Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Insolite

Il a inventé le Rubik’s Cube et n’a jamais pensé qu’on pourrait le mélanger

Publié par Elsa Fanjul le 25 Sep 2026 à 10:01

Un prof de design hongrois bricole un objet en bois pour illustrer un cours de géométrie. Il ne sait pas qu’il vient de créer le jouet le plus vendu de l’histoire. Pire : il met un mois entier à comprendre comment le résoudre lui-même.

Un prof qui voulait juste expliquer un problème de géométrie

En 1974, Ernő Rubik enseigne le design d’intérieur à Budapest. Il cherche un moyen concret d’expliquer à ses étudiants comment des éléments peuvent bouger indépendamment tout en restant reliés à un ensemble.

Il bricole alors un cube en bois de 3x3x3, avec des élastiques et des morceaux de papier collés sur les faces. L’objectif est pédagogique, rien de plus : montrer une structure tridimensionnelle qui se déforme sans se casser.

Inventeur assemblant un prototype de cube en bois

Sauf que le mécanisme qu’il invente pour faire tourner les pans du cube sans que tout s’effondre est un coup de génie technique. Personne avant lui n’avait réussi à faire pivoter des blocs internes sans axe central visible.

La révélation : il met un mois à résoudre son propre cube

Une fois son prototype terminé, Ernő Rubik mélange les couleurs pour tester la solidité du mécanisme. Grave erreur de calcul : il n’avait absolument pas anticipé la difficulté de revenir à la configuration de départ.

Il lui faudra un mois complet pour retrouver les six faces unies. Le créateur de l’objet, celui qui en connaît chaque rouage mieux que quiconque au monde, galère plus qu’un enfant devant un problème de maths.

Cette anecdote résume à elle seule la complexité insensée de l’objet : il existe environ 43 trillions de combinaisons possibles, mais une seule est la bonne. Rubik venait de créer, sans le vouloir, l’un des casse-têtes les plus vertigineux jamais conçus.

Mains manipulant un Rubik's Cube coloré la nuit

Le cube sort en Hongrie en 1977 sous le nom de « Bűvös kocka » (le cube magique). Il faudra attendre 1980 pour qu’une entreprise américaine, Ideal Toy Corporation, le rachète et le renomme Rubik’s Cube pour l’exporter dans le monde entier.

Le twist bonus que personne ne connaît

Le succès est aussi soudain que colossal. En seulement trois ans, entre 1980 et 1983, plus de 200 millions d’exemplaires sont vendus dans le monde. Le jouet devient un phénomène culturel, au même titre que le Monopoly ou les Playmobil dans les cours de récré.

Le détail que presque personne ne connaît : Ernő Rubik n’a jamais déposé de brevet international dans les premières années. Résultat, des dizaines de copies bon marché ont envahi le marché avant même que l’original ne soit distribué partout.

Autre fait insolite : aujourd’hui, les meilleurs « speedcubers » résolvent le casse-tête en moins de 4 secondes. Le record du monde tourne autour de 3,13 secondes, décroché par un jeune prodige chinois. Rubik, lui, a mis 720 heures.

Ernő Rubik a longtemps refusé les interviews et vivait retiré, presque incrédule face au monstre qu’il avait créé. Il a fini par toucher des royalties colossales sur chaque exemplaire vendu, devenant l’un des Hongrois les plus riches de l’histoire récente, un peu comme l’inventeur du Velcro qui a lui aussi vu son invention lui échapper.

Maintenant tu sais pourquoi ce petit cube coloré résiste à toutes les modes depuis 50 ans. Raconte ça à un pote qui galère encore à aligner une seule face : il va halluciner que même le créateur a mis un mois entier.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *