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48 000 : le nombre de tonnes d’or qui reposent au fond des mines jamais exploitées en France

Publié par Elsa Fanjul le 13 Sep 2026 à 8:01

Tu penses peut-être que l’or, c’est réservé à l’Afrique du Sud, à l’Australie ou aux vieilles ruées vers l’ouest américaines. Détrompe-toi complètement. 🪙 Sous certaines régions françaises, des tonnes de métal précieux dorment littéralement sous nos pieds, jamais touchées.

Le chiffre qui circule chez les géologues spécialisés donne le vertige : environ 48 000 tonnes d’or resteraient piégées dans le sous-sol hexagonal, principalement en Guyane et dans le Massif central. Pour comparer, la Banque de France ne détient « que » 2 436 tonnes dans ses coffres.

Autrement dit, il y aurait presque 20 fois plus d’or enfoui sous terre que dans toutes les réserves officielles du pays réunies. Et pourtant, personne ne va le chercher sérieusement.

Pourquoi ce trésor reste inaccessible

La raison n’a rien de mystique. Extraire cet or coûterait une fortune et détruirait des écosystèmes entiers, notamment en Guyane où la forêt amazonienne abrite une biodiversité unique au monde.

Depuis 2019, la France a d’ailleurs interdit l’exploitation de nouvelles mines d’or industrielles sur son territoire. Une décision politique qui gèle littéralement des milliards d’euros de richesses potentielles.

À titre indicatif, au cours actuel, ces 48 000 tonnes représenteraient une valeur théorique dépassant les 3 000 milliards d’euros. Un chiffre presque équivalent au PIB annuel français tout entier.

Géologue examinant le sol aurifère en forêt guyanaise

La Guyane, cœur battant de cette richesse cachée

C’est en Guyane que se concentre l’essentiel de ce potentiel aurifère. Le sous-sol guyanais est riche en filons, hérité d’une histoire géologique vieille de plus de 2 milliards d’années.

Le problème, c’est que l’orpaillage illégal y prospère déjà à grande échelle. Des milliers de chercheurs d’or clandestins, souvent brésiliens, s’infiltrent dans la forêt et polluent les rivières au mercure sans aucune autorisation.

Chaque année, les autorités détruisent des centaines de sites d’orpaillage illégaux lors d’opérations militaires comme Harpie. Un jeu du chat et de la souris qui coûte cher à l’État sans jamais tarir totalement le phénomène.

Le Massif central, ancienne terre d’orpailleurs

Moins connu, le Massif central a pourtant connu sa propre ruée vers l’or il y a plusieurs siècles. Des traces d’exploitation romaine ont même été retrouvées dans le Limousin.

Aujourd’hui encore, certains cours d’eau de cette région contiennent des paillettes d’or naturelles. Des passionnés pratiquent l’orpaillage récréatif, une activité légale à condition de ne pas utiliser d’outils motorisés.

Ces amateurs ne trouvent généralement que quelques grammes par saison, loin des tonnes qui dorment plus profondément. Mais l’idée qu’un simple tamis puisse révéler un peu d’or français fascine toujours autant.

Orpailleur amateur cherchant de l'or dans une rivière française

Un trésor qu’on préfère laisser dormir

Ce paradoxe résume assez bien notre époque : la France possède un trésor colossal sous ses pieds, mais choisit délibérément de ne pas y toucher. Écologie contre économie, le débat reste tranché en faveur de la nature, du moins pour l’instant.

D’autres pays font des choix radicalement différents. Le Pérou ou le Ghana, par exemple, autorisent massivement l’exploitation aurifère malgré des conséquences environnementales dramatiques documentées depuis des décennies.

La France, elle, préfère laisser dormir ses 48 000 tonnes. Un choix qui pourrait sembler frustrant sur le papier, mais qui protège des forêts primaires irremplaçables. Comme quoi, tout l’or du monde ne vaut pas toujours la peine d’être déterré.

1 commentaire

  • C
    CaseD7
    13/09/2026 à 08:41
    Ai slop

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