Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Insolite

Haribo : pourquoi les oursons ont exactement 5 couleurs — et une seule n’a jamais changé depuis 1922

Publié par le 14 Juin 2026 à 10:01

Tu en as mangé des centaines. Peut-être des milliers. Mais tu n’as probablement jamais remarqué que les oursons Haribo suivent une règle précise depuis plus d’un siècle. Chaque couleur correspond à un parfum, et une seule n’a jamais bougé depuis la création du bonbon — même quand tout le reste a changé.

Un bonbon né dans une cuisine de Bonn en 1920

Hans Riegel est un confiseur allemand fauché. En 1920, il lance sa propre entreprise dans la buanderie de sa maison à Bonn, avec un sac de sucre, une plaque de marbre et un réchaud en cuivre. Sa femme livre les commandes à vélo. Le nom de la boîte ? Hans Riegel, Bonn. HARIBO.

Confiseur allemand fabriquant des bonbons dans un atelier artisanal en 1920

Les premiers bonbons sont des oursons plats et assez grands, inspirés des ours dressés qu’on voyait dans les foires allemandes de l’époque. Ils s’appelaient les Tanzbären — les « ours dansants ». Rien à voir avec les petits nounours qu’on connaît aujourd’hui.

En 1922, Riegel fixe une recette et un format qui vont traverser le siècle. L’ourson mesure environ 2 centimètres, pèse 2 grammes, et surtout : il a exactement cinq couleurs. Ce choix n’est pas esthétique. Il est commercial, et beaucoup plus malin qu’il n’y paraît.

Cinq couleurs, cinq parfums — et un code que personne ne remarque

La plupart des gens piochent dans le sachet sans réfléchir. Pourtant, chaque couleur a un goût spécifique, et la majorité des consommateurs se trompent quand on leur demande de les identifier. Le blanc, par exemple, n’est pas à la vanille. Il est à l’ananas.

Cinq oursons Haribo de couleurs différentes tenus dans une main

Le rouge n’est pas à la cerise mais à la framboise. Le orange est à l’orange — là, c’est facile. Le jaune est au citron. Et le vert ? Fraise. Oui, fraise. Pas pomme, pas menthe. Fraise. C’est la couleur qui trompe le plus de monde.

Ce décalage entre la couleur et le goût perçu n’est pas un accident. Des études en neurosciences ont montré que le cerveau « goûte » d’abord avec les yeux. Haribo le savait intuitivement depuis un siècle : un bonbon vert au goût de fraise crée une micro-surprise en bouche. Et cette surprise, c’est ce qui donne envie d’en reprendre un.

Mais parmi ces cinq couleurs, il y en a une que la marque n’a jamais modifiée, même quand les recettes ont évolué selon les pays. Et c’est là que l’histoire devient vraiment intéressante.

La seule couleur intouchable depuis 1922

Aux États-Unis, Haribo a dû adapter ses parfums au palais américain. Le vert est devenu fraise des bois, le blanc est passé à l’ananas renforcé. En Allemagne, les recettes ont légèrement bougé au fil des décennies — sauf une.

Le rouge n’a jamais changé. Framboise, depuis 1922. C’est le parfum original de Hans Riegel, celui qu’il a fixé en premier. Et c’est aussi, selon les données internes de la marque, le bonbon le plus mangé dans chaque paquet. Partout dans le monde. Depuis un siècle.

Ce n’est pas un hasard si le rouge est toujours le plus populaire. La couleur rouge active des zones cérébrales liées à l’appétit et au plaisir — c’est pour ça que le ketchup Heinz est resté rouge même quand la marque a tenté le vert. Le vert a été un flop monumental. Haribo, lui, n’a jamais fait cette erreur.

Hans Riegel Senior est mort en 1945. Ses deux fils, Hans Junior et Paul, ont repris l’entreprise dans une Allemagne en ruines. Ils ont modernisé la production, changé la taille des oursons, ajusté les textures. Mais la consigne paternelle sur le rouge framboise n’a jamais été remise en question.

Le détail que même les fans ne connaissent pas

Haribo produit environ 100 millions d’oursons par jour. Cent millions. Chaque jour. L’usine principale de Bonn tourne 24 heures sur 24 et les moules sont remplacés toutes les quelques semaines tellement ils s’usent vite.

Mais le vrai secret de fabrication, c’est le temps de séchage. Un ourson Haribo met entre 3 et 5 jours à sécher dans des chambres spéciales après le moulage. C’est ce séchage lent qui donne la texture élastique que les imitations n’arrivent jamais à reproduire. Les concurrents sèchent en 24 heures — et ça se sent en bouche.

Hans Riegel Junior, qui a dirigé l’entreprise jusqu’à sa mort en 2013 à 90 ans, avait une habitude célèbre dans l’industrie : il goûtait personnellement les oursons chaque matin. Pas une fois par semaine, pas lors de contrôles qualité. Chaque matin, pendant plus de 60 ans.

Il gardait une règle absolue, héritée de son père : si le rouge framboise ne provoquait pas une « envie immédiate d’en prendre un deuxième », tout le lot était rejeté. Cette obsession du rouge explique pourquoi, dans un monde où les marques changent constamment leurs recettes pour réduire les coûts, l’ourson rouge Haribo a exactement le même goût qu’en 1922.

Autre fait peu connu : les oursons ne sont pas répartis de façon égale dans le paquet. Haribo ajuste le ratio selon les pays. En France, il y a légèrement plus de rouges et de blancs. En Allemagne, plus de verts. La marque ne communique jamais ces chiffres, mais des fans obsessionnels ont compté — et les résultats sont toujours les mêmes, paquet après paquet.

Aujourd’hui, comme beaucoup de marques iconiques, Haribo vaut plusieurs milliards d’euros. L’entreprise est toujours privée, toujours familiale, toujours basée à Bonn. Et l’ourson rouge framboise est toujours là, inchangé, 103 ans après qu’un confiseur fauché l’a inventé dans sa buanderie.

La prochaine fois que tu ouvres un paquet, regarde quel ourson tu attrapes en premier. Il y a de très bonnes chances que ce soit le rouge. Et maintenant, tu sais pourquoi.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *