IKEA vendait des meubles de bébé en 1963 : ce catalogue oublié gêne encore la marque aujourd’hui
Aujourd’hui, IKEA c’est le Billy, le Kallax, les boulettes de viande et les allées labyrinthiques où on finit toujours par se perdre. Mais dans les années 60, la marque suédoise vendait un genre de mobilier qu’elle préférerait sans doute effacer de ses archives.
Un vieux catalogue de 1963, retrouvé et partagé des décennies plus tard, montre qu’IKEA proposait alors des meubles pensés spécifiquement pour les nourrissons. Rien d’illégal à l’époque. Mais avec le regard d’aujourd’hui, certaines pages passent très mal.

Un catalogue qui dort dans les archives pour de bonnes raisons
Dans les années 60, IKEA n’est pas encore le géant mondial qu’on connaît. La marque, fondée en 1943 par Ingvar Kamprad, cherche encore son identité entre vente par correspondance et petits magasins régionaux en Suède.
Le catalogue 1963 fait partie de cette période de tâtonnements. On y trouve du mobilier classique, des étagères, des tables. Et au milieu de tout ça, une section dédiée aux tout-petits qui a fini par ressurgir sur les réseaux sociaux des décennies plus tard.
Ce qui interpelle, ce n’est pas l’existence de meubles pour bébés en soi. C’est la manière dont ils étaient conçus et présentés, avec des standards de sécurité qui n’avaient absolument rien à voir avec les normes actuelles.
Ce que montrent vraiment ces pages oubliées
Le fameux catalogue met en scène des berceaux et des lits d’enfants dans un style typiquement scandinave de l’époque : bois brut, lignes simples, esthétique minimaliste. Sur le papier, rien de choquant pour 1963.
Le problème, c’est que certains designs présentés seraient aujourd’hui interdits à la vente. Barreaux trop espacés, absence de dispositifs de sécurité, structures qui ne répondraient à aucune norme européenne moderne pour l’enfance.

À l’époque, la réglementation sur le mobilier pour nourrissons est quasi inexistante en Europe. Les fabricants suivent leur bon sens et les usages locaux, pas des cahiers des charges stricts. IKEA n’est pas une exception, elle suit simplement les standards flous de son temps.
C’est justement ça qui rend le document gênant a posteriori : il n’y a pas eu de scandale à l’époque, juste un silence qui a permis à ces pages de dormir tranquillement pendant plus de soixante ans.
Pourquoi ce détail refait surface aujourd’hui
Ce genre de catalogue vintage circule régulièrement sur les réseaux sociaux et les forums spécialisés dans l’histoire du design. Les internautes adorent comparer les objets du quotidien d’hier avec ceux d’aujourd’hui, et le mobilier pour enfants est un terrain particulièrement sensible.
IKEA a depuis considérablement changé de politique. La marque investit aujourd’hui des sommes colossales dans la sécurité infantile, avec des équipes dédiées aux tests de résistance et de conformité pour chaque produit destiné aux plus jeunes.
Ce grand écart entre 1963 et maintenant illustre surtout à quel point les normes de sécurité ont évolué en soixante ans. Ce qui semblait acceptable pour un nourrisson dans les années 60 ferait aujourd’hui l’objet d’un rappel produit immédiat.
Le twist que personne ne voit venir
Le plus ironique dans cette histoire, c’est qu’IKEA a construit une bonne partie de sa réputation moderne sur la sécurité et la simplicité pour les familles. La marque qui vend aujourd’hui des rehausseurs certifiés et des barrières de sécurité pour escaliers a, dans son propre passé, distribué du mobilier qu’elle jugerait aujourd’hui inacceptable.
Ce n’est pas un cas isolé dans l’histoire des grandes marques. Beaucoup d’entreprises centenaires ou presque ont des archives qui ne collent plus du tout à leur image actuelle, entre publicités sexistes des années 50 et packagings douteux.
La différence, c’est qu’IKEA a construit une identité si forte autour du cocon familial que ce contraste frappe particulièrement fort quand il ressurgit.
Maintenant tu sais
La prochaine fois que tu montes un lit à barreaux IKEA testé et approuvé aux dernières normes européennes, pense à ce catalogue de 1963 planqué quelque part dans les archives suédoises. Raconte ça à un pote qui vient d’avoir un enfant, il risque de regarder son berceau différemment.