Un nouveau prodige de la mode venu d’Éthiopie (vidéo)
Un nouveau prodige de la mode venu d’Éthiopie
Il vient d’Addis-Abeba en Éthiopie, il s’appelle Kalu, et il est en train de bouleverser les codes de la mode mondiale avec des moyens qui défient toute logique créative. Cet adolescent éthiopien fait le buzz sur les réseaux sociaux en transformant des objets du quotidien : vieux vêtements, sacs de céréales, capsules de soda, chambres à air, pneus usés en tenues d’une élégance stupéfiante.
Une mode née du recyclage
Son décor est un mur de parpaing brut, sa passerelle une chaussée en terre battue. Ses matières premières ? Ce que d’autres jetteraient sans y penser. Une toile de sac de céréales se transforme en blouse ouverte sur les côtés, nouée par un zigzag de rubans et des boutons simplement dessinés au trait. Des capsules de Coca-Cola rouges viennent border des mocassins ou s’accumuler sur une veste avec la précision d’une broderie de haute couture. Des bandes de denim et de toile de sac tissées ensemble donnent naissance à un jean singulier, complété de poches brodées avec soin. Un pneu usé devient cuirasse, une chambre à air se transforme en pantalon orné d’agrafes.
Chaque vidéo commence par les chaussures : des Nike autrefois blanches, des godillots de pêcheur, des bottes de caoutchouc agrafées aux déchirures. Des souliers qui deviennent le point de départ d’une tenue improbable et pourtant parfaitement cohérente.
Sa démarche résonne d’autant plus dans un contexte mondial tendu, où les ressources se raréfient et où la mode cherche des alternatives éthiques et écologiques à ses modèles de production. Kalu, lui, n’attend pas : il crée, avec rien, ce que d’autres peinent à produire avec tout.
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Un écho jusqu’aux grandes maisons
Sur les réseaux, un mot revient en boucle dans les commentaires : « Balenciaga ». La comparaison n’est pas anodine. Le directeur artistique de la maison, Demna Gvasalia, a lui-même construit son esthétique à partir du manque et du dénuement de l’Europe de l’Est. Kalu semble suivre une trajectoire similaire depuis Addis-Abeba, avec une poésie brute qui transforme, comme le disent les internautes, la poussière en étoiles.