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Le photomaton des années 60 : ce rideau et ces 4 poses que les moins de 40 ans n’ont jamais connus

Publié par Elsa Fanjul le 16 Juil 2026 à 18:01

Il y a 60 ans, entrer dans un photomaton ressemblait presque à un rite de passage. On tirait un lourd rideau de velours grenat, on s’asseyait sur un tabouret réglable en métal, et on attendait le flash aveuglant en retenant sa respiration.

Aujourd’hui, la cabine a un écran tactile, paie par carte bancaire et propose des filtres colorés en trente secondes. Entre les deux, c’est toute une manière de se faire tirer le portrait qui a disparu.

Le rituel du rideau et des quatre poses figées

Dans les années 60, le photomaton trônait souvent dans le hall d’une gare, d’un grand magasin ou près d’une mairie. La cabine était en bois ou en métal peint, avec un rideau qu’on fermait à la main pour s’isoler des regards.

Photomaton vintage avec rideau en velours dans les années 60

À l’intérieur, un tabouret vissé au sol qu’il fallait ajuster en hauteur, souvent en tournant une vis grinçante. Face à soi, un miroir permettait de vérifier sa coiffure avant l’appareil, capricieux et sans pitié pour les faux mouvements.

Le principe : quatre poses imposées, prises à intervalles réguliers par un flash brutal qui laissait des points lumineux dans les yeux pendant plusieurs secondes. Impossible de recommencer si on avait cligné des yeux ou grimacé.

Le prix tournait autour d’un ou deux francs selon les décennies, une somme non négligeable pour beaucoup de familles. On ne gaspillait donc pas une pièce pour un fou rire raté devant l’objectif.

L’attente interminable devant le tiroir de développement

Une fois les quatre poses prises, la vraie épreuve commençait : l’attente. Le développement chimique de la bande photo prenait plusieurs minutes, parfois près d’un quart d’heure selon l’état de la machine.

On patientait devant un petit tiroir métallique, sans certitude que la photo allait vraiment sortir. Les pannes étaient fréquentes, et repartir bredouille après avoir payé n’avait rien d’exceptionnel.

Quand la bande tombait enfin, encore légèrement humide de produits chimiques, on la sortait avec précaution pour ne pas l’abîmer. Ces photos servaient surtout aux papiers d’identité, à la toute nouvelle carte grise ou aux dossiers administratifs de l’époque.

La cabine tactile qui a tout changé en quelques années

Le grand basculement s’est joué avec l’arrivée du numérique dans les années 2000. Les capteurs photo remplacent la pellicule, l’impression thermique remplace le bain chimique, et le résultat sort en moins d’une minute.

Cabine photo moderne à écran tactile en 2026

Fini le rideau en tissu : les cabines modernes ont des portes coulissantes en verre, un éclairage LED réglable et un écran tactile qui guide chaque étape. Le paiement par carte bancaire ou sans contact a remplacé la pièce de monnaie.

Certaines bornes proposent désormais des filtres, des fonds colorés ou même des impressions au format autocollant pour les réseaux sociaux. La photo d’identité classique cohabite avec des usages purement ludiques, presque photobooth de mariage.

Le format a lui aussi évolué : la bande verticale traditionnelle existe toujours, mais de nombreuses cabines produisent désormais directement des photos individuelles aux normes ISO exigées pour les passeports et cartes d’identité biométriques.

Ce qui a vraiment provoqué cette mutation

La cause première tient à la réglementation. Depuis le passage aux documents d’identité biométriques, les photos doivent respecter des normes strictes : fond neutre, cadrage précis, absence d’ombre sur le visage.

Les vieilles cabines chimiques ne pouvaient plus garantir cette conformité, ce qui a précipité leur retrait au profit de bornes numériques calibrées automatiquement. Le smartphone a aussi bouleversé la donne.

Avec un appareil photo dans toutes les poches, le photomaton a perdu son monopole du souvenir instantané. Il a dû se réinventer en service purement administratif ou en attraction ludique pour continuer à exister dans les gares et centres commerciaux.

La nostalgie autour de ces cabines d’un autre temps rejoint celle d’autres lieux disparus, comme le lavoir de village d’il y a 100 ans ou La Poste d’il y a 60 ans, deux institutions qui ont dû se transformer radicalement pour survivre.

Dans 30 ans, on rira peut-être de nos selfies

Difficile d’imaginer aujourd’hui qu’un simple rideau et un flash brutal suffisaient à fixer un souvenir de toute une vie. Nos enfants trouveront sans doute nos photomatons tactiles tout aussi datés que nous trouvons ceux du siècle dernier.

Reste une certitude : dans trente ans, quelqu’un écrira sûrement un article sur nos bornes actuelles, en s’étonnant qu’on ait eu besoin d’un écran tactile pour se prendre en photo.

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