Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Insolite

Il voulait sauver des œufs de casoar chez lui : ce geste de routine lui a coûté la vie à 75 ans

Publié par Gabrielle Nourry le 05 Sep 2026 à 9:31
Marvin Hajos gardait « l'oiseau le plus dangereux du monde » : la fin tragique de ce passionné de 75 ans

Il avait consacré sa vie à ces oiseaux hors normes, au point d’en faire des conférences. Marvin Hajos, 75 ans, élevait chez lui deux couples reproducteurs de casoars, considérés comme parmi les volatiles les plus redoutables de la planète. Ce qui devait rester une passion s’est transformé en tragédie le jour où l’un de ces géants a chargé son propriétaire pour une raison bien précise.

Une passion qui remontait à l’enfance

Marvin Hajos vivait à Alachua, dans le nord de la Floride, où il avait installé une véritable ménagerie d’animaux exotiques. Selon son ami Jim Glynn, interrogé par Fox 35, sa fascination pour les oiseaux remontait à l’enfance : il avait commencé à faire du bénévolat au zoo du Bronx dès l’âge de 10 ans.

Devenu adulte, il possédait une licence officielle pour élever des casoars, ces oiseaux coureurs originaires d’Australie et de Nouvelle-Guinée, réputés pour leur caractère farouche. Son engagement allait bien au-delà du simple loisir : il participait activement à la préservation de l’espèce, aujourd’hui menacée dans son milieu naturel, un peu comme d’autres passionnés qui s’investissent dans des causes animalières que l’on retrouve parfois relayées jusque dans l’actualité animalière.

« Il était conscient des dangers de ces animaux. Il ne laissait jamais personne d’autre s’y exposer. C’était quelqu’un de très compétent », a insisté Jim Glynn. Une prudence qui n’a pourtant pas suffi à éviter le drame, survenu en 2019, quand la saison de reproduction a rendu la situation incontrôlable. Comme souvent avec les espèces sauvages, même les experts les plus chevronnés peuvent être surpris.

Le geste fatal pour sauver les œufs

Ce jour-là, l’une des femelles se montrait particulièrement agressive envers les mâles, poussant des cris pour protéger ses œufs. Ce comportement n’a rien d’anormal chez les casoars : en période de reproduction, les mâles peuvent devenir agités au point de tenter d’écraser les œufs eux-mêmes, provoquant la panique et la défense acharnée des femelles.

Pour désamorcer la situation, Marvin Hajos a décidé d’intervenir directement. Son idée : récupérer les œufs pour les placer dans un incubateur, à l’abri de la confusion ambiante et des mâles menaçants. Un geste guidé par sa longue expérience, mais qui l’a exposé à un danger mortel.

Le lieutenant Brett Rhodenizer, du bureau du shérif du comté, a résumé la scène aux enquêteurs : « Nous pensons qu’il est entré pour récupérer cet œuf, et qu’à un moment donné, l’oiseau a réussi à l’attaquer. » L’un des grands volatiles s’est jeté sur lui, le projetant violemment au sol.

Des situations extrêmes qui rappellent, sur un tout autre registre, à quel point la nature réserve son lot de surprises aux scientifiques et passionnés du monde entier.

Blessé au sol, Marvin a eu le temps d’appeler sa fille à l’aide. Mais celle-ci n’a rien pu faire pour le sauver à temps. Une femme présente sur la propriété, décrite comme sa compagne, a confié par la suite qu’il était mort « en faisant ce qu’il aimait ».

Homme âgé pensif près d'une volière en bois

Un rival digne d’un vélociraptor

Pour comprendre l’ampleur du danger, il suffit de regarder les pattes d’un casoar. Chaque orteil est armé d’une griffe massive, semblable à celle d’un vélociraptor — sauf que l’oiseau, lui, est bien plus imposant que le dinosaure.

Le casoar austral peut mesurer jusqu’à 1,80 mètre et peser environ 45 kilos, tout en étant capable de sprinter à près de 50 km/h. De quoi rivaliser avec certaines images d’un autre temps qui semblent tout droit sorties d’un film préhistorique.

Ces oiseaux ne s’en prennent pourtant que rarement aux humains. La plupart du temps, ils préfèrent fuir plutôt que combattre. Mais acculés, provoqués, ou comme ici en pleine défense de leur progéniture, ils peuvent devenir extrêmement violents en quelques secondes.

Le cas de Marvin Hajos reste d’ailleurs exceptionnel : il est seulement la deuxième personne au monde confirmée avoir été tuée par un casoar. Le premier cas documenté remonte à 1926, en Australie, lorsqu’un adolescent et ses amis avaient frappé l’un de ces oiseaux avec un gourdin, déclenchant une attaque mortelle en représailles.

Presque un siècle plus tard, l’histoire de Marvin rappelle que même les experts les plus prudents ne sont jamais totalement à l’abri face à des animaux aussi imprévisibles.

Deux morts en près d’un siècle, et pourtant une leçon intacte : le respect n’exclut jamais le danger. La passion de Marvin Hajos pour les casoars a fait de lui un expert reconnu, mais elle lui a aussi coûté la vie dans un geste presque instinctif de protection animale. Une histoire qui interroge sur la frontière ténue entre passion dévorante et prudence nécessaire.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *