Il lègue sa fortune de 9 millions d’euros à la mairie : ses héritiers s’insurgent
Le cas de Robert éveille les soupçons de ses proches qui ont porté l’affaire devant la justice et espèrent récupérer la fortune familiale.
Magouilles de la mairie ou réel attachement ? Les questions se multiplient depuis 2023, année du décès de Robert, 93 ans. S’il s’est empressé de faire le nécessaire pour les funérailles, son fils s’est aperçu d’une anomalie en parcourant les documents relatifs à la succession. En effet, il a découvert avec surprise que son père léguait la totalité de ses biens, équivalente à 9 millions d’euros, à la commune du Pradet (Var).
La mairie du Pradet grandement récompensée
Pour lui, il n’y a aucun doute : le nonagénaire a été victime d’abus de faiblesse. Dans ses colonnes, Le Figaro rapporte en effet que le vieillard a radicalement modifié le contenu de son testament en 2021. Ce, alors même qu’il avait toujours désigné ses enfants et petits-enfants comme héritiers de son patrimoine.
« Effectivement, le 19 octobre 2020, Robert avait rédigé un testament dans lequel il léguait sa maison en usufruit à son fils et en nue-propriété à ses petits-enfants », rapporte le quotidien national. Il a ensuite modifié le document à plusieurs reprises, toujours au profit des membres de sa famille, jusqu’à la dernière version, en 2021.
D’ailleurs, ce n’est pas le notaire habituel, mais une autre notaire qui a établi le dernier acte juridique, détaille cette fois Marie-France. « Nous interrogeons l’intervention de la notaire dans la mise en place du testament, sachant que le défunt avait un notaire de famille qui avait établi tous les précédents actes testamentaires », rapporte Constance Muller, l’avocate du fils.
Un accord entre la notaire et les gardiens ?
Décidée à obtenir des détails concernant cette fameuse notaire, elle parvient à établir que cette dernière est « proche de la mairie ». « Nous avons contacté la notaire pour savoir à quel titre elle avait été mandatée, comme personne ne la connaissait, mais elle ne nous a jamais donné de réponse », poursuit-elle. Les soupçons de son client vont même au-delà des siens et se portent sur les gardiens de la propriété de Robert.
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Après son décès, ils ont touché 300 000 euros. Un pactole qu’ils ont pu empocher grâce à la modification du contrat d’assurance-vie.
Parce qu’il réside en Bretagne, le fils ne s’est pas douté de l’horreur qui se jouait derrière les murs de la résidence. Désormais, il réclame des réponses à ses questions et passe à l’offensive. « La famille plaide un abus de faiblesse. Robert était sourd, voyait mal et ne pouvait plus se déplacer seul », confie encore Constance Muller.
Si le testament ne le stipule pas, la loi exige que les enfants aient un droit de réserve héréditaire de 50 % de la succession. Celui-ci reviendra « in fine à Jean-Marie (le fils du défunt, ndlr), lequel détient à ce titre une créance auprès de la mairie du Pradet ». Et l’avocate de conclure : « Le testament en cause ne mentionnait pas cette réserve héréditaire au profit de son fils unique, alors que son père était très attaché à sa maison familiale et au fait qu’elle revienne à ses héritiers après sa mort. Cela est d’autant plus troublant. » Il faut dire que les affaires du genre ne sont pas rares, comme le montre la vidéo suivante :