Le M&M’s jaune n’a jamais existé au départ : la couleur qui a fait scandale en 1976
En 1976, des millions d’Américains ont ouvert leur paquet de M&M’s et remarqué un truc bizarre : plus aucun bonbon rouge dedans. Pas de rappel produit, pas de communiqué officiel bien visible, juste une couleur qui s’évapore du jour au lendemain.
Et le pire, c’est que M&M’s n’avait strictement rien fait de mal. La marque a payé pour l’erreur d’un concurrent qu’elle n’utilisait même pas.

Un colorant qui n’était même pas dans les bonbons
Tout part d’une étude soviétique publiée au début des années 1970. Elle établit un lien entre le colorant rouge FD&C n°2, aussi appelé amarante, et l’apparition de tumeurs chez des rats de laboratoire.
La FDA américaine s’empare du dossier et interdit purement et simplement l’amarante en 1976. Panique dans l’industrie agroalimentaire : ce colorant sert à teinter des centaines de produits, des bonbons aux boissons.
Sauf qu’un détail change tout dans cette histoire. Mars, la maison-mère de M&M’s, n’a jamais utilisé l’amarante pour colorer ses bonbons rouges. Leur rouge venait d’un autre colorant, totalement autorisé et jamais mis en cause par l’étude russe.
Retirer une couleur qui n’a jamais posé problème
Alors pourquoi retirer le rouge si le colorant en cause n’était même pas dans la recette ? La réponse tient en un mot : la confusion générale qui régnait dans l’opinion publique.
Les journaux américains parlaient de « colorant rouge cancérigène » sans forcément préciser lequel exactement. Le grand public a fait l’amalgame entre tous les bonbons rouges, peu importe la formule chimique utilisée derrière.

Mars a alors pris une décision radicale par pure prudence commerciale. Plutôt que de risquer un bad buzz massif et une chute des ventes, la marque a préféré retirer les M&M’s rouges du marché, même si son propre colorant n’était visé par aucune interdiction.
Résultat : pendant onze ans, de 1976 à 1987, il n’y a eu aucun M&M’s rouge dans les paquets vendus aux États-Unis. La marque les a remplacés par de l’orange, histoire de garder le même nombre de couleurs dans le mélange.
Le retour surprise et un clin d’œil à la conquête spatiale
Le rouge fait son grand retour en 1987, plus de dix ans après sa disparition. Entre-temps, la réglementation américaine sur les colorants alimentaires s’était clarifiée, et Mars a pu relancer sa teinte historique sans craindre la moindre confusion avec l’amarante interdite.
Le timing du retour n’est pas anodin non plus. Cette même année, la NASA envoie des M&M’s dans l’espace à bord d’une navette, et la marque en profite pour célébrer l’événement en ramenant sa couleur iconique sur Terre.
Le clin d’œil ne s’arrête pas là. Des décennies plus tard, en 1997, ce sont les internautes eux-mêmes qui choisissent une nouvelle couleur pour la gamme via un vote public à grande échelle : le bleu l’emporte face au rose et à la couleur pêche.
Une leçon marketing que personne n’a oubliée
Cette histoire est devenue un cas d’école dans les formations en communication de crise. Mars n’était coupable de rien, mais a préféré sacrifier une couleur pendant plus d’une décennie plutôt que de laisser planer le moindre doute chez ses clients.
Un choix qui a payé : la marque n’a jamais été associée au scandale de l’amarante dans la mémoire collective, contrairement à d’autres industriels moins réactifs à l’époque.
Maintenant tu sais pourquoi il n’y avait pas un seul bonbon rouge dans les paquets de tes parents entre 1976 et 1987. Balance l’anecdote au prochain apéro, personne ne la connaît.