Il s’ampute volontairement le pied pour 260 000 € d’assurance : la supercherie grotesque de ce fonctionnaire

Se couper le pied soi-même pour empocher 260 000 euros d’assurance. Non, ce n’est pas le pitch d’un film d’horreur. C’est ce qu’un fonctionnaire brésilien a réellement fait en juillet 2019, dans l’État de Bahia. Les enquêteurs ont mis moins de temps à le démasquer qu’il n’en avait mis à préparer son coup.
Quatre contrats d’assurance en deux mois : le plan minutieux de Vanderley
Vanderley dos Santos Gomes n’a rien laissé au hasard. Enfin, presque. En l’espace de deux mois à peine, ce fonctionnaire local a souscrit quatre contrats d’assurance vie et accident corporel. Un rythme de souscription qui, rétrospectivement, ressemble à un compte à rebours.
Le 10 juillet 2019, tout bascule. Vanderley se rend sur une route isolée du village de Mercês, dans la zone rurale de São Gonçalo dos Campos. Là, il met son plan à exécution : il s’ampute le pied droit et simule une agression. Selon sa version, des voleurs l’auraient attaqué, lui auraient tranché le pied et l’auraient placé dans un sac à dos, retrouvé plus tard avec ses effets personnels déclarés « volés ».
L’objectif de cette automutilation calculée était simple : toucher 1,5 million de réaux brésiliens, soit environ 260 000 euros d’indemnités. Un pactole censé changer sa vie. Mais certains signaux d’alerte, comme ceux que les épargnants ne voient pas passer, n’échappent jamais aux systèmes de surveillance. Et les assureurs n’ont pas mis longtemps à flairer la fraude.
Une amputation « chirurgicale » qui ne collait pas avec un vol de rue
Premier signal d’alarme : la souscription simultanée de quatre contrats auprès de différents assureurs. Les systèmes de détection croisée ont immédiatement levé un drapeau rouge. Quand un client discret souscrit autant de polices en si peu de temps, les algorithmes ne dorment pas.
Mais c’est l’expertise médicale qui a scellé le sort de Vanderley. Les médecins légistes ont été formels : l’amputation du pied ne correspondait pas à des coups violents portés lors d’une agression de rue. La coupe était trop nette, trop précise. Comme réalisée avec une méthodologie troublante.
L’avocat des compagnies d’assurance, Adriano Scattini, a résumé la situation au média brésilien G1 : « Ceux qui l’ont aidé avaient des connaissances en techniques chirurgicales, ce qui invalide la version de la violence et du vol. » En clair, quelqu’un ayant un savoir médical a participé à l’opération. L’absence totale de demande de rançon a fini d’enterrer le scénario de l’agression. Aucun voleur au monde ne tranche un pied sans rien exiger en retour.
On connaît ces signaux qui trahissent un profil hors norme. Ici, c’est la froideur du plan qui a frappé les enquêteurs.

720 heures de travaux d’intérêt général et un pied en moins : le bilan glacial
Quand la justice finit par rattraper les plus audacieux, la chute est rarement glorieuse. Vanderley a tenté tous les recours possibles. Chaque appel a été rejeté. En mai 2025, sa condamnation est devenue définitive.
La sentence ? 720 heures de travaux d’intérêt général et une amende de 7 590 réaux, soit environ 1 300 euros. Un montant dérisoire comparé aux 260 000 euros espérés. Le rapport coût-bénéfice de l’opération est vertigineux — dans le mauvais sens.
Car au bout du compte, Vanderley n’a touché aucun centime de ses contrats d’assurance. Il a perdu un pied, gagné un casier judiciaire et récolté une peine qui, même sans prison ferme, restera gravée. On est loin des milliards gaspillés par l’humanité pour rien : ici, un seul homme a sacrifié une partie de son corps pour zéro euro.
Perdre un pied pour ne rien gagner : c’est peut-être la définition la plus littérale d’une arnaque qui se retourne contre son auteur. Et si cette histoire vous semble surréaliste, dites-vous qu’un homme, quelque part au Brésil, marche aujourd’hui avec une prothèse et 720 heures de travaux à purger. Parfois, le crime ne paie vraiment, vraiment pas.