Ce distributeur de bonbons a un secret : il a inventé le PEZ pour lutter contre la cigarette
Ce petit rectangle de bonbon qui sort d’une tête de personnage en plastique, tu l’as forcément eu entre les mains gamin. Sauf que le PEZ n’a jamais été inventé pour toi. Son créateur visait un tout autre public : les fumeurs adultes qu’il voulait sevrer de leur clope.

Un bonbon né dans un pays qui n’aime pas les sucreries
En 1927, l’Autrichien Eduard Haas III invente une petite pastille compressée à la menthe. Il veut créer une alternative « saine » à la cigarette, à une époque où fumer est perçu comme un vice à combattre.
Le nom PEZ vient d’ailleurs directement de là : c’est une contraction de « PfeffErminZ », qui signifie menthe poivrée en allemand. Rien à voir avec un prénom ou une marque fantaisiste, tout est dans le mot.
À l’époque, le bonbon se vend dans une petite boîte métallique façon étui à cigarettes. Le message est clair : sortez ce petit objet de votre poche à la place d’un paquet de tabac.
La révélation : un distributeur pensé pour remplacer le briquet
C’est en 1948 qu’Eduard Haas dépose le brevet du fameux distributeur mécanique. Sa forme allongée n’a rien d’un hasard : elle imite volontairement celle d’un briquet, l’objet que le fumeur sort machinalement de sa poche.

L’idée est presque géniale sur le papier. Remplacer le geste de fumer par le geste de croquer une pastille mentholée, avec un objet qui tient dans la main de la même façon. Haas cible directement les adultes accros à la nicotine, pas les enfants.
Le slogan de l’époque assume totalement cette ambition : « No Smoking, Pez ! ». Le message publicitaire pousse les fumeurs à troquer leur paquet contre une boîte de bonbons à la menthe, vendue comme un geste de santé.
Problème : le pari ne fonctionne quasiment pas en Europe. Les ventes stagnent, la cible adulte reste accro à sa cigarette, et la marque autrichienne cherche désespérément un second souffle.
Le twist qui a tout changé : direction les États-Unis
En 1952, PEZ traverse l’Atlantique et débarque aux États-Unis. Là, l’entreprise change complètement de stratégie sans prévenir personne : exit le ciblage anti-tabac, place aux enfants.
Les têtes de personnages en plastique apparaissent sur les distributeurs à cette période précise. Mickey Mouse, puis des dizaines de licences Disney, super-héros et personnages de dessins animés viennent coiffer le mécanisme initialement pensé pour les fumeurs adultes.
Le goût change aussi radicalement : la menthe poivrée austère laisse place à des parfums fruités, bien plus attractifs pour les plus jeunes. Fraise, citron, orange : le bonbon devient sucré et coloré, à l’opposé total du projet original.
Le pari inverse fonctionne à merveille. PEZ devient un phénomène de collection aux États-Unis, avec des distributeurs rares qui s’arrachent aujourd’hui à plusieurs milliers de dollars chez les collectionneurs.
Le détail que presque personne ne connaît
Le tout premier distributeur PEZ, celui de 1948, n’avait aucune tête de personnage. C’était un simple boîtier métallique lisse, pensé pour ressembler discrètement à un briquet dans la poche d’un adulte.
Les têtes en plastique que tout le monde associe à la marque n’arrivent qu’à partir des années 1950, une fois le virage américain amorcé. Ce sont elles qui ont fait le succès mondial du produit, à des années-lumière de l’ambition anti-tabac initiale d’Eduard Haas.
Aujourd’hui, un musée entier est même consacré à la marque au Connecticut, où sont exposés des milliers de distributeurs collectors venus du monde entier.
À retenir la prochaine fois que tu croques un PEZ
La prochaine fois que tu tires sur une tête de Batman ou de princesse Disney pour sortir ta pastille, souviens-toi que ce petit mécanisme a été pensé à l’origine pour sevrer des fumeurs autrichiens. Raconte ça à un pote, il va halluciner.