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Le vrai nom de la marque M&M’s vient de deux hommes qui se détestaient

Publié par Elsa Fanjul le 15 Juin 2026 à 10:01

Tu en as mangé des poignées entières devant Netflix. Tu as probablement un avis tranché sur la couleur qui a le meilleur goût. Mais si on te demande ce que signifient les deux M de M&M’s, tu sèches. Et quand tu vas découvrir l’histoire derrière ces deux lettres, tu vas regarder ton paquet différemment.

Un père, un fils et une idée volée aux soldats

On est en 1941, en pleine Seconde Guerre mondiale. Forrest Mars, fils du magnat du chocolat Frank Mars (celui qui a créé la barre Mars), a un problème avec son père. Les deux hommes ne se parlent quasiment plus depuis des années.

Homme d'affaires des années 1940 examinant des bonbons chocolatés

Forrest a été viré de l’entreprise familiale dans les années 1930. Son père l’a littéralement mis à la porte après des disputes sur la gestion de la boîte. Exilé en Europe, Forrest a bourlingué et observé. Et c’est en Espagne, pendant la guerre civile, qu’il a eu le déclic.

Il a vu des soldats manger des billes de chocolat enrobées d’une fine couche de sucre durci. L’avantage était simple : le chocolat ne fondait pas dans la chaleur. Forrest a immédiatement compris le potentiel commercial. Mais pour lancer son projet aux États-Unis, il avait besoin d’un associé.

Le deal improbable entre deux rivaux

Forrest Mars s’est tourné vers Bruce Murrie, le fils du président de Hershey, le plus gros fabricant de chocolat américain. Le choix n’avait rien de sentimental. En pleine guerre, le cacao était rationné, et seul Hershey avait un accès garanti à la matière première.

Bruce Murrie a obtenu 20 % de l’entreprise. Et le nom ? M&M’s. Le premier M pour Mars, le second pour Murrie. Deux noms de famille, côte à côte, sur chaque bonbon vendu dans le monde. Simple, efficace. Sauf que derrière cette façade, la relation entre les deux hommes était un désastre.

Forrest Mars avait la réputation d’un tyran perfectionniste. Il hurlait sur ses employés, jetait des produits par terre s’ils n’étaient pas parfaits, et traitait Bruce Murrie comme un associé de seconde zone. Murrie, de son côté, n’avait quasiment aucun pouvoir décisionnel malgré ses parts.

Le coup de grâce que personne n’a vu venir

L’armée américaine est devenue le premier client de M&M’s. Les soldats embarquaient ces bonbons dans leur paquetage parce que le chocolat tenait la chaleur. Le slogan légendaire « fond dans la bouche, pas dans la main » vient directement de cette réalité militaire.

Les ventes ont explosé après la guerre. Des millions de GI rentrés au pays réclamaient leurs bonbons. Et c’est exactement à ce moment-là que Forrest Mars a frappé. En 1949, quand le rationnement du cacao a pris fin, Forrest n’avait plus besoin de l’accès privilégié de Hershey.

Il a racheté les 20 % de Bruce Murrie et l’a poussé dehors. L’homme dont le nom figure sur des milliards de paquets vendus chaque année n’a plus jamais touché un centime de M&M’s. Son M est resté sur l’emballage, mais lui a disparu de l’histoire.

Le twist que même les fans ignorent

Forrest Mars ne s’est pas arrêté là. Après avoir éjecté Murrie, il a mené une guerre froide de trente ans contre l’entreprise de son propre père. Il a racheté Mars Inc. en 1964, fusionnant tout sous son contrôle. Le fils rebelle a fini par diriger l’empire que son père lui avait interdit de toucher.

Aujourd’hui, Mars Inc. pèse plus de 45 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel. L’entreprise possède Snickers, Twix, Skittles, Uncle Ben’s, Whiskas et Royal Canin. Tout ça parti d’une bille de chocolat copiée sur des soldats espagnols.

Et Bruce Murrie ? Presque aucune trace de lui dans les archives. Pas de biographie, pas de musée, pas de fondation à son nom. Juste une lettre, la deuxième, sur le paquet que tu achètes à la caisse du supermarché. Un M fantôme que 7 milliards de personnes lisent sans savoir qu’il appartenait à un homme viré de sa propre entreprise. La prochaine fois que tu plonges la main dans un sachet, tu pourras raconter ça — et ruiner l’ambiance d’un apéro en beauté.

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