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Le photomaton d’aéroport dans les années 80 : cette cabine que 90% des Français ont utilisée a disparu

Publié par Elsa Fanjul le 26 Juil 2026 à 18:02

Il y a encore 30 ans, impossible d’échapper au photomaton pour renouveler sa carte d’identité ou son passeport. Cette cabine à rideau, plantée dans les gares, les mairies et les grands magasins, faisait partie du décor urbain français.

Aujourd’hui, elle a presque disparu au profit du smartphone et des bornes numériques. Retour sur la vie et le déclin d’un objet que des millions de Français ont connu.

Le rituel immuable de la cabine à rideau

Dans les années 80, la scène se répète partout en France : on glisse quelques pièces dans une fente métallique, on tire le rideau orange ou bleu, et on s’assoit sur le petit tabouret pivotant.

Le flash crépite quatre fois, à intervalles réguliers, et il faut tenir la pose sans bouger ni sourire. Le moindre mouvement de tête obligeait à tout recommencer, pièces perdues.

Femme dans un photomaton vintage à rideau orange

Puis vient l’attente, souvent plusieurs minutes, devant une petite trappe où les photos glissent enfin, encore humides de produit chimique.

Les tirages sortaient en bande de quatre poses identiques, légèrement décalées, avec ce grain caractéristique et ces teintes parfois verdâtres ou trop contrastées.

On en gardait toujours une ratée dans son portefeuille, juste pour rire des années après. Ces cabines coûtaient à l’époque entre 15 et 20 francs, soit environ 3 euros actuels.

Le tout-numérique a tout changé

Aujourd’hui, la majorité des Français font leurs photos d’identité chez le photographe du coin ou directement depuis leur téléphone, avec une application dédiée.

Les bornes automatiques restantes, elles, ont troqué la pellicule chimique contre un capteur numérique et une imprimante thermique instantanée.

Comparaison cabine photo chimique et borne numérique

Plus de rideau à tirer : certaines cabines modernes se contentent d’un simple écran tactile et d’un fond blanc rétractable en quelques secondes.

Le résultat sort en moins d’une minute, calibré automatiquement aux normes ICAO exigées pour les passeports biométriques et les cartes d’identité électroniques.

Le prix, lui, a grimpé : comptez aujourd’hui entre 5 et 8 euros pour quatre photos conformes, loin des tarifs symboliques d’antan.

Pourquoi la cabine à l’ancienne a presque tout perdu

Le grand tournant date de 2009, avec l’apparition progressive des passeports biométriques en France, qui imposent des normes de cadrage très strictes.

Les vieilles cabines chimiques, pensées dans les années 60 pour des photos classiques, ne pouvaient plus garantir ces critères techniques précis.

Beaucoup d’exploitants ont préféré fermer boutique plutôt qu’investir dans du matériel numérique coûteux à installer et à entretenir.

Le smartphone a porté le coup final : des applis gratuites permettent désormais de faire sa propre photo d’identité conforme, sans bouger de chez soi.

Certaines mairies proposent même la prise de vue directement sur place, lors du dépôt du dossier de carte d’identité ou de passeport.

Résultat, le nombre de cabines photo en France a fondu : on estime qu’il en reste aujourd’hui quelques milliers, contre plusieurs dizaines de milliers dans les années 80.

Et demain, la photo d’identité sans bouger de chez soi ?

Certains pays testent déjà la reconnaissance faciale directe depuis une webcam, validée par intelligence artificielle, sans passer par aucune cabine.

Dans 30 ans, on racontera peut-être à nos enfants qu’il fallait autrefois se déplacer physiquement, s’asseoir sur un tabouret et attendre un tirage papier.

Une scène qui semblera alors aussi datée que le téléphone public à pièces ou le Minitel le sont devenus pour nous aujourd’hui.

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