Ce logo de café mondialement connu cache une sirène à deux queues censurée pendant des années
Tu commandes ton café tous les matins devant ce logo vert sans jamais vraiment le regarder. Pourtant la créature dessinée dessus a une histoire beaucoup plus tordue que n’importe quel Frappuccino.
Une sirène à deux queues, à moitié nue, inspirée d’une gravure norvégienne du 15e siècle : voilà ce que des millions de personnes fixent chaque jour sans le savoir.
Un nom et un logo pêchés dans un vieux livre de marins
En 1971, à Seattle, trois passionnés de café cherchent un nom qui évoque l’aventure maritime et le commerce du café venu de loin. Ils tombent sur « Starbo », un vieux camp minier, puis pensent à Starbuck, le second du capitaine Achab dans Moby Dick.
Le nom colle parfaitement à l’esprit qu’ils veulent donner à leur marque : un café rapporté par bateau depuis des contrées lointaines. Restait à trouver une image pour l’accompagner.
Un des fondateurs feuillette alors un vieux livre sur les symboles maritimes nordiques. Il tombe sur une gravure du 15e siècle représentant une sirène à deux queues, une créature mythologique connue sous le nom de mélusine.

La sirène qui a dû se rhabiller
Le premier logo de 1971 ne fait pas dans la demi-mesure : la sirène est torse nu, nombril apparent, cheveux longs cachant à peine sa poitrine, avec ses deux queues écartées de chaque côté comme un trophée.
L’image, marron sur fond beige, ressemble davantage à une illustration ésotérique qu’au logo d’une chaîne de café destinée à devenir mondiale. Elle reste pourtant utilisée telle quelle pendant plus d’une décennie.
En 1987, quand Howard Schultz rachète l’entreprise et se lance dans l’expansion à travers les États-Unis, le logo pose un vrai problème : impossible de l’afficher sereinement dans une boutique familiale au coin de la rue.
La marque commande alors une refonte : la couleur passe au vert, devenue depuis la signature visuelle de Starbucks, et surtout la sirène est recadrée. Ses cheveux sont allongés pour masquer sa poitrine, son nombril disparaît du cadrage.

Le zoom qui a presque tout effacé
La dernière grande refonte a lieu en 2011, pour les 40 ans de la marque. Cette fois, le mot « Starbucks » et même « coffee » disparaissent complètement du logo.
Il ne reste plus que le cercle vert et la sirène, zoomée au point qu’on ne distingue quasiment plus ses deux queues d’origine. Un choix qui traduit la confiance de la marque : son image est reconnaissable sans même écrire son nom.
Peu de clients savent que cette sirène minimaliste cache toujours, sous cette forme épurée, la même créature nordique à moitié dénudée des origines. Il faut connaître l’histoire pour la revoir vraiment.
Le détail que presque personne ne remarque
Un autre secret se cache dans les gobelets Starbucks : les baristas écrivent souvent le prénom du client avec une faute volontaire ou une écriture illisible.
Ce n’est pas de la négligence : la marque a compris que ce petit détail personnalisé, même raté, pousse énormément de clients à prendre leur gobelet en photo et à le partager sur les réseaux sociaux.
Un logo né d’une gravure de marins norvégiens, une sirène rhabillée trois fois en quarante ans, et un prénom mal orthographié qui fait de la pub gratuite : la prochaine fois que tu commandes ton café, regarde deux fois ce vert familier.
Raconte ça à un pote au comptoir, il ne regardera plus jamais son gobelet de la même façon.