté à la main depuis le robinet du camping le plus proche.

Les toilettes ? Souvent absentes. Direction les sanitaires collectifs du camping municipal, un rituel que les moins de 40 ans ne reconnaîtraient pas aujourd’hui.

Ces premiers modèles Peugeot J7 aménagés maison coûtaient rarement plus de 5 000 francs, soit environ 6 000 euros actuels. Une somme modeste comparée à ce qu’exigent les véhicules d’aujourd’hui.

Mais que trouve-t-on derrière le volant en 2026 ?

Famille moderne devant un camping-car connecté high-tech en 2026

Changement d’époque radical. Le camping-car moderne, comme les modèles Hymer ou Rapido, embarque désormais chargeur solaire, WiFi satellite et cuisine équipée digne d’un studio parisien.

Le prix moyen d’un camping-car neuf en France dépasse aujourd’hui 65 000 euros, selon les données de la Fédération des Industries du Camping-Car. Certains modèles haut de gamme franchissent la barre des 150 000 euros.

La douche à l’italienne a remplacé le seau d’eau froide. Les toilettes chimiques sont désormais intégrées de série, même sur les modèles d’entrée de gamme.

L’isolation thermique multicouche permet de rouler par -10°C en hiver comme sous 35°C en plein été sans souffrir. Un confort que personne n’imaginait possible sur les routes françaises des années 70.

Le GPS intégré et les applications dédiées indiquent en temps réel les aires de camping-car disponibles à proximité. Fini l’époque où l’on cherchait un terrain vague au hasard des départementales.

Pourquoi cette mutation express en cinquante ans ?

Le vrai tournant survient dans les années 1990, quand des constructeurs comme Rapido et Chausson professionnalisent totalement le secteur. Le camping-car passe du statut de bricolage à celui de véritable industrie automobile.

La crise sanitaire de 2020 a ensuite provoqué un boom spectaculaire des ventes. Les Français, privés de voyages à l’étranger, se sont rués vers ce mode de vacances jugé plus sûr et autonome.

Selon le Syndicat National des Véhicules de Loisirs, les immatriculations de camping-cars neufs ont bondi de 30% entre 2019 et 2021 en France. Un engouement qui ne s’est jamais complètement essoufflé depuis.

La démocratisation du télétravail a aussi transformé ces véhicules en bureaux nomades. Certains Français vivent désormais plusieurs mois par an sur les routes, connectés grâce à la 4G embarquée.

Et dans trente ans ?

Les constructeurs planchent déjà sur des camping-cars électriques autonomes, capables de se garer seuls et de produire toute leur énergie. Un scénario qui semblerait tout aussi fantasque à nos grands-parents que leur Estafette bricolée nous paraît aujourd’hui préhistorique.

D’ici quelques décennies, on regardera sans doute nos camping-cars connectés de 2026 avec le même sourire attendri que celui qu’on adresse aujourd’hui aux fourgonnettes fleuries des années 70. L’histoire des vacances françaises ne fait que commencer à se réécrire.

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