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Sans aucune route pour y accéder, cette cité maya intacte vient d’être découverte dans la jungle mexicaine

Publié par Elsa Fanjul le 07 Juil 2026 à 16:41
Temple pyramidal maya envahi par la végétation dense

Une jungle si dense qu’aucun sentier n’y mène. Une cité vieille de plus de 1 400 ans, jamais touchée par le moindre pillard. C’est ce qu’une équipe d’archéologues mexicains et slovènes vient de mettre au jour au fin fond de la péninsule du Yucatán, et l’histoire de cette découverte est presque aussi folle que la cité elle-même.

Une cité fantôme cachée au cœur de la réserve de Calakmul

Tout commence dans la réserve de biosphère de Calakmul, dans l’État mexicain de Campeche. C’est là, en pleine végétation tropicale, qu’un groupe de chercheurs a mis la main sur les vestiges d’un centre urbain maya, actif entre 600 et 900 après J.-C. À cette époque, la région aurait compté plus de 9 millions d’habitants, un chiffre qui donne le vertige quand on pense à la jungle presque impénétrable qui recouvre aujourd’hui les lieux.

Selon les informations rapportées par El Sol de México, personne n’avait jamais repéré ce site auparavant. Pas étonnant : la zone est tellement reculée qu’aucun chemin n’y menait, même pour les habitants des environs. Un détail qui change tout dans une région où les vestiges mayas sont pourtant nombreux et documentés depuis des décennies.

C’est justement cette absence totale d’accès qui a intrigué l’équipe dès le départ. Comment une cité aussi vaste avait-elle pu rester invisible aussi longtemps, alors que d’autres sites voisins ont été explorés, cartographiés, parfois même pillés ? La réponse tient en un mot : l’isolement total. Et ce mot allait bientôt devenir son nom.

« Minanbé », la cité qu’il fallait ouvrir à la tronçonneuse

Pour atteindre le site, l’équipe a dû littéralement se frayer un passage. D’après El Universal, les archéologues ont ouvert une trouée de près de 5 kilomètres à la tronçonneuse et à la machette, à travers une végétation si dense qu’elle avait protégé la cité de tout visiteur depuis des siècles. Ce parcours du combattant lui a valu son nom : Minanbé, qui signifie « il n’y a pas de route » en maya yucatèque.

L’archéologue slovène Ivan Sprajc, qui a dirigé les recherches, ne cache pas son étonnement. Cité par Aristegui Noticias, il explique : « Comparé à d’autres endroits où nous avons effectué des relevés de surface, l’accès ici était beaucoup plus difficile. Cependant, en trois ans, c’est le seul site que nous découvrons intact et dépourvu de traces de pillage. Une véritable surprise. »

Dans un entretien accordé à El Universal, le chercheur raconte aussi la genèse de cette aventure : des années à scruter des irrégularités sur Google Earth et via d’autres outils satellitaires, avant de se décider à aller vérifier sur place. Une intuition numérique qui a fini par payer, littéralement, à coups de machette.

Mains d'archéologue nettoyant une stèle maya gravée

Un temple de 12 mètres et 14 monuments encore debout

Une fois la végétation dégagée, la découverte dépasse toutes les attentes. La cité s’étend sur 15 hectares et s’organise autour de places entourées d’édifices religieux, de terrasses et de zones humides traversées par des canaux, selon El Universal. Un urbanisme structuré qui témoigne d’une organisation politique et sociale déjà bien établie il y a plus de 1 400 ans.

Le New York Times évoque de son côté des autels, des stèles, ainsi que plusieurs structures typiquement mayas, dont un impressionnant temple pyramidal d’environ 12 mètres de haut. Un vestige suffisamment imposant pour laisser imaginer l’ampleur qu’avait ce centre urbain à son apogée.

L’historienne María Elena Vega Villalobos, qui a participé au projet, souligne que 14 monuments ont déjà été recensés sur le site. Un nombre qui laisse penser que Minanbé occupait une place politique importante dans la région, loin d’être un simple hameau perdu au milieu de nulle part.

Les Mayas savaient déjà lire le ciel avec une précision redoutable, comme le montre une étude sur leur capacité à prédire les éclipses sur plusieurs siècles, et ce nouveau site pourrait apporter d’autres indices sur leur organisation sociale et religieuse.

D’autres fouilles sont désormais attendues pour percer tous les secrets de Minanbé, dont l’histoire complète est à retrouver sur Courrier international.

Une cité intacte, jamais pillée, retrouvée grâce à des images satellite et une bonne dose de ténacité : voilà le genre de découverte qui rappelle que la jungle mexicaine garde encore des secrets vieux de 1 400 ans. Combien d’autres Minanbé attendent, sans route, sans nom, quelque part sous la canopée ?

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