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Le Club Med a été inventé par un champion de water-polo belge fauché à Alicante

Publié par Elsa Fanjul le 04 Sep 2026 à 10:01

Un ex-champion de water-polo belge, complètement ruiné, plante des tentes militaires sur une plage espagnole. Personne ne sait encore que cet homme vient d’inventer le concept qui va redéfinir les vacances pour des centaines de millions de gens.

Aujourd’hui le Club Med, c’est du luxe, des cocktails au bord de piscine et des villages five-tridents aux Maldives. À l’origine, c’était l’inverse total : des surplus militaires, zéro confort, et un mec sans argent qui voulait juste que les gens arrêtent de stresser.

Un nageur belge sans un centime en poche

Gérard Blitz n’a rien d’un magnat du tourisme en 1950. C’est un ancien champion de water-polo, fils d’un tailleur de diamants anversois, qui a survécu à la guerre et cherche un sens à sa vie.

Il traîne à Alicante, en Espagne, sans un sou, et tombe sur un stock de tentes militaires américaines invendues. L’armée US les a abandonnées après la Seconde Guerre mondiale, personne n’en veut.

Homme installant des tentes militaires sur une plage

L’idée lui vient presque par hasard : planter ces tentes sur une plage, réunir des gens fatigués de la guerre et de la grisaille, et leur proposer de vivre en communauté, presque en tribu, loin de tout.

Le premier village sans électricité ni eau courante

Le tout premier « village » Club Med ouvre à Alcúdia, sur l’île de Majorque, en 1950. Pas de bâtiments en dur, pas d’électricité, pas d’eau courante : juste des tentes de récup et une ambition folle.

Blitz veut créer un endroit où les vacanciers mangent ensemble, dorment sous la même toile, et oublient hiérarchie sociale et statut. L’idée séduit immédiatement une France qui sort tout juste des restrictions de l’après-guerre.

Le concept s’appelle alors « Club Méditerranée », et l’ambition dépasse largement le simple séjour au soleil : il s’agit de reconstruire du lien social après des années de traumatisme collectif.

Vacanciers partageant un repas communautaire sous une tente

Les premiers clients dorment à même le sol, se lavent à l’eau froide, et pourtant ils reviennent l’année suivante avec leurs amis. Le bouche-à-oreille fait le reste.

De la tente militaire aux Maldives : la métamorphose

Un an après l’ouverture d’Alcúdia, un industriel français du nom de Gilbert Trigano rejoint l’aventure. Sa famille fabrique justement du matériel de camping, et il apporte les moyens logistiques qui manquaient à Blitz.

Le duo transforme peu à peu le camping de fortune en véritable réseau : d’abord des cases en dur, puis des bungalows, puis des complexes hôteliers complets à travers le monde.

Dans les décennies suivantes, le Club Med s’installe en Grèce, au Maroc, à Tahiti, puis dans les Caraïbes. La marque grandit à une vitesse que même ses fondateurs n’avaient pas anticipée.

Le twist que presque personne ne connaît

Le détail que la plupart des vacanciers ignorent : le concept de « tout compris », devenu la norme absolue dans l’industrie du tourisme mondial, vient directement de ces premières tentes espagnoles où tout était partagé.

Repas collectifs, activités incluses, ambiance communautaire forcée par le manque de confort individuel : c’est cette contrainte de départ qui a inventé, presque par accident, le modèle all inclusive que copient aujourd’hui des milliers d’hôtels de la planète.

Gérard Blitz voulait simplement recréer une tribu sur une plage pour des gens brisés par la guerre. Il a fini, sans le vouloir, par inventer une industrie qui pèse aujourd’hui plusieurs milliards d’euros.

À raconter au prochain apéro

La prochaine fois qu’un pote réserve un Club Med à Marrakech ou aux Seychelles, tu pourras lui raconter que tout a commencé avec des tentes militaires américaines abandonnées sur une plage d’Alicante.

Un champion de water-polo fauché, un industriel du camping, et une idée toute simple : ça suffit parfois pour changer la façon dont le monde entier part en vacances.

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